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2015. Les regroupements d'universités, entre stabilisation et tensions

Céline Authemayou, Camille Stromboni
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Université Rennes 2 - Campus - étudiants
De nouvelles fusions ont eu lieu en 2015, à Montpellier, ou ont avancé pour aboutir en 2016, comme à Grenoble, quand d'autres, à Rennes, ont été enterrées. // Campus de l'université Rennes 2 // ©  S.Boyer - service communication université Rennes 2

RÉTROSPECTIVE 2015. La carte universitaire a continué à s'affiner en 2015. Avec une stabilisation de la plupart des grands regroupements d'établissements, mais aussi de nouvelles fusions programmées, ou à l'inverse, abandonnées. Sans compter une pression forte avec la compétition des Idex relancée.

L’année 2015 s’ouvre sur la fusion des universités Montpellier 1 et 2. Philippe Augé est élu à la tête de cette nouvelle université de Montpellier, qui regroupe ainsi deux des trois facs du site héraultais. Après Strasbourg, la Lorraine, Aix-Marseille et Bordeaux, le mouvement de fusion se poursuit également avec la préparation de celle des trois universités de Grenoble, fixée au 1er janvier 2016.

L'explosion bretonne

Plusieurs universités travaillent sur un projet de fusion à plus long terme : c'est le cas de l’Upec (Paris-Est-Créteil) et de l’Upem (Paris-Est-Marne-la-Vallée), des deux universités clermontoises, à l’horizon 2017, et des trois universités lilloises. Quant à Paris 4-Paris-Sorbonne et l’UPMC (université Pierre-et-Marie-Curie), les présidents annoncent, à la rentrée de septembre 2015, leur volonté de fusionner les deux facs parisiennes, s’ils sont réélus, en mars prochain.

Une explosion en plein vol intervient en revanche dans les premiers mois de l’année en Bretagne, autour du projet de fusion entre Rennes 1 et Rennes 2. Du côté de cette dernière, la crise débute en janvier, avec les démissions en cascade de la majorité des élus du conseil d’administration. En cause : la question de la gouvernance de la future université de Rennes.

Conséquence : l’ensemble de la gouvernance de Rennes 2 tombe, provoquant une nouvelle élection des conseils centraux. C’est un opposant à la fusion, Olivier David, qui est élu. La seconde candidate, Catherine Loneux, s’était, elle aussi, prononcée en ce sens. La fusion n’est plus à l’ordre du jour.

Stabilisation des comue

Pour une majorité d’établissements, les regroupements passent avant tout par les Comue (Communauté d’universités et établissements). Les pôles institués par la loi sur l'enseignement supérieur de juillet 2013 s’installent peu à peu, avec les élections successives de leurs instances de gouvernance. Une partie d'entre eux signent aussi, progressivement, les contrats de site avec l'État, synonymes notamment de l'attribution d'une enveloppe d'emplois.

Quant à la complexe carte francilienne, les derniers mouvements s'achèvent avec l'intégration des quatre écoles qui avaient quitté Hésam en 2014. L'EHESS, l'EPHE, l'EFEO et l'École des chartes rejoignent Paris Sciences et Lettres. Le décret d'association, qui passe devant le Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) en décembre, provoque de nouveau le débat autour de l'élitisme du regroupement de la Montagne-Sainte-Geneviève et du salaire des dirigeants de la Comue.

Demeure une forte interrogation pour l'Université Paris-Saclay. Gilles Bloch est élu à la présidence de la Comue en mai. Mais Polytechnique et la feuille de route que lui dresse son ministère en décembre ravivent les dissensions entre écoles et universités du plateau. Au point de remettre en question l'avenir du regroupement.

entre Idex et nouvelle carte des régions

En arrière-plan la compétition des Idex (Initiative d'excellence) fait monter la pression. Outre la nouvelle vague de sélection qui bat son plein en 2015, les premiers lauréats de l'Idex, comme Saclay, préparent leur copie pour passer de nouveau devant le jury. Certains regroupements candidats ne correspondent pas toujours au périmètre choisi pour la Comue. En Bretagne-Loire, les établissements s'orientent vers trois projets d'Isite, quand le projet montpélliérain a été repris en main par l'université fusionnée, à la place de la Comue Languedoc-Roussillon.

En parallèle également, la réforme des régions ne suit pas forcément cette nouvelle carte des grandes universités, avec quelques situations complexes. La Comue Léonard-de-Vinci, qui réunit les sept universités du Limousin, du Centre et du Poitou-Charentes, se retrouve ainsi située à cheval sur deux régions (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Centre-Val-de-Loire) et partage désormais son territoire avec un autre mastodonte, le pôle aquitain.

Écoles d’ingénieurs : en rangs serrés

Les écoles d’ingénieurs poursuivent elles aussi leurs rapprochements. Plusieurs fusions sont annoncées ou confirmées, à l’image de celle entre Télécom Bretagne et Mines Nantes, qui débouchera sur un nouvel établissement en 2017. L’IFMA et Chimie Clermont-Ferrand, quant à elles, deviendront dès le 1er janvier 2016 Sigma Clermont-Ferrand. Avec un objectif clair : gagner en visibilité, en France comme à l’étranger.

Les rapprochements passent également par un renforcement des réseaux. Le groupe des Écoles centrales s’est ainsi doté d'une gouvernance resserrée, pour porter de façon plus efficiente ses projets structurants.

L’Institut Mines-Télécom, qui regroupe 10 établissements et 13 écoles associées, poursuit, quant à lui, sa montée en puissance avec l'intégration, en 2017, des écoles des Mines, qui deviendront, comme les Télécom, des entités internes à l'IMT. En décembre, le projet a été validé par les conseils d'administration des établissements concernés, à l'exception des Mines ParisTech. La tutelle devra donc trancher.


Céline Authemayou, Camille Stromboni | Publié le

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