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Design thinking : Idea tisse sa toile parmi les entreprises

Cécile Peltier
Publié le
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Le Learning Lab d'Idea School © Philippe Schuller
Le Learning Lab d'Idea School © Philippe Schuller

Ouvert à la rentrée 2012, le MSc en Innovation, Design, Entrepreneurship & Arts, monté par l’EM et Centrale Lyon, mise sur une pédagogie transversale héritée du design. Une formule qui séduit le monde économique.

Il y a un an, la formation Idea, née de l'alliance stratégique de l'EM et Centrale Lyon, effectuait sa première rentrée avec un objectif encore assez nouveau en France : former des managers de l'innovation grâce à une pédagogie expérimentale inspirée de la méthodologie du design. Nom de code : "design thinking".

Théorisé dans la Silicon Valley au milieu des années 2000, le design thinking, en vogue dans les écoles hexagonales, mise sur une approche académique transdisciplinaire mêlant sciences humaines et sociales, sciences et technologie. "En effet, le designer qui va travailler sur la désirabilité, la faisabilité mais aussi la fiabilité d'un produit ou d'un service est présent du début à la fin du projet, explique Renaud Gaultier, responsable du programme Idea, labellisé "formation innovante" (Idefi) dans le cadre des Investissements d'avenir. Il va aussi travailler avec toutes les composantes de l'entreprise."

Transformer ses idées en maquettes

Ainsi, au sein de ce MSc in Innovation, Design, Entrepreneurship & Arts, les étudiants issus d'un recrutement ultradiversifié – philo, écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, sciences..., la seule contrainte étant d'avoir au moins un bac+3 – vont d'abord être amenés à questionner les usages (des services ou des produits) à travers la sociologie et l'anthropologie avant d'explorer de nouvelles idées qui déboucheront sur de nouveaux problèmes à résoudre, détaille l'enseignant. "On finit ainsi par formaliser une solution que l'on peut mettre en série."

À la disposition des étudiants : le FabLab, le laboratoire de prototypage en environnement intelligent qui permet de transformer ses idées en maquettes grâce aux outils de dessin ou aux imprimantes 3D ; un "Learning lab" pensé pour favoriser l'innovation pédagogique ; et le "Living lab", qui permet de tester les nouveaux concepts auprès des acheteurs et utilisateurs. "Le concept, développé par l'étudiant en première année, débouche l'année suivante sur un projet entrepreneurial au sein d'une structure existante ou d'une création d'entreprise", poursuit l'enseignant.

La démarche d'Idea pique la curiosité des entreprises en quête de renouveau

Une démarche qui pique la curiosité des entreprises en quête de renouveau : "plutôt que de tout ­bouleverser d'en haut, elles procèdent par bottom-up, assure Renaud Gaultier. Le fait d'avoir des jeunes gens qui travaillent abordent les marchés de la globalisation différemment les intéresse fortement, que ce soit à la direction de l'innovation mais aussi du design, des RH."

La Générale des Eaux, Dassault System, Hutchinson, filiale de Total spécialiste du caoutchouc... ont déjà apporté leur soutien pécuniaire et humain au programme. Des moyens qui permettent entre autres de financer l'accueil d'artistes, de conférenciers "prestigieux", de développer des projets artistiques, d'organiser des expositions, etc. C'est le cas de Seb qui met 6.000 euros par an sur la table.
Le groupe d'électroménager, partenaire historique des deux écoles, a été séduit par la dimension pluridisciplinaire et innovante d'Idea qui cadre avec ses propres défis : "au-delà de l'innovation technologique, nous avons besoin de comprendre plus ­finement les attentes de nos clients, présents dans 150 pays. La préparation des aliments et l'entretien de la maison, qui constituent notre cœur de métier, comportent une forte dimension culturelle, explique Daniele Collari, directeur formation et relations écoles-Groupe. Nous recherchons des jeunes sensibilisés à ces dimensions."

Renouveler ses pratiques

Des étudiants avec lesquels l'entreprise entretient un contact privilégié via les interventions en cours (matinées thématiques en présence du DG innovation ou design) ou l'association à des projets de recherche du groupe.

Pour les entreprises, cette collaboration est aussi l'occasion de renouveler leur façon de travailler, qu'il s'agisse de R&D ou de RH, à travers des sessions de formation à la conduite de l'innovation par le design thinking et, bien entendu les labos mis à leur disposition : "avoir un Fablab à 200 mètres de son bureau et des étudiants qui peuvent interagir au sein d'un living lab, ça représente une vraie valeur ajoutée", conclut Daniele Collari. Son espoir, désormais, voir le concept décliné dans des ­campus étrangers.

Des "généralistes de l'innovation"
Daniele CollariUne fois leurs études finies, "les généralistes de l'innovation" formés par Idea pourront prétendre à un poste de "vrai chef de produit ou de consultant en innovation capable d'aider au développement d'un nouveau produit-service en entrepreneuriat ou de créer une spin-off", assure Renaud Gaultier.
Une diversité de débouchés à l'image de la diversité des étudiants... et des besoins des entreprises : "l'avantage de la formation est son recrutement très large, ajoute Daniele Collari, directeur formation et relations écoles-groupe chez SEB. Mais, chez nous, nous recherchons plutôt des profils design, écoles de commerce et d'ingénieurs, nous avons donc très peu d'opportunités pour des profils atypiques."


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