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Génération 2004 : une insertion toujours laborieuse

Céline Manceau
Publié le
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Les 65 000 jeunes sortis du système éducatif en 2004 marchent dans les pas de leurs aînés, interrogés eux aussi en 2001 (ils étaient 25 000) et en 1998 (55 000) par le CEREQ. Les premières conclusions de l’enquête « Génération 2004 » montrent de grandes similitudes dans les parcours avec les mêmes difficultés d’insertion pour les moins diplômés. Les analystes insistent sur la nécessité de renforcer les liens entre l’école et l’entreprise pour favoriser l’insertion.

Un taux de chômage de 14 %. Réalisée pour la troisième fois, l’enquête générationnelle du CEREQ permet d’avoir du recul sur la situation des diplômés sortis du système depuis 1998 « et de mieux appréhender la subtilité et la complexité de la transition entre l’école et l’emploi », souligne le directeur du Centre, Michel Quéré. Globalement, les générations se suivent et se ressemblent. Le niveau de formation des jeunes qui ont achevé leurs études en 2004 n’évolue guère (2). Et l’indéboulonnable chiffre de 17 % de non-diplômés fait, une fois de plus, bondir le président du conseil d’administration du CEREQ, Christian Forestier : « Un jeune sur cinq reste sans diplôme et leur taux de chômage atteint 32 %. Il faudrait absolument que cette population puisse au moins obtenir un CAP ou un BEP. » Pour les détenteurs de ces diplômes professionnels, le taux de chômage est de 17 %, il chute ensuite à 14 % pour les bacheliers généraux (3). Et s’il descend encore pour les cursus du supérieur, « ce ne sont pas les jeunes qui profitent de l’embellie économique», précise Michel Quéré.

Les apprentis séduisent, les doctorants peinent

Les détenteurs d’un CAP et d’un BEP sont moins épargnés par le chômage qu’en 1998 et 2001. « Le bac tendrait à devenir le premier niveau de formation », avance Michel Quéré. Sont plus particulièrement touchés : les diplômes tertiaires et ceux préparés par la voie scolaire. L’apprentissage confirme ainsi, enquête après enquête, son succès auprès des employeurs, tout comme les filières professionnalisées. « Que ce soit au niveau CAP ou BEP, au niveau bac ou bac+2, le taux de chômage des apprentis est deux fois moindre que celui de leurs homologues issus de la voix scolaire », précise Alberto Lopez, chef du département des entrées dans la vie active au CEREQ. À l’autre bout de la chaîne, les diplômés du supérieur qui connaissent les plus grandes difficultés d’insertion sont les détenteurs d’un doctorat. Là encore, le lien avec l’entreprise fait défaut.

L’expansion des réseaux professionnels

« Il appartient au système éducatif de préparer la transition vers la vie active », insiste Alberto Lopez. Le CEREQ, qui a approfondi la question sur les modalités d’accès au premier emploi, montre que les sondés citent d’abord les relations personnelles (34 %), bien devant la candidature spontanée (22 %), comme moyen d’être informé d’une embauche possible. « C’est aussi au cours de la formation initiale que se tissent les liens avec les employeurs », martèle Alberto Lopez. Des liens qui manquent aux jeunes immigrés dont les conditions d’insertion sur le marché du travail se sont dégradées entre 2001 et 2004, tout comme les disparités entre les hommes et les femmes. Si le salaire médian – 1 300 € – augmente, au niveau M2 par exemple, il accuse un écart de 15 % en défaveur des femmes. « Et quand tout se cumule, comme le fait d’être une femme, d’origine maghrébine et peu diplômée, les indicateurs deviennent détestables », conclut Christian Forestier. Ce dernier, avec la casquette cette fois de membre du Haut Conseil de l’éducation (HCE), rendra dans quelques semaines ses conclusions « sur l’orientation pour laquelle, précise-t-il, il faut tenir compte de bien d’autres critères que le parcours scolaire ».

Enquête à consulter sur le site du Centre d’études et de recherches sur les qualifications : www.cereq.fr.
(2) Leur niveau de formation est le suivant : 17 % sont sans diplôme, 17 % ont un CAP-BEP, 19 % un bac pro ou techno, 6 % un bac général, 18 % un bac+2, 7 % une L3, 5 % un M1, 6 % un M2, 3 % sont issus d’une école d’ingénieurs ou de commerce, 2 % possèdent un doctorat.
(3) Ce qui correspond à la moyenne tous diplômes confondus.


Céline Manceau | Publié le

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