Après une fusion d’établissements, quelle place pour le développement durable ?

Ioana Doklean
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Euromed
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Dans l’enseignement supérieur français, la tendance est au rapprochement d’établissements, voire aux fusions. Quelle place est alors accordée au développement durable au sein de ces nouvelles entités ?

La fusion de Reims Management School et de Rouen Business School est imminente. La création de France Business School (FBS), réunissant le groupe Sup de co Amiens, l'ESC Bretagne-Brest, l'ESC Clermont et l'ESCEM, date du 1er janvier dernier. En 2011, quatre établissements lorrains se sont regroupés pour devenir «l’université de Lorraine»… L’enseignement supérieur français connaît donc actuellement une dynamique de rapprochements. Quid du développement durable (DD) dans les stratégies de ces nouveaux établissements ?

«On repart à zéro», témoigne Nelly Donneaud, directrice développement durable de la nouvelle université Aix-Marseille, qui résulte de la fusion des universités Paul-Cézanne, de Provence et de la Méditerranée, depuis le 1er janvier 2012. Les trois universités étaient «très différentes», précise-t-elle, le volume et le champ des actions ont donc été «multipliés par trois». L’heure est pour l’instant à l’état des lieux, avant de mettre en place les premières actions environnementales et sociales. Le plan de déplacement, qui avait été entamé par l’université de Provence, devrait être ainsi bientôt prêt. La collecte sélective des papiers, déjà au point à l’université de la Méditerranée, devrait être l’une des premières mesures DD d’Aix-Marseille Université.

Une harmonisation des bonnes pratiques


Même stratégie adoptée par Kedge, fruit de la fusion Euromed-BEM Bordeaux Management School, effective en juillet 2013. «Il y aura des synergies entre nos deux stratégies de développement durable : nous sommes en train de comparer les points forts de chaque école», précise Guillaume Barbat, chargé de mission RSE (responsabilité sociale des entreprises) à BEM. «Les deux campus sont trop avancés sur la question pour ne pas capitaliser dessus», poursuit-il.

La politique DD de Kedge, finalisée car les équipes marseillaise et bordelaise sont mobilisées sur ce sujet depuis un an, ne sera pas «le résultat d’une addition mais plutôt d’une harmonisation» des bonnes pratiques. Kedge va donc miser sur «la véritable expertise commune» des deux établissements dans le domaine de la recherche en RSE. Et s'inspirer des atouts propres à chacune des écoles de commerce : maturité des dispositifs d'égalité des chances et sensibilisation au DD de BEM, actions pour le bien-être étudiant d'Euromed.

Davantage de moyens financiers ?


La fusion est aussi l'occasion de lancer de nouveaux chantiers, sur la parité par exemple. Le DD fait partie des enjeux stratégiques de Kedge, assure Guillaume Barbat. C’est pourquoi il y aura «davantage de moyens humains et financiers». À Aix-Marseille Université, «nous n’avons pas forcément plus de moyens financiers, mais la visibilité que l’on a gagnée nous avantage pour les actions à mettre en œuvre», expose Nelly Donneaud. Un avis partagé par Valérie Prévost, responsable développement durable du nouvel établissement FBS, pour qui établir une politique DD après une fusion «n’est pas une histoire de moyens financiers mais de crédibilité».



Ioana Doklean | Publié le