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L’université de Savoie et les entreprises en étroite relation

Dossier réalisé par Virginie Bertereau
Publié le
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L'Institut nationale de l'énergie solaire à l'université de Savoie // © V. Bertereau
L'Institut nationale de l'énergie solaire à l'université de Savoie // © V. Bertereau

L’université de Savoie a l’avantage d’être implantée en Rhône-Alpes, la deuxième région la plus riche de France, et sait bien répondre aux besoins des acteurs économiques locaux. Elle fait partie des rares universités à travailler en partenariat étroit avec eux par le biais d’un club des entreprises.

Du 12 au 16 novembre 2012, l’université de Savoie a vécu au rythme du monde de l’entreprise. L’établissement organisait la cinquième édition de sa semaine Emploi & Entreprise sur le thème « EntrePRENEZ-VOUS en main ! ». L’université en a profité pour signer une convention de partenariat avec le Centre d’ingénierie hydraulique d’EDF, implanté sur le domaine scientifique de Savoie Technolac. Et elle a inauguré son nouveau département génie civil à l’IUT (institut universitaire de technologie) de Chambéry. Une semaine riche en événements pour cette université qui s’est donné pour credo le rapprochement entre les mondes universitaire et professionnel…

Le Club des entreprises, partenaire particulier

Parmi les organisateurs principaux de cette semaine figure le Club des entreprises. Une structure rare, en France, à l’université. Cette association loi 1901 d’intérêt général a été créée en 1991 par une poignée de professeurs de l’IUT d’Annecy et une dizaine d’entreprises de Haute-Savoie (Somfy, Tefal, NTN SNR…), la chambre de commerce et d’industrie et le conseil régional. À l’origine, l’idée était de soutenir un IUP (institut universitaire professionnalisé) commerce-vente. «Le club travaille avec l’université, de façon indépendante, depuis plus de vingt ans. Son objectif : initier et développer des liens à forte valeur ajoutée entre l’enseignement supérieur et les entreprises. Aujourd’hui, nous comptons 80 membres actifs et plus d’un millier de partenaires. Nous accueillons près de la moitié des étudiants de l’université [IAE, IUT, Polytech]. En janvier 2013, nous fusionnerons avec le Club des entreprises de Polytech», déclare Virginie Reitzer, la directrice générale de l’association.

Au-delà de l’organisation d’événements (Forum des stages, Job Dating de l’alternance…) et de l’aide directe apportée aux étudiants et jeunes diplômés, l’association possède un rôle de cogouvernance et de coanimation. «Le Club est admis dans les instances universitaires. Son président est membre du conseil d’administration de l’université et de l’IAE, et je fais moi-même partie des comités de direction des écoles. Il participe pleinement aux conseils de perfectionnement», indique Virginie Reitzer.

Côté finances, le club fonctionne avec 350.000 € en moyenne par an. 70% viennent des entreprises, 30% des subventions publiques (conseils généraux, agglomérations de Chambéry et d’Annecy, région Rhône-Alpes). «Nous obtenons de plus en plus de subventions publiques car nous apportons un soutien à l’insertion professionnelle des jeunes. Ceux qui ont étudié ici veulent souvent travailler ici. Les entreprises recrutent sur place, donc subventionnent», analyse Virginie Reitzer. La majorité des diplômés (56% des diplômés de master, 68% des diplômés de licence pro et 78% des diplômés de DUT) trouvent en effet un emploi dans la région Rhône-Alpes.

Du besoin d’entreprises à la création d’une formation

 Ces relations privilégiées s’illustrent également par la création de formations – souvent atypiques – répondant aux besoins locaux. Ainsi, la signature d’une convention de «partner school» entre le groupe Accor, l’IAE Savoie-Mont-Blanc et l’Institut Paul Bocuse, à Lyon, est à l’origine d’une spécialisation de master en «revenue management» (optimisation des places libres dans l’hôtellerie). Autre exemple : la Outdoor Sports Valley, un groupement d’entreprises présentes dans la région (Salomon, Quechua, Technica…), s’est tournée vers l’université pour créer une licence «sur mesure» destinée à former des commerciaux spécialisés dans le domaine textile pour l’outdoor. La formation est en phase de lancement.

Beaucoup de ces projets remontent en conseil de perfectionnement. C’est notamment le cas de l’option «eaux pluviales et superficielles» du master 2 EPGM (équipement, protection et gestion des milieux de montagne) créée à la demande du conseil de la filière. D’autres naissent grâce aux contacts entre universitaires et professionnels. «Chez nous, pas besoin de conseil de perfectionnement, assure Jean-Luc Got, responsable du master GAIA (géosciences appliquées à l’ingénierie et aménagement). Ici, on est toujours en relation avec le milieu économique à travers les intervenants extérieurs, les anciens étudiants, les élèves qui poursuivent leurs études en école d’ingénieurs, les contacts personnels, les personnes venues de l’entreprise recrutées à l’université…» Tout naturellement…


Dossier réalisé par Virginie Bertereau | Publié le

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