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Mines de Saint-Étienne : quand les élèves font cours eux-mêmes

Sophie Blitman
Publié le
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Cours de mécanique aux Mines de Saint-Étienne - DR
Cours de mécanique aux Mines de Saint-Étienne - DR

Pour impliquer davantage les élèves dans leurs apprentissages, l'École des mines de Saint-Étienne les amène à présenter eux-mêmes les différentes séances d'un cours de mécanique devant leurs camarades. Une pédagogie active qui mêle acquisition de connaissances scientifiques, travail collaboratif et développement de compétences en communication.

Si de nombreux établissements souhaitent rendre les élèves plus actifs, les Mines de Saint-Étienne ont poussé la logique jusqu'au bout : depuis la rentrée 2011, le cours de mécanique des milieux continus de première année, l'une des bases de la formation d'ingénieur, est présenté par les élèves eux-mêmes.

«L'objectif, explique Helmut Klöcker, enseignant-chercheur responsable du cours et à l'origine de cette initiative, est d'impliquer davantage les élèves tout en leur apprenant à travailler en équipe et à communiquer sur un contenu scientifique.»

Du briefing à la restitution

La promotion est divisée en quatre classes : chacune est encadrée par un modérateur membre de l’équipe pédagogique et elle-même scindée en groupes de quatre élèves qui vont présenter les séances à tour de rôle pendant le premier semestre.

Pour préparer leur intervention, les élèves sont d'abord «briefés» pendant une heure et demie par Helmut Klöcker et ont à leur disposition les transparents du cours qu'ils sont invités à personnaliser et enrichir. L'école leur laisse ensuite environ quinze jours pour travailler ensemble à la restitution qu'ils vont faire devant leur classe. «C'est à ce moment-là qu'ils s'aperçoivent de ce qu'ils ont vraiment compris ou non, estime Nicolas Moulin, l'un des modérateurs. Or, dans cette matière difficile, il est nécessaire de s'approprier les équations.»

L'exposé des élèves dure une heure et fait l'objet d'une évaluation sur plusieurs critères : le respect du contenu scientifique du cours et du temps imparti pour le restituer, ainsi que sur leur attitude au sein du groupe, puisqu'ils doivent s'organiser pour parler chacun à leur tour.

Au fil des séances, souligne Claire Maurice, une autre modératrice, «les élèves développent des compétences en communication : ils apprennent à capter l'attention des autres et à repérer les attitudes qui leur montrent que leur propos n'est pas clair».

Les enseignants constatent une implication plus forte de l'ensemble de la promotion et une hausse du niveau


À l'issue de la présentation des élèves, le modérateur revient sur les points essentiels du chapitre. S'ensuit une interrogation de dix minutes, motivée par une «raison pédagogique : il s'agit d'apprendre aux élèves à rentabiliser leur temps, en travaillant en cours plutôt que chez eux», explique Helmut Klöcker.

De fait, les enseignants constatent une implication plus forte de l'ensemble de la promotion : «les questions sont dix fois plus nombreuses que lorsque je faisais moi-même le cours, se réjouit Helmut Klöcker. Il y a moins de barrières psychologiques que face à un professeur et les élèves se disent : si ceux qui font l'exposé ont compris, je peux aussi comprendre.» Et il n'est pas rare que les questions et discussions se poursuivent à la sortie du cours. Résultat : les élèves prennent aussi davantage en main les TD et le niveau à l'examen final est supérieur à ce qu'il était auparavant.

Autant de bénéfices liés à un fort investissement en amont de l'équipe pédagogique pour préparer et mettre en place toute cette organisation. Au début de l'année, une séance d'une heure et demie est en outre prévue pour faire comprendre aux élèves le principe et le fonctionnement de ces cours un peu particuliers.


Sophie Blitman | Publié le

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Cyber Prof.

Euh, cela ne s'appellerait pas tout simplement faire un exposé ? Il y a quand même plus innovant ! Tant qu'on restera dans ce narcissisme primaire qui consiste à penser que l'enseignement est l'affaire d'un orateur dans une salle de classe face à un public (naturellement ébahi), on n'est pas prêt d'évoluer... Le multimédia pédagogique (à développer), les applications d'annotation (Zoom Note, iAnnotate), de lecture ciblée avec mind mapping (Margin Note) de cours en pdf (avec des commentaires oraux encapsulés), cela vous dit quelque chose ? On trouve déjà en ligne des cours classiques (que de l'écrit) plus ou moins bien rédigés sur la mmc, dont ceux du réseau école des Mines. Vous voulez apprendre la mécanique ? Allez sur internet ! Il ne reste plus qu'à fonder une plateforme nationale de soutien en ligne tenue par des profs compétents. Le primaire et le secondaire ont bien le Cned...