Qu’est-ce qu’une progression ?


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Les ingrédients de votre progression

À partir de la lecture attentive des programmes (instructions officielles et documents d’accompagnement), la progression, c’est votre projet prévisionnel d’activités qui, souvent dans un tableau synoptique, comprend :

– les compétences attendues en fin de formation, puisées dans le programme ou le référentiel de formation ; ce ne sont donc pas seulement des contenus de savoirs ;

– les évaluations ;

– les méthodes pédagogiques pour développer les compétences visées ;

– les modalités de la différenciation des parcours des élèves et de la gestion du temps.

La progression organise votre travail de formateur. Sans programmation, le danger est grand de ne pas avoir le temps de « finir le programme » ; mais elle n’est qu’indicative. Une progression trop « serrée », par exemple calculée sur trente-cinq semaines ouvrables, sans prise en compte des temps nécessaires de bilans de savoirs, d’impondérables de toutes sortes indépendants de votre volonté (visites médicales, temps d’orientation, sorties scolaires, projets émergents et autres événements forcément imprévisibles), vous pousse dès le départ à un contrat non tenu.

           

La recette de cuisine en six étapes

L’équipe Éco-gestion de La Martinique propose une solution aux enseignants, complètement transposable à toute discipline. « Les définitions en sont aussi nombreuses que les pratiques… mais notre équipe s’accorde sur les points suivants » :

Les ingrédients obligatoires :

– référentiel (une grande partie d’entre eux est disponible en ligne sur le site du CNDP et reprise et développée sur nombre de sites académiques ;

– guide d’accompagnement et autres documents officiels s’ils existent (mêmes remarques) ;

– textes officiels de la répartition des horaires, quand ils existent ;

– calendrier de l’année en cours (vacances, voyages, périodes de formation en entreprise quand c’est le cas) ;

– ouvrage de la classe ;

– emploi du temps de l’enseignant ;

– papier, crayon, gomme.

Les ingrédients recommandés :

– plusieurs ouvrages, à titre de comparaison ;

– référentiels de la discipline en amont (classe précédente) et en aval (il vous précise ce qui doit être acquis en fin d’année) ;

– emploi du temps de la classe ;

– micro-ordinateur, tableur, accès Internet et navigateur, c’est beaucoup mieux pour produire un travail collectif, communicable et susceptible d’ajustement ;

– doses de courage et de patience.

Étape 1. Préliminaires :

– survoler en premier lieu l’ensemble du programme ou du référentiel ;

– diviser le programme en grandes masses : le recours aux ouvrages peut ici être utile (nombre de chapitres, de pages consacrées à chaque partie…) ; le travail peut d’abord se faire par trimestre ;

– connaître le référentiel de l’année précédente vous permettra de vous appuyer sur les prérequis de votre classe ;

– identifier le cycle ;

– si possible, travailler selon l’organisation prévue dans l’établissement : trimestre ou semestre selon le cas, en vous basant sur des périodes courtes, de vacances à vacances (soit six à huit semaines en général).

Étape 2. Découpage précis :

– dans la répartition effectuée, repérer les concepts fondamentaux, les notions essentielles. Il est alors essentiel de s’imprégner du référentiel, d’y repérer les champs notionnels, les compétences à acquérir, etc. ;

– puis reprendre le référentiel point par point ;

– s’appuyer au besoin sur les documents annexes types guides d’accompagnement, fiches méthodologiques pour approfondir ce travail ;

– repérer l’organisation de la classe (heures de cours TP ou TD, classe entière-groupes…) dans les textes officiels ;

– travailler en équipe ou avec des collègues plus expérimenté(e)s peut être particulièrement utile à ce stade.

Étape 3. Gestion du temps :

– placer sur le calendrier les vacances de votre zone et les périodes hors cours (type stage), ou les événements locaux et manifestations prévues qui peuvent jouer sur votre enseignement (journée portes ouvertes, Salon du lycéen, examens blancs…) ;

– laisser une marge de manœuvre suffisante pour tenir compte d’aléas possibles (en général, une à deux séances par trimestre) ;

– comparer la durée prévue (ou recommandée) dans le référentiel avec la durée réelle en totalisant les heures d’intervention possibles (et au besoin utiliser une règle de trois ou appliquer un coefficient de réduction à l’ensemble si l’écart est trop grand) ;

– procéder au découpage effectif du programme, d’abord en grandes périodes, puis en affinant la répartition interne des points abordés.

 

Étape 4. Construction de la progression :

– penser dès le départ aux évaluations : forme, durée, fréquence… pour les intégrer à ce stade dans votre calendrier ;

– vérifier que vous traitez l’ensemble du programme ;

– préparer ensuite aussi efficacement le contenu de chacune de vos interventions (détail par séquences, en fonction de la progression). Mais il n’est pas forcément possible de le faire dès le début de l’année pour l’ensemble des séquences : il ne faut pas oublier l’actualisation des données et d’éventuelles opportunités qui vous obligeront à vous adapter.

Étape 5. Adaptation en cours d’année :

– suivre autant que possible la progression prévue ;

– contrôler son déroulement au fur et à mesure de l’année pour rattraper au plus vite d’éventuels retards ;

– l’adapter si nécessaire, sans perdre de vue votre objectif principal : traiter l’ensemble du programme, pour la réussite des élèves et des étudiants. La progression est un guide de travail, flexible et évolutif, à adapter à la classe, à son rythme, au vôtre, pour mieux réussir ensemble.

Étape 6. L’année suivante :

Recommencer… en tenant compte de l’année passée et des nouvelles données : durée de certaines séances à revoir, modifications éventuelles des évaluations, difficultés des élèves sur certains points, mise à jour ou rénovation des programmes à prendre en compte…

Au travers de cette question de progression prévisionnelle, on perçoit bien que le métier a changé : on a dépassé progressivement la représentation fantasmatique de la maîtrise totale des contenus, du temps et de l’espace pour passer à une logique d’ajustement et de régulation a posteriori de l’exercice. On est presque dans une démarche expérimentale pragmatique : on fait une hypothèse de travail, on la soumet à l’épreuve de la réalité, on analyse les résultats, on en tire des leçons pour réguler la pratique.


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