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Denis Varaschin : "Ce sont souvent dans les petites universités que naissent les idées originales"

Propos recueillis par Virginie Bertereau
Publié le
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Denis Varaschin, professeur d’histoire contemporaine, est le président de l’université de Savoie depuis avril 2012. Aujourd’hui, il revient pour EducPros sur la façon dont l’établissement se démarque de ses voisines grenobloises et lyonnaises, tout en cherchant à s’intégrer dans des projets d’envergure régionale.

université savoie - pdt Varaschin.JPGQuelles sont les spécificités de l’université de Savoie ?

La Savoie est la dernière région annexée à la France, il y a de cela plus de cent cinquante ans. Si son attachement au pays est très fort, il existe un "esprit savoyard". Nous avons la culture du travail, ce qui explique notre excellent rapport qualité/prix dans le paysage universitaire. L’AERES [Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur] a remarqué la qualité de nos formations en licence, elle a également classé 15 de nos 19 laboratoires de recherche A ou A+. Par ailleurs, nous sommes depuis trois ans l’université française qui envoie le plus fort pourcentage d’étudiants en échanges Erasmus. Grâce à notre position géographique, nous développons de fortes relations avec les universités de Genève et de Turin et un projet d’école doctorale transfrontalière est en cours.

Pourtant, notre université, de taille moyenne, est dotée de peu de moyens. En ce moment, nous sommes en pleine "crise des ciseaux" : nos effectifs augmentent de 15% en L1, mais nous affichons un déficit de 150 à 180 postes d’enseignants et nos charges financières augmentent.

Comment vous démarquez-vous des universités grenobloises et lyonnaises ?

Nous n’avons pas sacrifié l’enseignement pour la recherche, mais cherché à équilibrer nos deux missions. Ce sont souvent dans les petites universités que naissent les idées originales : elles sont condamnées à innover constamment alors que les grandes universités industrialisent les innovations. Enfin, l’établissement n’est pas fermé sur lui-même. Nous travaillons avec nos voisins sur de nombreux projets.

Quels sont les chantiers en cours ?

Nous entrons dans une nouvelle phase du projet Université de Grenoble-Alpes, avec le souhait de faire émerger une carte des formations. Nous nous insérons également dans l’AURA [Alliance de l’université Rhône-Alpes], avec Grenoble et Lyon. Ici aussi, des groupes de travail ont été définis et ils entameront leurs travaux d’ici à la fin de l’année. Appartenir à ces ensembles plus vastes va nous permettre de mutualiser nos moyens et de gagner en visibilité.

Appartenir à ces ensembles plus vastes va nous permettre de gagner en visibilité

Quelle est votre stratégie à l’international ?

Par le passé, nous avons signé de très nombreuses conventions qui ne sont plus toutes nécessairement très actives. Dans un deuxième temps, nous avons essayé de définir des directions. Ainsi, nous avons noué des relations particulières avec le Québec ou encore la Russie. Aujourd’hui, nous souhaitons combiner des partenariats régionaux et thématiques. Par exemple, avec le Sichuan, une région montagneuse de la Chine qui cherche à développer des activités touristiques, et où l’apprentissage du français est une tradition.

Autre exemple : les liens développés autour de l’énergie solaire, dans le cadre de l’INES [Institut national de l’énergie solaire], un lieu de recherche et de formation situé sur les rives du lac du Bourget dans lequel est impliquée l’université et qui conduit à développer des relations avec le Burkina Faso. Enfin, le transfrontalier, notamment avec la Suisse, est notre "nouvelle frontière".


Propos recueillis par Virginie Bertereau | Publié le

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