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L'incubateur, un outil pédagogique

Céline Authemayou
Publié le
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Aux Mines d'Albi, l'entreprise incubée Leyfa est dédiée à la géométrie des voies ferrées.
Aux Mines d'Albi, l'entreprise incubée Leyfa est dédiée à la géométrie des voies ferrées.

Intervention des incubés dans les cursus ingénieurs, participation des étudiants aux projets portés par l’incubateur, unités d’enseignement consacrées à l’entrepreneuriat… Les écoles construisent de nombreux ponts entre leur offre de formation et leur structure d’aide à la création d’entreprise. Plaçant leur incubateur au cœur de la pédagogie.

De la découverte en cours au passage à l’action, il n’y a parfois qu’un pas. À l’École centrale Paris, un tiers des incubés sont issus de la filière Centrale entrepreneurs, proposée aux élèves ingénieurs de l’école. Créé en parallèle de l’incubateur au début des années 2000, le cursus sensibilise et forme durant 15 mois les étudiants au "métier" d’entrepreneur. "En 2001, lorsque l’incubateur a été créé, l’objectif était très clair, raconte Charlotte Engrand, responsable de la structure. Il s’agissait d’encourager et de susciter les vocations. Grâce à sa proximité avec la filière Centrale entrepreneurs, il s’inscrit dans une parfaite continuité pour les élèves désireux de créer leur entreprise."

À l’ECE, école parisienne, l’incubateur est né pour accompagner l’un des projets pédagogiques de l’établissement, la valorisation des projets étudiants (VPE). Le programme, labellisé Idefi (Initiatives d’excellence en formations innovantes) et doté d’une enveloppe de 1,5 million d’euros sur cinq ans, incite les étudiants à porter un projet innovant durant leurs études et à le présenter aux professionnels. "Nous constations que les travaux de nos élèves, menés dans le cadre de leur cursus, étaient très intéressants mais qu’ils restaient le plus souvent dans les cartons, explique Christophe Baujault, directeur de l’ECE. Après avoir créé les VPE, nous avons voulu aller encore plus loin. La création de l’incubateur nous permet de fournir aux élèves motivés tout le nécessaire pour passer de l’idée au projet d’entreprise."

Premier objectif : la sensibilisation

Si les écoles sont de plus en plus nombreuses à proposer des cours – souvent électifs – dédiés à l’entrepreneuriat, elles le savent bien : tous les élèves ne franchiront pas le cap de la création d’entreprise. Mais qu’importe, l’objectif premier reste la sensibilisation des esprits. À Télécom ParisTech, l’unité d’enseignement "création d’entreprise", construite en relation étroite avec l’incubateur ParisTech Entrepreneurs, accueille des élèves tentés par la création d’entreprise, mais également avides de découvrir un secteur qu’ils connaissent peu et mal. "Ce parcours est très important pour nous car il permet a minima de sensibiliser les élèves au sujet de la création d’entreprise, constate Pascale Massot, responsable de l’incubateur. Ces derniers sont très courtisés par les grands groupes partenaires de l’école. Mais depuis trois ans, on voit poindre un changement de comportement : ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les start-up."

L’échange étudiant-incubé, "gagnant-gagnant"

Une autre formule, particulièrement appréciée par les écoles, consiste à faire intervenir les élèves ingénieurs sur les projets des incubés. À l’Isara, les étudiants de quatrième et cinquième années se penchent ainsi sur des études de cas, puisées au cœur même de l’incubateur de l’école. "Ce rôle de consultant junior plaît énormément aux jeunes, raconte Pascal Boulon, professeur en entrepreneuriat et responsable de l’incubateur. Ils adorent participer au développement d’un projet réel."

Aux Mines d’Albi, les élèves de deuxième année mènent une mission "Innov-action" de 600 heures, visant à accompagner un projet d’entreprise, choisi le plus souvent dans le catalogue de l’incubateur. "Cet échange est gagnant-gagnant, constate Jean-Michel Alaverdov, responsable de la structure. Les élèves prennent conscience de ce qu’implique une création d’activité et les incubés disposent de ressources supplémentaires pour développer leur projet."


Céline Authemayou | Publié le

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incubé.

Oui, sauf que pour créer un incubateur, encore faut-il le faire dans une région économiquement propice au développement. L'incubateur de Centrale Paris est à Chatenay Malabry, seconde ville la plus pauvre de tout le 92, à la limite permanente de la mise sous tutelle, et gérée par une mairie UMP dont la préoccupation n°1 est de changer la sociologie de la ville en faisant une banlieue dortoir chic pour nouveaux riches, afin d'assurer sa réélection. Combien d'emplois créés à Châtenay par cet incubateur ? Aucun. Quelle contribution à l'économie locale ? Aucune. Après cela on comprend bien que la Mairie se réjouisse de voir partir cette "bouche inutile" qui a décidé de déménager "un de ces jours" dans un coin reculé du plateau de Saclay où elle pourra incuber tranquillement du fromage de chèvre et du macramé. Moralité, on constate une fois de plus que la compétence des enseignants en matière d'économie se limite à la paraphrase des théories dirigistes et marxistes, mais que quand ils parlent d'entreprenariat, à Centrale ou ailleurs, c'est sans y connaitre grand chose.