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Grandes écoles, entre rêves et désillusions

Un dossier de Caroline Franc
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Cérémonie de remise de diplômes à Reims Management School
Cérémonie de remise de diplômes à Reims Management School

Ils ont travaillé dur pour y entrer, ont parfois sacrifié leurs économies pour s'y inscrire et pensaient avoir touché du doigt leur rêve lorsque les portes de l'une des fameuses «grandes écoles» se sont enfin ouvertes. Paroles de déçus des grandes écoles.

Damien Lempereur, diplômé en 2009 de l'ESCP Europe et aujourd'hui avocat au barreau de Paris, porte un regard assez sévère sur son cursus. S'il ne nie pas sa chance d'avoir eu accès à un établissement prestigieux, il ne cache pas sa déception quant à la prédominance d'une pensée unique, «sclérosant les enseignements» : «En cours, les avis différents sont acceptés, sauf s'ils remettent en cause l'idéologie fondatrice. C'est totalement contre-productif pour l'avenir. Ces écoles sont censées former des élites et ces élites sont formées à ne pas se remettre en cause», dénonce-t-il, évoquant des «mots tabous», dès lors qu'ils contestent le modèle économique dominant. Un état d'esprit radicalement différent de celui qu'il a trouvé lors des six mois qu'il a passé à l'université de Cornell aux États-Unis : «L'esprit critique y est non seulement encouragé, mais valorisé.»

«Formatage idéologique»

Un avis qui rejoint celui de Caroline (1), diplômée en 2010 de Sciences po Paris : «Bien sûr, la politique d'ouverture vis-à-vis des ZEP a permis à certains d'avoir accès à cette école. Mais cela reste anecdotique au regard de la grande majorité de personnes élevées depuis des générations dans le VIIe arrondissement parisien. Le résultat, c'est un consensus mou sur les théories économiques et politiques enseignées et une absence totale de remise en cause de ce qu'on nous apprend.» Sévère, Caroline refuse néanmoins de témoigner en son nom, «consciente de la chance malgré tout d'avoir le tampon “Sciences po”» sur son CV et redoutant aussi les foudres «de ceux qui m'accuseraient de cracher dans la soupe».

Cette frustration se retrouve également dans le témoignage de Luca Marti, passé quant à lui par Supélec, école d'ingénieurs reconnue. «Je suis un peu déçu du niveau de l'enseignement, mais je le suis surtout par les élèves qu'on y trouve et par le formatage idéologique qui, bien que sournois, est tout de même présent», explique-t-il. Un formatage qui résulte selon lui du «reniement par une partie des élèves de la formation technique qui est quand même le fondement d'une école d'ingénieurs». «Beaucoup d'élèves considèrent plus nobles les carrières dans le management ou le conseil...» déplore-t-il.

«Peut-être que le problème, c'est qu'on a trop rêvé de ces écoles», analyse quant à elle Emma*, qui vient tout juste de terminer son cursus à l'ENS Lyon en histoire-géographie. «On sort de prépa avec beaucoup de stimulation intellectuelle pour trouver... une coquille vide.» «L'offre des enseignements à l'ENS Lyon est très limitée, nous obtenons les trois quarts des crédits ECTS dans le cadre de cours suivis dans une autre université», regrette-t-elle. « Il y a un important centre de recherche, mais la fonction “école” de l'ENS n'a aucun intérêt, mis à part les cours de préparation à l'agreg’.» Et de déplorer «ce gâchis», au regard «du potentiel pourtant énorme d'une telle structure»...

(1) Certains prénoms ont été changés.

 

 

«Promotion UBU Roi», un essai à charge contre l'ENA

«Réflexion pédagogique inexistante, absence d'innovation et vide de la transmission». Le constat d'Olivier Saby sur la formation qu'il a reçue à l'ENA est sans appel et vient troubler l'immunité dont bénéficiait jusqu'alors l'école, critiquée de l'extérieur, certes, mais rarement par l'un de ses édiles.

Dans son essai aux éditions Flammarion intitulé Promotion UBU Roi, Olivier Saby dénonce la gabegie d'une école «déconnectée» de la société, peuplée d'élèves «obsédés par le classement de sortie», mais aussi et surtout «la pauvreté des enseignements», «qui visent surtout à formater des premiers de la classe» issus de générations «qui se reproduisent entre elles».

 


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Viviane M.

http://blogs.mediapart.fr/blog/viviane-m/270912/pour-la-refondation-de-lecole-30-le-cas-des-filieres-tres-selectives

Viviane Micaud.

Le lien que j'ai mis ici est un billet de mon bloc Mediapart intitulé le cas des filières très sélectives. Il démonte les éléments de langage de certains activistes de facs et plaide pour une solution pragmatisme socialement plus juste. Par ailleurs, dans toutes les populations, il y a au moins 5% de râleurs. Dans tous les établissements du secondaires, il y a des petits dysfonctionnements qu'il faut traiter.

Fac Story.

Sur le même thème, un conseil de lecture : "Classé X, petits secrets des classes prépa" de Theodore Limann, qui a intégré Polytechnique.

Sabria.

Une grande école, de commerce par exemple, a une onction de reproduction... C'est à l'université, le lieu du débat des idées depuis sa fondation, qu'on apprend la diversité des idées, la critique, la dialectique, etc... L'université est le lieu de la recherche, donc de la confrontation d'idées.

Sabria.

Une "fonction", bien sûr...

Viviane M.

Comme en médecine et en Fac de Droit!!! Bien sûr. D'ailleurs, il y a aujourd'hui un centre de recherche dans toutes les grandes écoles. Ce que vous écrivez est un élément de langage inexact. Dans toutes les populations, il y a au minimum 5% de râleurs. L'université, avec son effrayant taux d'abandon en Licence, n'est pas la formation la plus efficace de France. Toutes les formations sélectives (Droit, Medecine, Grandes Ecoles réputées) ont la même reproduction sociale. Dans les pays comme les états unis où les établissements prestigieux sont des universités, il y a un système de concours pratiquement identique aux grandes écoles pour y entrer. Je pense que l'université est un système de reproduction de l'élite Bobo. Car qui a les moyens de glandouiller jusqu'à un Master de nos jours en s'autofinançant ?