«Global Compact for Higher Education Institutions» : un programme pour des universités plus durables sous l’égide de l’ONU


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Inciter les établissements d’enseignement supérieur à respecter les dix principes du «Global Compact» en faveur des droits de l’homme et du développement durable définis par les Nations unies (1). C’est tout l’objet du «Global Compact for Higher Education Institutions», projet mis en place sous l’égide de l’ONU en 2010 et piloté par Mitch Leventhal, vice-président aux affaires internationales de SUNY, l’université de l’État de New York. «Lorsque je me suis penché sur la nécessité pour les universités de fonctionner de manière plus “durable”, rapporte Mitch Leventhal, j’en suis vite venu à la conclusion que les établissements d’enseignement supérieur souhaitant adopter les principes de l’ONU avaient besoin d’être accompagnés. Ils ont en effet été élaborés à l’origine pour les entreprises, des entités différentes de nos universités !»

Six établissements (2), dont Euromed pour la France, animent ce groupe de réflexion dont les travaux seront présentés lors de la Conférence des Nations unies pour le développement durable («Rio +20»), qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012. L’objectif n’est pas de définir de nouvelles lignes directrices, différentes de celles déjà adoptées par l’ONU, mais bien d’expliciter la façon dont elles se traduisent dans un contexte universitaire. À noter que la notion de développement durable est ici prise au sens large, allant de la responsabilité sociale des universités à la modération des dépenses énergétiques en passant par la lutte contre la corruption.

À titre d’exemple, le premier des principes du «Global Compact» stipule que toute entreprise doit s’appliquer à défendre le respect des droits de l’homme en son sein. Ramené aux universités, cela signifie notamment que ces dernières doivent garantir une égalité de traitement entre hommes et femmes, une équité en matière de droits d’inscription ou encore la défense de la liberté d’expression de chacun. S’agissant de la protection de l’environnement qui fait l’objet de trois des dix principes du «Global Compact», là aussi, les universités ont un rôle à jouer. Les étudiants et personnels académiques doivent ainsi être prévenus des risques pour l’environnement, mais aussi pour eux-mêmes, de certains produits qu’ils seraient amenés à manipuler. Les universités sont également appelées à promouvoir l’utilisation de technologies propres et à inscrire cette utilisation dans leur propre fonctionnement.

«L’adhésion à ces principes peut à terme avoir un impact très positif en termes de recrutement des meilleurs étudiants. Ces derniers prennent en effet de plus en plus en compte cette dimension de développement durable au moment de faire leur choix», avance Mitch Leventhal. Un argument de poids dans ce contexte ultraconcurrentiel de l’enseignement supérieur...

Caroline Franc

(1) Les dix principes du Global Compact .
(2) Les six établissements du groupe de travail sont : Universidad Politécnica de Madrid (Espagne), Bentley College (États-Unis), SUNY Geneseo (États-Unis), Euromed (France), Istanbul Bilgi University (Turquie), La Trobe University (Australie).




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