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Comment l'université se prépare aux RCE ?

Dossier réalisé par Mathieu Oui
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Dans quelques mois, l’université passera aux RCE (Responsabilités et compétences élargies). Renaud Sioly, directeur de la DIPEFAS (Direction des personnels, des emplois, de la formation et de l’action sociale), détaille comment l’établissement se prépare à la nouvelle autonomie.

Au 1er janvier 2012, Paris 8 figurera dans la liste des universités accédant à l’autonomie. En interne, le chantier est lancé depuis plusieurs mois. Depuis février 2010, une nouvelle direction du personnel, la DIPEFAS (direction des personnels, des emplois, de la formation et de l’action sociale), a recentré en son sein l’ensemble des fonctions "gestion du personnel" autrefois dispersées entre plusieurs entités. Auparavant par exemple, la BU ou les IUT avaient leur propre gestion du personnel. "Avec la gestion directe de la masse salariale étatique, le budget passera de 30 millions à 130 millions d’euros, résume Renaud Sioly. Il devenait impératif de recentraliser toutes les fonctions de gestion du personnel pour réduire les risques de doublons et clarifier les procédures."

Outre les RH, les fonctions concernées en priorité par le passage aux RCE sont la direction des systèmes informatiques, la direction financière et la direction du patrimoine. Dans ces quatre domaines, les préconisations de l’IGAENR (Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche) portent notamment sur la formalisation écrite de procédures et la formation des personnels. En effet, et comme le relevait le rapport de la Cour des comptes de novembre 2010, l’université était marquée, traditionnellement et notamment dans sa gestion, par une "culture du non-écrit" et par des contacts directs entre les services et les composantes.

Une agence comptable

La direction financière a également été réorganisée avec la création d’une agence comptable autonome, "pour séparer le rôle d’ordonnateur de celui du comptable et permettre à chacun de spécialiser ses procédures". L’un des enjeux de l’autonomie budgétaire concerne la certification des comptes par un commissaire aux comptes. Autre direction stratégique, celle des systèmes informatiques (DSI) a été étoffée, par le biais d’un redéploiement de postes en interne et de quelques recrutements. "Ce n’est pas toujours facile de recruter des informaticiens, compte tenu du décalage de salaire entre le public et le privé, confie Renaud Sioly. On arrive finalement à recruter en externe, mais cela prend un peu de temps."

Formation du personnel

La formation des personnels est une autre facette du passage aux RCE. Celle-ci s’est faite par le biais du plan de formation avec des appels de marché lancés auprès des entreprises de formation. Sont également intervenus d’autres partenaires comme le rectorat, l’AMUE (Agence de mutualisation des universités et établissements) ou l’ESEN (École supérieure de l’Éducation nationale), qui accompagnent ce passage à l’autonomie des universités.

Au final, une poignée de postes ont été créés dans l’optique du passage aux RCE. Ils se résument au poste de directeur aux affaires financières, d’adjoint à la qualité comptable (pour préparer la certification des comptes) et d’un poste de chargé du visa des paies.

Les couacs d’Apogée

La délicate mise en place du logiciel de gestion de la scolarité Apogée illustre les aléas de la modernisation administrative de Paris 8. Jusqu’en 2010, l’université fonctionnait avec un logiciel maison, Félix, "peu convivial et sans connexions avec les autres services informatiques", note le rapport de la Cour des comptes de novembre 2010.

Le 15 mars 2011, une AG était organisée à l’amphi X par un groupe d’enseignants, étudiants et BIATOSS autour des dysfonctionnements du nouveau logiciel. Les récriminations portent sur le manque de formation des personnels administratifs et le fait que les notes du premier semestre n’ont pas pu être intégrées. "Le nombre de données à entrer dans ce nouveau logiciel est énorme", indique une étudiante participant à l’AG. "Dans les autres universités, Apogée est mis en œuvre sur une période de quinze mois, mais ici la formation a été bâclée en six mois."

Autre reproche, le risque de formatage des filières à l’aune d’un logiciel par définition très normé. "C’est à l’informatique de se mettre au service de la pédagogie et non l’inverse" commente Pascal Froissart, responsable du premier cycle en communication. Du côté de la présidence, on insiste sur le caractère obsolète du précédent logiciel maison tout en reconnaissant une instauration (trop ?) rapide. Une précipitation due aux retards accumulés de l’administration en matière de service informatique. "Apogée n’est pas un outil parfait, mais il est utilisé par toutes les autres universités et permet de délivrer les suppléments au diplôme et de faciliter les transferts de dossiers entre étudiants", défend le président Pascal Binczak.


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