ESAM- université de Lille 2 : fin d’une convention

Un dossier réalisé par Fabienne Guimont
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Arrêtée à la fin de l’année universitaire dernière, la convention entre l’ESAM (groupe IGS) et l’université Lille 2 débouchait sur la délivrance d’une licence AES et d’un master juriste d’entreprise. Défenseurs et détracteurs de la convention se sont affrontés avant de la dénoncer après dix ans de fonctionnement.

En 2009, quelque 400 étudiants suivaient encore la licence AES via l’ESAM. Lors du conseil de faculté de droit de février 2009 , le porteur de la convention la défendait ainsi : « Une question est à débattre : la qualité et l’intérêt à signer une telle convention. L’intérêt financier qui nous a permis d’engranger 428.000 €. Cette année, 200.000 €, qui permettent de financer le troisième TD de la première année, l’aide à la réussite, une bonne partie des heures complémentaires. De manière globale, le partenariat permet de faire rayonner nos diplômes. Les entreprises lyonnaises ou parisiennes connaissent nos diplômes, notamment dans le cadre du master juriste d’entreprise. » L’enseignant mettait également en avant les dix places financées en partie par l’ESAM pour envoyer à l’étranger des étudiants de Lille 2, mais regrettait que les enseignants-chercheurs ne soient pas impliqués à hauteur de 25%, comme le stipulait la convention.

Pour les détracteurs de cette convention, en revanche, l’université vendait son âme : « On vend nos maquettes, notre image, notre logo, que ce groupe revend 7.000 € à des étudiants, sur lesquels on nous reverse royalement 400 €. Nous avons vraiment le sens des affaires, eux aussi », ironisait un des enseignants au même conseil de faculté.

Pour d’autres enseignants, qui dispensaient des cours au sein de l’ESAM, la principale dérive de cette convention tenait au recrutement des étudiants. « Il y avait le meilleur et le pire parmi les étudiants, et certains enseignants sont revenus en courant en parlant de “poulailler”. On me disait que les examens étaient parfaitement surveillés, mais il y avait de la triche comme jamais je n’en ai vue », témoigne François Fenaux, qui a donné pendant deux ans des cours à Paris à une cinquantaine d’étudiants de L2 AES. Même son de cloche de la part de Saïd Rohaine, qui a enseigné également dans cette licence/bachelor : « On percevait que la qualité des étudiants était différente de celle des étudiants universitaires : ils étaient plus sur le terrain, en contact avec l’entreprise, mais n’avaient pas les qualités intellectuelles, de formulation à l’écrit, de critique requises. Les cours théoriques ne leur plaisaient pas. C’est une bonne chose d’avoir arrêté la convention car on savait que ce n’était pas possible de diplômer ces étudiants avec la même exigence. »

Dossier réalisé par Fabienne Guimont
Novembre 2011


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