L'international fait la différence

Géraldine Dauvergne
Publié le
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Les grandes écoles de commerce françaises, loin de céder à la tentation de la standardisation au niveau mondial, défendent leur particularisme, et c’est ainsi qu’elles s’imposent sur la scène internationale. Le

Les résultats de notre classement 2009 le mettent en évidence. Ce qui fait aujourd’hui la différence entre les grandes écoles de commerce traditionnelles et le cercle restreint des meilleures business schools, c’est leur politique internationale. La partie académique et la recherche, domaines dans lesquels les ESC françaises dépensent beaucoup d’énergie, nivelle moins les écoles entre elles que leur rayonnement et leur présence à l’étranger. Ainsi, le fossé qui sépare les cinq premières écoles de notre classement des autres s’est encore creusé cette année sous l’effet de nos critères plus exigeants sur l’international.

Se faire connaître hors des frontières

Toutes les grandes n’ont pas choisi la même stratégie de développement à l’étranger, même si toutes travaillent à nouer des alliances avec des partenaires académiques de prestige. HEC est la seule en France à prendre le parti d’attirer le maximum d’étudiants de toutes provenances jusque chez elle, à Jouy-en-Josas, en misant sur sa légitimité de leader. Un positionnement calqué sur des institutions telles que Yale ou Harvard et qui lui permet de conclure de manière privilégiée des alliances avec les établissements les plus prestigieux de chaque autre pays.

Toutes ses concurrentes françaises directes ont fait ces dernières années le choix inverse, préférant l’implantation de campus sous leur marque, en Europe comme sur d’autres continents. C’est le cas de l’ESSEC à Singapour, l’EM Lyon à Shanghai, Genève et Dubai, l’EDHEC à Londres, et l’ESC Toulouse à Barcelone, pour ne citer qu’elles... Un dispositif qui leur permet d’approcher sur place un important vivier d’étudiants étrangers.

Cette stratégie, l’ESCP-EAP, qui compte aujourd’hui cinq campus en Europe, en a été le précurseur. « Toutes ces écoles sont ou seront confrontées aux problématiques que nous avons traversées, prédit Pascal Morand, directeur général de l’ESCP-EAP. En se plaçant sur le marché international, elles doivent par exemple se poser la question de leur mission : veulent-elles vendre de la formation, ou accompagner le développement d’entreprises françaises, voire locales ? Dans tous les cas, on a toujours intérêt à aller au contact des autres. » Le succès de l’ESCP-EAP est ainsi dû à des choix originaux, qui lui ont permis de se mondialiser sans perdre son âme, bien au contraire. « Nous avons choisi de nous différencier en faisant assurer les cours, sur chacun de nos campus européens, dans la langue du pays, par des professeurs-chercheurs locaux. »

Une enquête menée récemment par l’ESCPEAP a montré que si cette école est considérée en France comme étant française avant d’être européenne, elle était perçue en Allemagne, en Grande- Bretagne et en Espagne comme étant européenne avant tout, puis française, et enfin locale...

Des critères plus qualitatifs

Afin de mieux mesurer l’évolution à l’international des écoles, nous avons, en 2008, légèrement modifié nos critères, dans un sens encore plus qualitatif que les années passées. Nous avons d’abord affiné la définition de certains d’entre eux, tels que les doubles diplômes obtenus à l’étranger. Nous avons aussi écarté certains indicateurs. Par exemple le niveau d’anglais des élèves, que nous prenions en compte précédemment : dans ce domaine, les écoles obtiennent désormais massivement des résultats satisfaisants – ce dont il faut se réjouir, bien sûr ! –, mais finalement peu différenciateurs.

De même, nous valorisions jusqu’en 2007 les écoles de management qui comptaient dans leurs rangs un grand nombre d’étudiants internationaux, sans pouvoir réellement prendre en compte le niveau scolaire de ces étudiants. Nous avons remplacé ces deux indicateurs un peu trop « quantitatifs » par deux autres, plus exigeants et plus pertinents : la proportion de professeurs internationaux de haut niveau dans le corps enseignant, ainsi que le nombre d’étudiants étrangers lauréats d’une bourse d’excellence Eiffel. Ces bourses, délivrées par le ministère des Affaires étrangères et européennes, ont pour objectif d’aider les établissements supérieurs français à attirer l’élite des étudiants étrangers. Elles consistent en une allocation mensuelle, et sont attribuées au regard de l’excellence du candidat et de la politique internationale de l’établissement. C’est-à-dire qu’elles constituent un signe distinctif de qualité à la fois de l‘étudiant et de l’école qu’il a choisie pour l’accueillir.

Cliquez pour découvrir notre classement international des Ecoles masterisées .


Géraldine Dauvergne | Publié le