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Insertion professionnelle : les établissements d’enseignement supérieur à l’heure des compétences

Dossier réalisé par Sophie Blitman
Publié le
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C’est une évolution notable de ces dernières années, encouragée par l’administration centrale, et plus largement au niveau européen : les établissements d’enseignement supérieur sont aujourd’hui largement convaincus de la nécessité de mettre en valeur non seulement les connaissances de leurs diplômés, mais aussi les compétences acquises au fil de leurs études, dans le souci d’améliorer leur insertion professionnelle.

Début 2011, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a engagé un travail pour "repenser les diplômes sous l’angle des compétences", explique Georges Asseraf, président de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) et membre du Comité d’orientation de la nouvelle licence. L’objectif ? Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, mais aussi se conformer à une exigence du processus de Bologne.

Si cet accent mis sur les compétences a pu initialement susciter quelques réticences de la part du monde universitaire, celles-ci sont aujourd’hui majoritairement levées. "Ce n’est en aucun cas un renoncement au savoir, insiste le président de la CNCP : les exigences académiques sont bien identifiées, mais on s’intéresse également aux usages des connaissances." Le comité doit mettre au point "d’ici à la fin de l’année un ou plusieurs cahiers des charges permettant aux établissements de décrire ce qu’un étudiant est capable de faire à l’issue d’une formation, et que cela soit visible par le monde professionnel", détaille Georges Asseraf.

De leur côté, les établissements n’ont pas attendu les recommandations du ministère pour travailler dans cette direction et nombre d’initiatives ont fleuri en ce sens, le plus souvent en concertation avec des entreprises.

Bonnes pratiques

L’ESC Dijon a entrepris une démarche baptisée "Building Up Skills for Business", autrement dit "Savoir pour agir", conçue à partir d’une enquête sur les compétences que les entreprises recherchent chez les jeunes diplômés. Résultat : les recruteurs attendent non seulement des connaissances et compétences générales (notamment en anglais ou en termes d’analyse et de compréhension globale d’une situation), mais aussi des compétences comportementales (capacité d’adaptation, de travail en équipe, d’écoute, de force de proposition...) et personnelles (curiosité intellectuelle, créativité, autonomie, capacité à se remettre en question...). Ces éléments ont permis à l’ESC Dijon d’élaborer un référentiel de compétences et des outils d’autoévaluation pour les étudiants du programme grande école.

Parallèlement, l’association Pasc@line a fait des propositions pour traduire une formation d’ingénieurs en compétences . Au sein des écoles, les Mines de Nantes ont notamment adopté un système de cartographie des compétences personnelles, scientifiques et en ingénierie, à partir de la définition d’un profil d’ingénieur "gestionnaire de projets scientifiques et techniques". L’ISEP, lui, a défini un référentiel de compétences que les élèves doivent s’approprier petit à petit : en fin de première année, ils font une "déclaration de compétences", soumise à une contre-évaluation de la part des enseignants ou maîtres de stages. À l’issue de leurs études, ils présentent leur portfolio de compétences ainsi que leur projet professionnel, les deux devant bien sûr être en adéquation.

Quant aux universités, elles sont nombreuses à s’être lancées dans la rédaction de guides des compétences, à l’instar de Lille 2 et Saint-Étienne où ce guide est conçu comme un "outil de recrutement pour les employeurs, et un outil de valorisation des compétences pour les étudiants".

L’université Paris-Est-Créteil a, pour sa part, rédigé des fiches qui indiquent noir sur blanc ce que le diplômé est capable de faire. Par exemple, pour le titulaire d’un master d’histoire et connaissance des civilisations : "transposer des méthodologies à des champs de recherche différents", "réunir une bibliographie pertinente et procéder à la lecture critique d’ouvrages et publications", "maîtriser la présentation orale de rapports de recherche, de manière analytique (conférence, communication) ou synthétique, en s’aidant des technologies appropriées"...

Autant d’outils qui doivent permettre aux candidats de mieux se mettre en valeur auprès des recruteurs.

Dossier réalisé par Sophie Blitman
Novembre 2011

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