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Développement durable: où en sont les labels ?

Morgane Taquet
Publié le
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Andencia Nantes - DR
Andencia Nantes - DR

Fruit d’une réflexion conjointe entre la CPU et la CGE, le label évaluant l'engagement DD des grandes écoles et des universités tarde à voir le jour. La démarche a pourtant été lancée il y a plus de trois ans lors du premier Grenelle de l’environnement. Explications.

«Ce n’est pas en tirant sur les feuilles qu'on fait pousser l'arbre», répond en souriant Youssoufi Touré quand on l’interroge sur le retard pris dans la création d’un label DD (développement durable) pour les écoles et les universités. Si le président de la commission DD de la CPU (Conférence des présidents d’université) préfère, lui, évoquer une «prise de conscience nécessitant du temps», le label se fait pourtant attendre. L’article 55 du Grenelle I d'août 2009 incitait pourtant clairement les établissements d’enseignement supérieur à «solliciter une labellisation sur le fondement de critères de développement durable».

Dans la foulée, la CPU et la CGE (Conférence des grandes écoles) avaient décidé de travailler conjointement via un groupe de travail commun pour réfléchir à ce label. Depuis, plusieurs facteurs ont ralenti les travaux du comité : les départs de Françoise Moulin Civil et de Sylvie Faucheux (ancienne présidente de la commission DD et de l'UVSQ devenues respectivement rectrices de Lyon et Dijon), et surtout le renouvellement du bureau de la CPU fin 2012. Selon Christian Brodhag, membre du groupe de travail CPU/CGE et délégué DD à l’École des mines de Saint-Étienne, la machine semble pourtant repartie.

UN LABEL PROGRESSIF


«L’idée est de faire valoir une approche française du label», annonce l’ancien délégué interministériel au développement durable. Pas question d’entrer dans une démarche compétitive et de ne récompenser que les leaders, poursuit Christian Brodhag. Ainsi, le label sera «progressif» et délivré aux établissements sur une échelle de 1 à 4. Et devra mesurer l’impact et pas uniquement le résultat. «Par exemple, une université installée dans des locaux historiques aura plus de mal en termes de performance énergétique qu’un établissement dans des locaux neufs, explique-t-il. C’est l’effort qui doit être récompensé.» S’agissant des audits, le principe d’audition par les pairs semble acté, refusant ainsi l’évaluation par des tiers. Selon Youssoufi Touré, le label pourrait être expérimenté à la rentrée 2013.

LE TOEFL DU DD


En parallèle, Kedge et les Mines de Nantes vont déployer cette année une version béta d’un TOEFL du développement durable. Objectif : vérifier par un QCM les connaissances minimales du futur diplômé sur les enjeux environnementaux et sociétaux. «L’idée est que plus aucun diplômé de l’enseignement supérieur, quelle que soit sa formation, ne puisse se réfugier derrière un “je ne savais pas”», mentionne Jean-Christophe Carteron, directeur RSE d’Euromed Management. Une démarche conduite par quelques établissements mais qui a vocation à rallier le plus grand nombre, affirme ce dernier.

Audencia labellisée Lucie

C'est une première dans l'enseignement supérieur. Audencia est le premier établissement français à obtenir le label Lucie, qui récompense l'engagement des entreprises et organismes publics en termes de RSE. Pour obtenir ce label lancé en 2008 par une fédération d'associations de consommateurs, Audencia a répondu à sept engagements «qui correspondent aux questions centrales de la norme ISO 26000» avant d'être évaluée par l'Afnor ou l'agence de notation Vigeo.

L'école nantaise s’est engagée sur cinq indicateurs dans les dix-huit mois à venir : «les règles de mandat de la présidence du groupe, l’ajout du critère RSE dans le choix de ses fournisseurs, une meilleure identification des risques psycho-sociaux, la création d’une cartographie des postes exposés à la corruption et la mise en place d’indicateurs précis de baisse de consommation d’énergie». Aucun autre établissement n'est pour l'instant engagé dans le processus.


Télécom Bretagne reçoit le label QUESTE-SI

Télécom Bretagne fait partie des 11 établissements européens qui ont testé le lelabel QUESTE-SI (Quality System of European Scientific and Technical Education  Sustainable Industry) et est la première école d'ingénieurs française à l'avoir obtenu. Quatre dimensions ont été évaluées : la stratégie, les programmes de formation, la recherche et l'engagement des étudiants.

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Morgane Taquet | Publié le

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