Concours sur prépa des écoles de management : une sélection à deux vitesses

Géraldine Dauvergne
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La répartition des préparationnaires dans les ESC représente un indicateur subtil de leur sélectivité et de leur attractivité aux yeux des élèves. L’affectation des lauréats se déroule, depuis sept ans, grâce au système SIGEM, un système de gestion centralisée des intégrations qui permet une répartition optimisée en fonction des préférences et des résultats de chaque candidat. Les enseignements de cette opération, résumée en deux tableaux figurant sur le site www.sigem.org , sont observés de très près par les écoles concernées, qui peuvent ainsi se situer par rapport à leurs concurrentes.

La répartition des préparationnaires dans les ESC représente un indicateur subtil de leur sélectivité et de leur attractivité aux yeux des élèves. L’affectation des lauréats se déroule, depuis sept ans, grâce au système SIGEM, un système de gestion centralisée des intégrations qui permet une répartition optimisée en fonction des préférences et des résultats de chaque candidat. Les enseignements de cette opération, résumée en deux tableaux figurant sur le site www.sigem.org , sont observés de très près par les écoles concernées, qui peuvent ainsi se situer par rapport à leurs concurrentes.

Trois groupes d’écoles selon leur politique de sélectivité

Cette session 2007 est marquée par la constitution de trois groupes d’écoles : celles qui peinent à attirer vers elles les candidats, celles qui limitent leurs ambitions en matière de sélection et enfin celles qui parviennent à maintenir une politique élitiste de recrutement. Avoir obtenu une accréditation internationale ne suffit plus à les mettre à l’abri d’un « décrochage ». Pour la seconde année consécutive, le nombre des inscrits aux concours des 38 (1) écoles du SIGEM a considérablement augmenté : ils étaient 8 126 cette année – dont 6 924 pour les seules ESC (2) –, au lieu de 7 789 en 2006. Finalement, 6 461 candidats ont été affectés dans une école de leur choix. Sur les 1 665 qui n’ont pas trouvé chaussure à leur pied, 465 étaient démissionnaires : ceux-ci ont décliné les propositions qui leur ont été faites pour redoubler leur prépa ou voguer vers d’autres horizons.

Les écoles en manque d’étudiants

Douze écoles n’ont pas réussi à pourvoir toutes les places qu’elles avaient ouvertes au concours : les ESC Amiens, Bretagne-Brest, Chambéry, Clermont, La Rochelle, Saint-Étienne, Troyes, l’École de management de Normandie, l’ICN Nancy, l’INSEEC, l’ISCID et Négosup. La plupart souffrent d’un déficit d’image auprès des étudiants, d’autres sélectionnent trop dans un vivier de candidats réduits. L’ICN, qui avait déjà connu un phénomène de désaffection l’année passée, décroche brutalement en 2007 en ne parvenant pas à remplir 93 des 225 places ouvertes. Les récentes accréditations EQUIS et AACSB de l’ICN et de l’ESC Clermont ne constituent pas, semble-t-il, un atout suffisant pour les rendre attrac tives. Trois écoles, qui ne remplissaient pas l’an dernier, y parviennent cette année : les ESC Dijon et Rennes, en allongeant leur liste d’admis de plus de 40 % (et en étant donc moins sélectives), et l’ISC, en réduisant de 40 le nombre de places.

Une sélection académique sévère... ou modérée

Seules six écoles déclarent admissibles à l’écrit moins de 40 % de leurs candidats : HEC (19 % des candidats), l’ESSEC (21,3 %), l’ESCP-EAP (29,3 %), l’EM Lyon (34,9 %), Audencia Nantes (38,6 %), l’EDHEC (39,5 %). HEC est la seule école à ne dresser aucune liste complémentaire, tablant sur son succès auprès de l’ensemble de ses admis. C’est pourquoi quel ques places demeurent vacantes. Parmi les 18 qui n’ont pas rejoint l’école de Jouy-en-Josas, onze ont opté pour l’ESSEC, aucun pour l’ESCP-EAP. À l’inverse, onze écoles déclarent admissibles plus de neuf candidats sur dix. Les ESC Amiens (90 % d’admissibles), Chambéry (94 %), La Rochelle (94,5 %), Montpellier (94 %), Pau (95,8 %), Saint-Étienne (92 %), Troyes (93,9 %), l’École de management de Normandie (91,5 %), l’INSEEC (94 %), l’ISC (95,5 %), l’ISCID (91,4 %) sont les moins exigeantes sur le niveau académique de leurs candidats.

(1) Les écoles membres ou utilisatrices du SIGEM sont, pour 34 d’entre elles, des écoles supérieures de commerce (ESC), auxquelles s’ajoutent l’ENASS, l’ENS Cachan, l’ENSAE et l’ESM Saint-Cyr.

(2) Les ESC proposaient en tout 23 places de plus qu’en 2006. Certaines ont légèrement augmenté leur promotion issue de prépa : Audencia (+ 15), ESC Grenoble, ESC Rouen, ESC Toulouse (+ 10), EM Lyon (+ 9), ESC Amiens, ESC Bordeaux, ESC Troyes, INT management (+ 5), ESC Tours-Poitiers (+ 4), INSEEC (+ 40). D’autres ont diminué le nombre de places : ESC Bretagne-Brest, IECS Strasbourg (– 5), ESC Dijon (– 10), ESC Chambéry, ESC La Rochelle, ICN Nancy (– 15), ISC (– 40).


Géraldine Dauvergne | Publié le