Projets de coopération : surmonter les obstacles administratifs

Un dossier de Mathieu Oui
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Concilier les exigences administratives et légales des différents partenaires s’avère un véritable casse-tête dans le montage de formations internationales.

Une fois trouvé l’accord sur le contenu pédagogique, commencent alors les difficultés d’ordre pratique ou administratives. Les porteurs de projet se voient parfois confrontés à de véritables casse-tête administratifs. « Ils se retrouvent vite coincés par l’autonomie des établissements européens et par la nécessité de s’adapter à des règles locales de fonctionnement », résume Béatrice Delpouve, de l’université Lille 1, qui a participé au projet européen Joiman .

Des calendriers différents

« À l’université de Maastricht, nous fonctionnons en blocs de cours de quatre à sept semaines, tandis que le partenaire français organise les cours en semestres et l’américain en quarters », détaille ainsi Bertrand Candelon, professeur en économie internationale à l’université de Maastricht. Ce dernier a participé au montage de plusieurs projets au niveau bachelor et master, avec des résultats contrastés. Même constat concernant le calendrier des cours, distinct pour chaque institution, avec, par exemple, le risque qu’un étudiant français ou américain se retrouve en décalage avec le programme de l’université néerlandaise.

S’agissant des doubles doctorats, les différences nationales concernant le statut du doctorant (salarié ou étudiant) ou le processus de validation de la thèse (composition du jury, étapes de présentation, langue de rédaction…) peuvent également constituer des difficultés.

Le ministère interpellé


Au niveau des différences législatives, l’ESC Chambéry-Savoie a récemment été confrontée à une difficulté pour monter un double bachelor avec la Pologne. « En tant qu’école de commerce recrutant à bac+2, nous ne sommes pas autorisés à délivrer de diplôme au grade de licence, mentionne Michel Guilmault, son directeur des relations internationales. Nous avons donc envoyé un courrier officiel au ministère de l’Enseignement supérieur français pour tenter de trouver une solution car nous sommes dans une impasse. » Pour l’instant, la solution envisagée est de proposer un « certificat de bachelor international », sans véritable valeur légale. Une solution pas totalement satisfaisante, mais que les responsables espèrent provisoire.


Projet européen Joiman : accompagner les porteurs de projet

Pour faciliter le montage de diplômes internationaux, le projet européen Joiman , soutenu par la Commission européenne, a recensé les difficultés rencontrées et proposé des solutions aux équipes de relations internationales. Son Guide des bonnes pratiques inventorie par exemple une dizaine de points à faire valider conjointement par les équipes pédagogiques et administratives des partenaires. « Il s’agit notamment de prévoir qui est l’université référente dans le consortium et si c’est celle qui va recevoir et centraliser les dossiers de candidature, explique Béatrice Delpouve, directrice du développement international à Lille 1. Il faut aussi veiller à ce que l’étudiant étranger ait accès à la même information que l’étudiant local. Au final, ce Guide des bonnes pratiques permet d’éviter le parcours du combattant à un candidat. »

Un dossier de Mathieu Oui
Mars 2011


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