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Handicap : des initiatives qui font bouger les lignes

Sarah Masson
Publié le
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Le nombre d’étudiants en situation de handicap a doublé ces cinq dernières années, mais le pourcentage de diplômés reste trop faible. Une difficulté pour les entreprises qui cherchent à recruter. Dès lors, elles n’hésitent plus à se mobiliser aux côtés d’écoles, d’universités et, bien sûr, d’associations. Rencontre avec des acteurs qui tentent de changer la donne.

Pus de 13.000 jeunes en situation de handicap suivent cette année des cours dans un établissement d'enseignement supérieur. Leur nombre a doublé en cinq ans. Depuis 1987, la loi impose dans les entreprises un quota de 6% de travailleurs handicapés. En 2005, le dispositif a même été renforcé : outre l'obligation d'emploi, le principe de non-­discrimination, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et l'orientation professionnelle y figurent également. La loi de février 2005 pour l'égalité des droits et des chances exige des établissements d'enseignement supérieur qu'ils mettent en place les dispositions nécessaires aux étudiants handicapés pour la réussite de leurs études.

Aujourd'hui, écoles et universités sont dotées d'une mission handicap chargée d'accompagner les étudiants concernés tout au long de leur cursus. Et un large éventail d'aides et d'aménagements peut être instauré à la demande de l'étudiant : interprètes LSF, agrandisseur d'écran, tiers-temps supplémentaires pour les examens... En quelques années, le regard sur le handicap a évolué mais les difficultés persistent. Mais les entreprises, même lorsqu'elles jouent le jeu, peinent à recruter des ­jeunes suffisamment diplômés.

En effet, le niveau de qualification des personnes handicapées reste très bas. Les élèves handicapés scolarisés représentent 2,3% de la population totale des enfants de l'élémentaire à la fin du secondaire et seulement 0,43% dans l'enseignement supérieur. Parmi les potentiels freins à la poursuite d'études, une difficulté de passage du collège au lycée, un manque d'information ou encore une bonne dose d'autocensure... En effet, 80% des bacheliers handicapés ne poursuivent toujours pas d'études au-delà du lycée, et ce malgré les interventions de nombreuses associations. Des actions menées de plus en plus souvent main dans la main avec les établissements d'enseignement supérieur et les acteurs économiques.

La question du handicap dans l'enseignement supérieur est désormais envisagée du secondaire jusqu'au premier emploi. Et une fois l'étudiant diplômé, les aides à l'insertion professionnelle sont variées : forums pour l'emploi, rencontres avec des professionnels, offres de stages, de contrats d'apprentissage... Toutefois, les clichés ont la vie dure et sensibiliser les étudiants handicapés ne suffit pas. Il faut aussi convaincre les familles, les entreprises, les futurs managers et plus largement le grand public de leurs possibilités...

De l'orientation des collégiens au coaching des étudiants en passant par des rencontres sur mesure avec les recruteurs, Interface a sélectionné une série d'initiatives ambitieuses qui donnent de l'espoir. Leur point commun ? Aborder la question dans sa globalité et placer ­l'étudiant au cœur du dispositif sans oublier son entourage, famille, condisciples, employeurs. Rencontres.

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Comment optimiser sa récolte de la taxe d’apprentissage ? Comment améliorer l’insertion professionnelle de ses jeunes diplômés ? De quelle manière établir des partenariats avec des PME ? La réponse est dans Interface, la nouvelle lettre bimensuelle qui facilite les relations entre l’enseignement supérieur et le monde économique.

Lancée par l’Etudiant-EducPros et l’Entreprise, Interface s’adresse aux professionnels des relations écoles-universités-entreprises (directeurs d’établissements, responsables des relations entreprises, BAIP, mais aussi campus managers, recruteurs, RH…).

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Sarah Masson | Publié le

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OSWALD Jocelyne.

MISSION HANDICAP et ENS LYON Votre article est bien intéressant. Pourquoi y a-t'il si peu de jeunes parcourant des études supérieures ? Parce que le monde universitaire n'est pas encore bien prêt à les accueillir. Je peux en parler avec quiconque le souhaiterait. Ma fille, handicapée moteur de naissance, après deux Master2, se trouve en 3ème année de thèse à l'ENS Lyon. C'est un parcours du combattant au quotidien. Un exemple récent : par exemple, pour son travail de thèse, elle doit partir en train à Paris avec moi qui l'accompagnerai (elle ne peut pas voyager seule, elle a besoin d'accompagnement). Son billet de train coûte 168 euros, le mien à 1/2 tarif revient à 84 euros (avantage SNCF pour les accompagnants des personnes à mobilité réduite). Depuis le 21 février, on attend toujours une réponse pour la prise en charge de mon billet accompagnant.... Il n'y a pas d'action sociale pour les personnes handicapées au sein de l'ENS.... Cela fait 4 ans qu'elle s'y trouve!! Quand elle se rend à la cantine, mon mari (heureusement qu'il travaille à l'ENS) ou moi-même, nous devons lui porter son plateau. Il faut savoir que la présence de mon mari au sein de l'ENS, n'a jamais été un avantage pour ma fille, bien au contraire, les personnes dirigeantes se moquent bien de sa situation, de ses difficultés, voire même d'elle. On n'a pas le droit d'être handicapés si on veut suivre une filière normale!!!!