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Objectif emploi : la recette universitaire

Sophie Blitman
Publié le
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Pôle Emploi de Moulins
Pôle Emploi de Moulins // ©  REA - Richard DAMORET

Faire rencontrer des professionnels, s'appuyer sur le réseau des anciens, accompagner les jeunes dans leur projet… Des enseignants-chercheurs racontent comment ils s'y prennent pour mener leurs étudiants à l'emploi.

Multiplier les contacts avec l'entreprise


Denis Bernardeau Moreau, maître de conférences HDR en sociologie, université Paris-Est Marne-la-Vallée:

"Je m'occupe d'un master management des organisations sportives à l'Upem. Le master doit être un sas de préprofessionnalisation, marquant la transition entre le monde scolaire qui s'achève et le monde professionnel, imminent. Pour favoriser l'insertion professionnelle des étudiants, je développe avec toute l'équipe pédagogique plusieurs stratégies.

Le recrutement des étudiants se fait par des entretiens face à des jurys composés d'universitaires et de professionnels, le but étant d'évaluer la cohérence du projet des étudiants et d'orienter ces derniers vers les formations les plus adaptées. Une fois la rentrée passée, les anciens et des professionnels sont ponctuellement invités à intervenir en cours ou lors des journées banalisées afin d'aider les étudiants à parfaire leurs projets professionnels.

Par ailleurs, des conférences-débats sont programmées régulièrement, invitant les étudiants à questionner des professionnels de secteurs représentatifs sur leur trajectoire et les compétences à mobiliser. Leurs conseils sont bienvenus pour trouver des stages et des apprentissages. En outre, un comité de pilotage composé d'universitaires, de professionnels et d'étudiants réfléchit sur les orientations de la formation.

Un annuaire des anciens est également imprimé chaque année et remis à chaque étudiant afin qu'il puisse mobiliser le réseau en interne. Cela débouche souvent sur des offres de stage, voire d'emploi. De plus, chaque année, les étudiants de master 2 contactent tous les sortants de l'année précédente pour réaliser une étude statistique de leur insertion. Avec en moyenne 95% de retours, nous obtenons des chiffres précis sur l'emploi des sortants et faisons ainsi des étudiants les véritables acteurs de leur formation."

Former des diplômés capables de s'adapter


Jean-Pierre Frangi, professeur, directeur de l'IUP génie de l'environnement, université Paris-Diderot - Institut de physique du globe de Paris :

 
"La performance des entreprises ne dépend plus seulement aujourd’hui de leur compétitivité mais aussi de leur capacité à prendre en compte les contraintes environnementales, à anticiper leur impact, et à s’y adapter. Cela entraîne une demande pour le présent et l’avenir, et l’émergence de nouveaux métiers liés à la mise en place de la Stratégie nationale du développement durable, à l’économie d’énergie et à la recherche d’énergies de substitution. La moitié des ingénieurs devrait partir à la retraite d’ici à une dizaine d'années et les grandes sociétés et les collectivités ont des perspectives de recrutement élevées, avec une très forte demande de scientifiques ayant des compétences dans le domaine de l’environnement industriel – domaine qui offre une large palette de métiers.

Nous devons dispenser une formation fondamentale et générale, fondée sur des connaissances théoriques qui donnent au diplômé de master une très large capacité d'évolution au cours de sa vie active et une grande ouverture sur le monde. Mais celle-ci doit aller de pair avec une formation technologique assurant la maîtrise des pratiques liées à l'activité d'une branche professionnelle. C'est cette alliance qui permet aux étudiants de trouver et d'exercer des métiers attractifs à des postes pérennes."

Le master doit être un sas de préprofessionnalisation.

Proposer un accompagnement de plus en plus personnalisé

Erwan Quesseveur, maître de conférences en géographie-géomatique, responsable du master Sigat, université Rennes 2 :

"En première année de master, j'incite d'abord les étudiants à développer leur connaissance des secteurs dans lesquels ils pourront potentiellement travailler : en les accompagnant dans leur démarche de recherche de stage, qui doit être très ouverte et prospective, à travers la réalisation d'ateliers projets en lien direct avec des commanditaires extérieurs, ou encore en les incitant à exploiter les enquêtes d'insertion professionnelle de nos diplômés qui sont réalisées au niveau de l'université. 

En master 2, les stratégies développées se raffinent : on accompagne les étudiants pour identifier leurs atouts et leurs spécificités à valoriser en vue de leur insertion professionnelle. Ce suivi est possible à partir du moment où les effectifs sont à taille humaine."

Miser sur l'alternance

Jean-Luc Marcelin, maître de conférences en mécanique, université Grenoble 1 Joseph-Fourier, chargé de mission formation continue et alternance de l'UFR Phitem (physique, ingénierie, terre, environnement, mécanique) :

"À l'UFR Phitem (physique, ingénierie, terre, environnement, mécanique), nous faisons passer progressivement nos M2 pro à l'alternance et à l'apprentissage, car l'alternance est la voie royale pour l'emploi de nos étudiants, et renforce de manière importante nos relations avec les entreprises.

La meilleure manière, la plus efficace à mon avis, de faciliter l'insertion professionnelle des étudiants est de leur faire terminer leur cursus par une vraie année d'alternance en contrat de professionnalisation ou en apprentissage, ce qui est considéré par les entreprises comme une vraie année d'expérience professionnelle."

"Enseignants-chercheurs à l'université, que faites-vous pour l’insertion professionnelle de vos étudiants ?

Telle était la question adressée par EducPros aux enseignants-chercheurs au mois de novembre. Ces témoignages sont issus des réponses récoltées fin novembre 2014.

Sophie Blitman | Publié le

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