Développement durable : la dynamique nantaise

Morgane Taquet
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L’École des mines de Nantes // ©EMN
L’École des mines de Nantes // ©EMN
Connue pour son engagement en faveur de l'écologie, la région des Pays de la Loire, et particulièrement l'agglomération nantaise, fait figure de pionnière. Comment les grandes écoles et universités évoluent-elles dans cette dynamique nantaise ?

Quand il s'agit d'écologie, la région nantaise est régulièrement citée en exemple. En effet, le tissu structuré de PME proches du développement social et solidaire dans la région ligérienne a favorisé la prise de conscience environnementale. Nantes ayant été désignée capitale verte 2013 par l'UE, les établissements nantais rayonnent-ils aussi par leur engagement DD ?


À première vue, les résultats de notre enquête sont plutôt bons voire exemplaires pour ce qui concerne Audencia, les Mines et Centrale. Fer de lance, l'École des mines collabore par exemple avec Centrale et l'ESAIP d'Angers pour l'organisation des Trophées régionaux du développement durable, qui récompensent trois entreprises et trois organisations en pointe. Sur le volet formation, Audencia, Centrale, les Mines et l'ESA d'Angers proposent en formation continue le Cycle des hautes études en développement durable. Autre projet d'envergure: l'École des mines participe à l'organisation de soixante-dix débats citoyens sur la transition énergétique dans la région ligérienne. Une initiative qui «complète les travaux de la région dans le cadre des États généraux de l'énergie», assure Bernard Le Moult, responsable DD des Mines de Nantes.

DES RELATIONS BILATÉRALES


Si les initiatives sont nombreuses, les relations entre les établissements sur les questions de développement durable restent bilatérales. «Mais une politique unifiée est-elle possible, voire souhaitable ?» s'interroge Bernard Le Moult. «L’adoption de ces politiques tient à la volonté des dirigeants, mais également aux caractéristiques de nos établissements. Il est donc normal que nous n'avancions donc pas tous au même rythme», évoque-il.


D'ailleurs, «nos approches sont complémentaires», note Emmanuel Rozières, référent DD de l'École centrale. Si les Mines et Centrale privilégient l’aspect environnemental, Audencia s’inscrit plutôt dans une vision stratégique et managériale de la RSE. «Le concept DD n'est pas vu par tous les établissements de la même façon. Chaque établissement a sa propre stratégie. Et il me semble que les approches tendent désormais à converger...» se félicite-t-il.

NANTES: UN CADRE PRIVILÉGIÉ POUR LE DD


Un avis que ne partage pas Antoine Charlot, délégué régional du Comité 21, dont la seule déclinaison se trouve à Nantes. Si une quinzaine d’écoles et universités sont d’ores et déjà «engagées dans une démarche DD du type Plan vert, explique-t-il, tout cela manque de cohérence». «Dans le paysage ultra-concurrentiel de l’enseignement supérieur actuel c’est compréhensible, mais cela va à l’encontre de la démarche DD», regrette Antoine Charlot.


Pour structurer les initiatives existantes, le Comité 21 projette de fédérer un réseau des référents, en y associant notamment Jacques Auxiette, président de la région Pays de la Loire. Dans un contexte de décentralisation des compétences notamment pour l'enseignement supérieur et la recherche, la région offre en tout cas «un cadre propice au développement d'une politique DD pour nos établissements», conclut Emmanuel Rozières.


Morgane Taquet | Publié le