Conventions université-école privée : l’exemple de Wesford

Un dossier réalisé par Fabienne Guimont
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Entre universités et écoles privées, les conventions se multiplient pour la délivrance de diplômes nationaux. Le ministère les encourage avec en arrière-plan la « normalisation » des relations entre enseignements public et privé. Comment se concluent ces conventions pour la délivrance des licences et masters hors des murs des universités ? Quels sont les avantages pour chacune des parties ? Et quelles sont les dérives possibles ? Excursion dans les coulisses de ces partenariats encore peu médiatisés avec les exemples de Wesford, l’ESAM ou Negocia.



Qu’est-ce qui incite les universités à s’engager dans ces partenariats ? Pour Jean-Alain Héraud, doyen de la faculté de sciences économiques de l’Université de Strasbourg, la convention signée avec Wesford est une première, même si le service de formation continue a déjà contracté des partenariats similaires avec Negocia. « Wesford est venue il y a un ou deux ans pour passer un accord. J’ai trouvé cela bizarre la première fois, mais l’incitation de la nouvelle loi sur la formation professionnelle de 2009 et l’appui du service de formation continue m’ont convaincu d’y aller », témoigne le doyen.

Pour cette première promotion, une vingtaine d’étudiants de plus seront inscrits cette année à ce master, qui existe déjà en formation initiale à la faculté de Strasbourg : ils suivront leurs cours à Wesford en Rhône-Alpes en alternance. « On vend une prestation d’ingénierie et de contrôle pédagogique. On s’est mis d’accord sur le cursus, certains de nos enseignants iront donner des conférences. On a validé l’équipe pédagogique d’enseignants de Wesford. La clé du système c’est que le jury d’examen sera présidé par l’un de nos enseignants pour l’attribution du diplôme », rassure Jean-Alain Héraud.


« On vend une prestation d’ingénierie et de contrôle pédagogique »

Des garanties sur lesquelles Marc Poncin, responsable de la formation continue, compte pour éviter toute dérive : « Wesford engage également sa réputation. S’il y a le moindre non-respect de la convention, on la dénoncera. » Pour le doyen, ce type de convention, expérimentale, n’est pas appelé à se développer de façon massive, même s’il admet que d’autres sont en cours avec certains organismes. En ce qui concerne le domaine particulier de la gestion de la qualité, ce partenariat est aussi pour la faculté un moyen de trouver des compétences expertes manquant à la faculté et à l’EM Strasbourg.

Royalties et développement de l’alternance


Ce partenariat est également financier : une partie des droits de scolarité versés par les étudiants à Wesford sera reversée à l’université et les enseignants envoyés de Strasbourg seront payés par Wesford si les cours sont délivrés en dehors de leurs heures de service. L’école affiche déjà l’avantage qu’elle retire de ces conventions. Sur son site, on peut lire au dessous du détail de ces partenariats : « Le must, un diplôme d’État ».

Du côté des universités, les avantages escomptés ne sont pas seulement financiers. À la faculté de sciences économiques de Strasbourg, l’ouverture d’un premier diplôme en alternance a été une des motivations majeures pour conclure ce partenariat avec une école privée. L’école apporte des contacts avec les entreprises, un encadrement administratif, des locaux et une logistique rodée pour dispenser ce type de formation aux horaires groupés. Signée pour deux ans, la convention doit passer en conseil de faculté : « Comme c’est une extension d’un diplôme existant, la convention ne passe pas ni CA ni en CEVU », précise le doyen.

Dossier réalisé par Fabienne Guimont
Novembre 2011


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