Conventions université-école privée : des avantages d’une convention

Un dossier réalisé par Fabienne Guimont
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Entre universités et écoles privées, les conventions se multiplient pour la délivrance de diplômes nationaux. Le ministère les encourage avec en arrière-plan la « normalisation » des relations entre enseignements public et privé. Comment se concluent ces conventions pour la délivrance des licences et masters hors des murs des universités ? Quels sont les avantages pour chacune des parties ? Et quelles sont les dérives possibles ? Excursion dans les coulisses de ces partenariats encore peu médiatisés avec les exemples de Wesford, l’ESAM ou Negocia.

« Les universités tâtonnent et les écoles viennent les chercher. Ça donne de l’air aux universités, comme avec les DU qui leur fournissent des ressources supplémentaires. L’alternance et les intervenants professionnels supplémentaires peuvent en revanche être une base intéressante pour conclure ces accords », estime Yves Le Duc (1). Une analyse que partage George Asseraf, président de la Commission nationale de la certification professionnnelle (CNCP) : « C’est avec cette motivation que l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand et l’IEQT ont conclu leur accord : pour l’université, c’est la garantie d’une certification professionnelle reconnue dans la profession, et pour les étudiants, des poursuites d’études possibles avec un diplôme national. » Le réseau des professionnels du management de la qualité IEQT dispensent notamment une licence professionnelle animateur qualité et un diplôme universitaire de management des risques et des crises.

Un contrôle pédagogique… pas toujours contrôlé

Des arguments que des dérives dans certaines conventions peuvent venir annuler. Conditions éthiques, pédagogiques, nécessité de garder le monopole des masters, concurrence du développement des universités privées sont des arguments mis en avant par certains enseignants. Des enseignants de l’université d’Artois ont notamment assigné devant les tribunaux le président de leur établissement pour une convention signée avec l’Institut catholique de Lille. Des litiges qui restent pour l’heure rarissimes.


« Si certaines écoles et universités s’y retrouvent dans ces conventions, dans d’autres, des écoles essaient de blanchir leurs titres »

« Si certaines écoles et universités s’y retrouvent dans ces conventions, dans d’autres, des écoles essaient de blanchir leurs titres. Il y a une nécessité de muscler les conditions de contrôle et de validation des diplômes pour garantir la qualité des formations délivrées. Pour les formations de gestion, la CEFDG [Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion] pourrait garantir ce contrôle », avance François Gueuze, maître de conférences à Lille 1 et président de Référence RH, l’association des responsables de formation en ressources humaines. Un nouveau combat pour celui qui s’était battu contre l’appellation galvaudée de master contre une école de commerce lilloise ? Pas vraiment, car pour lui « le développement du e-learning devrait limiter la multiplication de ces conventions ».


Dossier réalisé par Fabienne Guimont
Novembre 2011

(1) Il est notamment l’auteur de Diplômes et formations, guide juridique et pratique (éditions du Puits fleuri, 2011) et de deux blogs .


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