Camille Verron (université de Nantes) : “Un CM est toujours sur le fil, il faut sans cesse improviser”

Isabelle Dautresme
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Camille Verron, community manager de l'université de Nantes // DR
Camille Verron, community manager de l'université de Nantes // DR
L'université de Nantes est l'une des plus actives sur les réseaux sociaux. Entre respect de l'image institutionnelle et nécessaire réactivité, son community manager, Camille Verron, explique les spécificités de ce métier au sein d'une université.

“Renforcer encore un peu plus la présence de l’université de Nantes sur les réseaux sociaux” : tel est l’objectif que s’est assigné Camille Verron, 28 ans, en poste depuis fin octobre 2013.

Pour mener à bien sa mission, le tout nouveau CM dispose d'une formation en communication (il a en poche un master 2, rédacteur et concepteur de contenus multimédias), diverses expériences acquises notamment lors de stages ou d’activités extra-universitaires (pigiste, animateur radio, chargé de communication interne), ainsi qu’une bonne connaissance de l’université de Nantes, puisqu'il y a été étudiant.

Un point fort, dans la mesure où être CM dans l’enseignement supérieur n’est, explique-t-il, pas la même chose que dans une entreprise. “Pas question par exemple d’adopter un ton cool ou délibérément jeune, à l’instar de ce que fait Alloresto ou Oasis, au risque d’ostraciser une partie de nos cibles.” Faut-il en déduire que la communication virale universitaire rime nécessairement avec austérité ? Une affirmation que le jeune homme réfute : “Dans notre conversation on-line, nous nous autorisons des écarts de langage, quitte parfois à être décalés, mais sans jamais oublier que l’université est un lieu de savoir et, qu’en toute circonstance, il nous faut renvoyer une image respectable.

Dans notre conversation on-line, nous nous autorisons des écarts de langage, quitte parfois à être décalés, mais sans jamais oublier que l’université est un lieu de savoir

Adapter les messages aux cibles multiples

La tâche est d’autant plus complexe que les “cibles” sont multiples : lycéens, étudiants, réseaux des anciens, entreprises, politiques… “À chaque fois, il faut adapter les messages et les supports. Raison de plus pour ne pas se disperser”, explique le jeune CM qui a fait le choix de concentrer ses efforts sur Twitter et Facebook et refuse de se lancer dans une course effrénée au plus grand nombre de followers.

“Ce n’est pas parce que vous avez beaucoup d’abonnés que votre communication virale est une réussite. Tout dépend de la qualité de ces derniers, du contenu des posts et de leur impact”, rappelle ce passionné de communication qui admet étudier avec beaucoup d’attention les données fournies par Google Analytics, FB ou TweetReach, par exemple quand il veut s’assurer qu’un hashtag lancé pour un événement particulier a bien fonctionné.

CM à temps partiel

Intégré à l’équipe Web, Camille Verron consacre à peine un quart de son temps de travail aux réseaux sociaux. Ce qui ne l’empêche pas de rester en permanence à l’écoute de ce qui se dit sur la Toile : “Il faut toujours être en veille, afin de pouvoir réagir rapidement en cas de bad buzz”. Et d’insister : “Un CM doit être réactif !”

Humilité et réactivité

Les autres qualités nécessaires selon lui pour occuper cette fonction ? L’humilité : “On incarne l’université, il faut donc accepter de mettre son égo de côté.” La prudence arrive juste après. “Un CM, c’est comme un acteur qui improvise : il est toujours sur le fil, il doit écouter et observer ses partenaires pour leur donner la réplique et travailler sans filet !” conclut-il.

Communication : notre conférence EducPros
La prochaine conférence EducPros, organisée le 23 janvier 2014, a pour thème "Communication digitale : évaluez votre retour sur investissement". Découvrir le programme.

Isabelle Dautresme | Publié le