Insertion professionnelle : les recruteurs favorables aux démarches compétences, mais surtout au contact avec les établissements

Dossier réalisé par Sophie Blitman
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Si les démarches compétences permettent de rapprocher le vocabulaire de la formation de celui de l’entreprise, les recruteurs insistent sur la nécessité d’entretenir des relations avec les établissements, seule manière à leurs yeux de véritablement connaître les cursus.

Lorsqu’elles cherchent à recruter des jeunes diplômés en stage ou en emploi, les entreprises ont deux possibilités : elles peuvent se tourner vers les formations très spécialisées dans leur secteur qui correspondent exactement au poste proposé et que les recruteurs connaissent en général bien. Mais ceux-ci se retrouvent aussi parfois face à des diplômes relativement généralistes qui leur parlent nettement moins. Dans ce cas, « il est parfois difficile de savoir concrètement ce qu’il y a derrière une formation », souligne Véronique Karcenty, directrice mobilité et recrutement chez Orange, d’autant que, confie-t-elle, « certains intitulés paraissent très abscons... Par ailleurs, deux diplômes peuvent avoir le même nom, mais pas le même contenu. En outre, celui-ci peut évoluer au fil des années. » Dès lors, « inscrire en face d’un diplôme les compétences, techniques mais aussi comportementales, serait être très utile pour mieux cibler les profils », avance Véronique Karcenty, qui salue cette démarche, tout en regrettant qu’elle ne soit « pas assez généralisée ».

Responsable des relations avec l’enseignement supérieur chez Total, Adrien Béchonnet constate que « les universités essaient de montrer aux industriels que leurs étudiants ont des compétences. On sent qu’ils font des efforts et tout ce que l’université fera pour se rapprocher du monde de l’entreprise est positif. Cependant, ce n’est pas en épluchant les catalogues de formations que l’on connaît les cursus. Pour cela, il faut y passer du temps : l’échange, la proximité, voilà ce qui prime. »

« Il faut un vrai partenariat avec les écoles », soutient également Anne-Claire Lethbridge, directrice des ressources humaines du cabinet de conseil A.T. Kearney, qui ne recrute que des profils issus des très grandes écoles de commerce et d’ingénieurs ou de Sciences po Paris. « C’est en rencontrant régulièrement les responsables entreprises que l’on comprend comment sont organisés les cursus, selon quel agenda, notamment pour les stages, et que l’on apprend à connaître les codes des écoles et leur vocabulaire, pour comprendre ce que recouvrent par exemple les majeures et les mineures. » D’où la nécessité de nouer de véritables relations entreprises dans son établissement.

Dossier réalisé par Sophie Blitman
Novembre 2011

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