Diplômes internationaux : à la recherche de la plus-value pédagogique

Un dossier de Mathieu Oui
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Un diplôme international ne constitue pas un empilement de programmes, mais vise plutôt la complémentarité entre les partenaires.

Dans le montage d’un projet en partenariat international, les difficultés, nombreuses, peuvent être regroupées en deux grandes catégories. Il faut tout d’abord que les partenaires s’entendent sur le contenu pédagogique. Il faut ensuite que le cadre réglementaire (règles internes à l’université ou législations nationales) soit respecté. Et les difficultés peuvent logiquement s’accroître avec le nombre de partenaires. « Trois ou quatre partenaires institutionnels représentent la juste mesure. Au-delà, c’est difficilement gérable », indique Thomas Beaufils, directeur du Réseau franco-néerlandais (un réseau de coopération scientifique et de formation).

Un programme sur mesure à construire

Un diplôme international doit en premier lieu apporter une plus-value aux étudiants. Il ne s’agit pas de faire un simple copier-coller des programmes délivrés par chacun des partenaires, mais plutôt de proposer des complémentarités ou un ensemble de spécialisations qu’un seul établissement ne saurait offrir. Cela dit, chaque partenaire doit s’y retrouver et ne pas avoir le sentiment d’être lésé sur son contenu d’études. « Les exigences de terrain varient énormément d’un pays à l’autre ou d’une institution à l’autre, relève Michel Guilmault, directeur des relations internationales de l’ESC Chambéry-Savoie. Par exemple, pour conclure un double diplôme avec une université texane, le programme doit comporter impérativement des cours de droit texan. Certaines exigences nous amènent d’ailleurs parfois à renoncer à un partenariat. » À cela peut s’ajouter la peur chez certains enseignants-chercheurs d’un nomadisme académique des étudiants. Ces derniers grappilleraient quelques cours dans une institution étrangère, mais sans véritable plus-value pour leur formation.

Une démarche qui prend du temps

« La recherche d’une identité commune est longue à trouver et nécessite beaucoup d’aller et retour entre les partenaires, complète Thomas Beaufils. Il faut passer du temps à chercher, fouiller : le sur-mesure ne se fait pas du jour au lendemain. » « Il faut savoir faire preuve de flexibilité, par exemple en ajoutant au programme du double diplôme un cours de l’année précédente, afin de satisfaire aux exigences du partenaire », poursuit Michel Guilmault.

Temps, énergie, patience et opiniâtreté sont les clefs du succès. Selon Thomas Beaufils, « si les enseignants ne se connaissent pas ou ne s’entendent pas bien, cela ne fonctionne pas : les liens d’amitié sont essentiels à la réussite d’un partenariat sur la durée ». Un simple coup de téléphone peut alors suffire à débloquer une situation.

Un dossier de Mathieu Oui
Mars 2011


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