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Faire émerger ses propres valeurs


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Parvenir à ce que je veux

Nous retrouvons ici Choé, jeune professeur qui a décidé d’écrire son journal pendant cent jours sur le site mon.journalintime.com en mars 2003. Cent jours au cours desquels il va nous faire partager sa vie et ses sentiments. Choé écrit quotidiennement. Son style est fluide et très agréable à lire. Il laisse planer le suspense d’un jour sur l’autre et nous invite implicitement à revenir le lendemain.

Un prof chercheur d’or. « J’ai l’impression d’être un chercheur d’or à l’époque de la fièvre avec ma pioche et mon monocle. Je creuse dans une mine à la recherche d’un filon. Des fois, il faut détruire des idées toutes faites et bien dures (la pire ? “la lecture c’est nul”, mais c’est celle que j’ai le plus de plaisir à casser) pour parvenir à ce que je veux. »

« Ce qui vaut de l’or, c’est l’éclair de plaisir que je vois furtivement passer dans leurs yeux quand un de mes cours arrive à les emmener loin de leurs préoccupations quotidiennes. J’ai gagné ma journée bien plus sûrement qu’à travers mon bulletin de salaire encore bien maigre ! C’est mon bénéfice à moi, immédiat et éphémère… car le leur ne viendra qu’à bien plus long terme. Je vous souhaite, si ce n’est pas déjà le cas, de connaître cette sensation un jour. »

On retrouve dans le récit de Choé la tension inhérente à toute conduite de classe : un travail constant sur les comportements et les résistances,

une ambition élevée portée à la fois par le programme de sa discipline comme par ses intentions plus personnelles. C’est le dilemme toujours actuel éduquer/instruire. « Les emmener », guider ou gérer sa classe ne prennent un sens que dans les ambitions explicites ou non de Choé (« parvenir à ce que je veux »).

           

Détecter les valeurs de l’action enseignante

Le « ce que je veux » déclaratif mais trop implicite ne va pas sans poser de problèmes. Pour le décoder, voyons l’interaction entre trois éléments identifiés :

  1. Nos projets, nos ambitions, nos intentions sociopédagogiques.
  2. Notre représentation de l’apprentissage (de l’élève).
  3. Notre représentation de l’action (de l’enseignant).

Éduquer ou former ?

Pour affiner l’expression de ses propres valeurs relatives à l’action enseignante, voici un exercice destiné à faciliter l’émergence d’un consensus dans un groupe, un Q-sort : c’est une série de propositions parmi lesquelles vous devez faire un choix que vous confrontez ensuite à ceux du groupe. Mais l’exercice peut aussi être solitaire.

Dans la liste des items ci-dessous, sélectionnez :

– deux items qui vous paraissent les plus importants ;

– quatre items dignes de considération ;

– huit items qui vous paraissent neutres ;

– quatre items qui vous paraissent douteux ;

– deux items qui vous semblent à rejeter absolument.

Eduquer, c’est…

1. Éduquer, c’est savoir attendre.

2. Éduquer, c’est inculquer le sens du devoir.

3. Éduquer, c’est permettre aux possibilités d’une personne de se révéler.

4. Éduquer, c’est laisser faire.

5. Éduquer, c’est apporter les conditionnements qui faciliteront l’apprentissage des bonnes habitudes.

6. Éduquer, c’est donner l’exemple.

7. Éduquer, c’est communiquer en profondeur avec un jeune pour l’aider à communiquer avec lui-même.

8. Éduquer, c’est savoir se taire.

9. Éduquer, c’est instruire.

10. Éduquer, c’est dresser.

11. Éduquer, c’est révéler les valeurs essentielles.

12. Éduquer, c’est entraîner les jeunes à obéir.

13. Éduquer, c’est accompagner les démarches tâtonnantes des jeunes pour qu’ils prennent davantage de hardiesse et de sécurité.

14. Éduquer, c’est présenter les modèles de comportements fondamentaux.

15. Éduquer, c’est apporter les contraintes immédiates qui réfrènent les instincts et les pulsions anarchiques.

16. Éduquer, c’est provoquer inlassablement.

17. Éduquer, c’est aider progressivement un jeune à affronter son angoisse et s’ouvrir aux autres.

18. Éduquer, c’est savoir bousculer.

19. Éduquer, c’est faire confiance.

20. Éduquer, c’est s’éduquer.

* Résultat du test

Quelle est plutôt votre conception de l’enseignement, entre éduquer et instruire ?

Vous avez relevé deux items qui vous semblent prioritaires, puis quatre importants. Retrouvez leur place dans le tableau ci-dessous. Vous devez voir apparaître une, si ce n’est deux tendances principales qui caracté­risent votre propre conception. Cependant, elle sera susceptible d’évolution vers d’autres tendances, d’une part, en fonction de l’avancée dans votre pratique professionnelle, d’autre part, en fonction des contextes différents d’enseignement et de publics scolaires que vous rencontrerez. L’objectif est ici de faire le point, de prendre ses propres repères.

4, 8, 19            Attitude expectative. Non-intervention, retrait, laisser l’enfant se développer, confiance en l’homme.

20        Attitude de symbiose. Coéducation élève, enseignant, recherche de l’épanouissement, travail sur soi.

3, 7, 13, 17           Attitude psychologisante. Importance de l’affectif, l’élève est
un disciple.

16, 18  Attitude de l’intervention ferme. Inciter l’élève à apprendre, car il ne sait pas où est son intérêt.

9          Attitude instructiviste. L’éducation passe par le développement de l’intelligence et des connaissances, suivre le progrès des sciences.

2, 6, 11, 14    Attitude moraliste. Guider les actes « vertueux » de l’élève, importance des valeurs, l’éducateur est un modèle.

5, 10, 12, 15  Attitude de contrôle. Moralisant et plus interventionniste, contraindre les pulsions négatives.


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