Selim Kharrat (consultant chez Mercuri Urval) : «Les réseaux sociaux donnent des indications sur les compétences des jeunes diplômés»

Propos recueillis par Sophie Blitman
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Consultant au sein du département économie sociale et solidaire du cabinet Mercuri Urval, Selim Kharrat est spécialiste du recrutement sur les réseaux sociaux. À ses yeux, ceux-ci ne constituent pas seulement un outil de plus, mais donnent accès à des informations complémentaires d’un simple CV, notamment en ce qui concerne les compétences acquises par les jeunes diplômés.

Dans quelle mesure les réseaux sociaux sont-ils devenus un outil important pour le recruteur que vous êtes ?

Les réseaux sociaux constituent pour les recruteurs un nouveau terrain de chasse. Des millions de profils y sont répertoriés, qui diffèrent selon les sites. Viadeo est plutôt reconnu pour les domaines de la communication, du marketing, des ressources humaines et du Web. D’origine anglosaxonne, Linkedin a des profils plus ouverts sur l’international.

Mais ce n’est pas pour autant que nous abandonnons les outils traditionnels, cvthèques, jobboards classiques ou publications d’annonces. Les réseaux sociaux offrent un vivier complémentaire. Cependant, rien ne remplacera un échange de visu avec un recruteur.

Quel est l’intérêt des réseaux sociaux en matière de recrutement de jeunes diplômés ?

Les profils contiennent davantage d’informations que les CV classiques. Cela fournit des indications sur certaines compétences, très utiles pour des jeunes diplômés qui n’ont pas une très longue expérience professionnelle. On peut ainsi voir combien de contacts a un candidat et qui sont ces personnes : en effet, ce n’est pas seulement la taille du réseau qui importe, mais aussi sa qualité et sa cohérence au sein d’une sphère professionnelle. Cela donne un aperçu de la capacité à s’ouvrir et à communiquer avec les autres. Ces interactions sont particulièrement importantes dans certaines fonctions, par exemple pour les jeunes commerciaux que l’on juge en partie sur leur potentiel à créer du lien et à animer un réseau.

Par ailleurs, un candidat peut être abonné à un hub ou est présent sur des forums : cela montre qu’il a envie de se tenir informé des grandes évolutions de son secteur. Les discussions auxquelles il participe permettent de mesurer sa capacité à argumenter, à bâtir un raisonnement clair et impactant, ou encore de s’assurer qu’il maîtrise sa discipline.

Enfin, la recommandation d’un ancien maître de stage témoigne du fait que le jeune a su, en quelques mois, marquer sa place dans une entreprise.

Quels sont les principaux défauts que vous relevez chez les jeunes qui diffusent leur profil en ligne et, partant, quels conseils pouvez-vous donner ?

Le principal défaut est celui d’un profil très pauvre en informations, alors que, comme je l’ai dit, c’est précisément là que réside l’intérêt des réseaux sociaux. Un autre travers consiste à créer son profil puis ne plus intervenir pendant six mois. Contre cette démarche passive, je conseille au contraire de mettre à jour son profil, et surtout de contacter les gens et de répondre aux sollicitations : autrement dit, il ne faut pas hésiter à jouer le jeu des réseaux sociaux !

Propos recueillis par Sophie Blitman
Novembre 2011

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