A la recherche du professeur star

Géraldine Dauvergne
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Les grandes écoles de commerce françaises, loin de céder à la tentation de la standardisation au niveau mondial, défendent leur particularisme, et c’est ainsi qu’elles s’imposent sur la scène internationale. Le

Concernant les enseignants, les grandes écoles de commerce françaises se sont lancées dans une course effrénée aux recrutements de haut vol. En effet, les enseignants-chercheurs dans les disciplines de gestion (et plus particulièrement en finance) se faisant rares, les écoles se les arrachent sans ménagement. C’est vrai à l’échelle de la France, où tout jeune docteur en gestion est assuré de s’attirer plusieurs propositions d’emploi alléchantes en provenance des universités et des ESC. Mais c’est encore plus vrai à l’échelle internationale, où les plus grandes business schools mondiales ne lésinent pas sur les salaires, ceux-ci pouvant atteindre 200 000 € annuels pour un professeur de renom.

La recherche comme carte de visite

Seules les cinq premières écoles de notre classement sont véritablement en mesure de prendre part à ces négociations au niveau mondial. Au printemps 2008, l’affrontement entre HEC et l’EDHEC pour le recrutement de leurs professeurs a eu ainsi un certain retentissement médiatique. Mais à elles seules, ces cinq grandes écoles placent la barre très haut au niveau national. Toutes les écoles de commerce françaises ont ainsi dû revoir à la hausse leur budget consacré aux salaires des enseignants, ainsi que les conditions d’accueil réservées à ceux-ci : équipes opérationnelles, ressources documentaires abondantes, partenariats avec d’autres institutions, etc.

Notre classement 2009 montre que les écoles françaises, en l’espace de cinq ans, ont investi avec succès le champ de la recherche en sciences de gestion, auparavant chasse gardée des universités. Leur signature apparaît ainsi en moyenne au bas de vingt-trois articles de recherche, au lieu de dix-sept en 2007. Désormais, un établissement comme l’ESC Bretagne-Brest place chaque année un article de recherche dans l’une des revues les plus cotées au monde – de rang « alpha » dans le jargon du milieu.

Professeur « invité » : la consécration

Qui sont donc ces oiseaux rares que les ESC dorlotent ? Des professeurs de toutes nationalités, titulaires d’un doctorat décroché dans une université prestigieuse et signant dans les revues de recherche les plus prisées. Leurs travaux de recherche constituent donc la meilleure carte de visite de ces professeurs très courtisés.

Mais cela suffira-t-il à faire d’eux des stars des amphis, dont le nom seul attire des étudiants du bout du monde ? « Disposer d’une équipe de professeurs-chercheurs distincte d’une équipe de professeurs pédagogues crée une tension difficile à gérer », estime Bernard Ramanantsoa, directeur général de HEC. C’est désormais sur le plan de la pédagogie que se jouera la notoriété des écoles. Le professeur idéal doit donc être non seulement un chercheur qui publie beaucoup, mais aussi un pédagogue doté de charisme, auteur de manuels et d’études de cas devenus des classiques, et enfin... bien noté, voire plébiscité par ses étudiants. Au point, éventuellement, d’être accueilli quelques semaines comme professeur invité dans une autre institution renommée, telle que Harvard ou Cambridge...

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Géraldine Dauvergne | Publié le