Les partenariats avec les entreprises en débat

Géraldine Dauvergne
Publié le
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Les grandes écoles de commerce françaises, loin de céder à la tentation de la standardisation au niveau mondial, défendent leur particularisme, et c’est ainsi qu’elles s’imposent sur la scène internationale. Le

Comme le montre notre classement , la réputation de ces établissements permet aussi d’attirer les entreprises, partenaires de longue date des ESC françaises. L’histoire de ces écoles est étroitement corrélée à celle des CCI (chambres de commerce et d'industrie), dont elles sont une émanation et qui restent, pour la plupart, leur autorité de tutelle. Ce passé commun justifie leur existence, puisqu’il s’agissait au départ de former dans ces grandes écoles les cadres et dirigeants des entreprises locales.

L’horizon des ESC s’est depuis élargi, dépassant les frontières nationales. Mais leurs relations anciennes avec les entreprises, PME ou multinationales, constituent leur force. Celle-ci se traduit en premier lieu par le niveau des salaires des jeunes talents formés dans les grandes écoles (encore au beau fixe au moment de l’enquête effectuée par Towers Perrin pour l’Expansion !) et par la force du réseau d’anciens, dont le rôle est essentiel pour l’évolution des carrières.

Services rétribués et levées de fonds

Ces dernières années, les grandes écoles de commerce françaises ont consacré beaucoup de leur énergie à mettre en place des échanges de services rétribués avec ces partenaires de longue date. Une question de survie pour les grandes écoles, en manque de financements... Des dispositifs tels que les filières d’apprentissage, les interventions de professionnels en amphi, les participations aux forums de recrutement constituent par exemple autant de moyens de capter des fonds. À ceux-ci se sont ajoutés récemment les chaires d’entreprise, puis les contrats de recherche.

Symboliquement, les dirigeants des entreprises partenaires privilégiées sont entrés dans les conseils d’administration des grandes écoles. Les récentes opérations de fundraising (levée de fonds auprès des entreprises) allaient toutes dans le même sens : renflouer les caisses de ces institutions centenaires dont les dépenses allaient croissant, tandis que les subventions versées par leurs tutelles, les chambres de commerce et d’industrie, stagnaient, voire se tarissaient.

Une relation de dépendance ?

Or, cette stratégie a ses limites. « Dans les opérations de fundraising, de plus en plus souvent, les entreprises sont en demande d’une contrepartie », constate ainsi Bernard Ramanantsoa, directeur général de HEC. La grande école de Jouy-en-Josas a ainsi déplacé la cible de ses levées de fonds, jusqu’alors principalement dirigées vers les entreprises, vers les individus... c’est-à-dire les anciens élèves. En 2008, 975 diplômés ont fait un don personnel à la fondation HEC, dont 40 « grands donateurs » qui ont offert des sommes allant de 500 000 à 5 millions d’euros. Les étudiants eux-mêmes sont sollicités avant leur sortie de l’école. Ils ont versé cette année 200 000 €, destinés à financer des bourses. Du mécénat pur, sans contrepartie. Mais un modèle qui sera sans doute difficile à suivre pour les ESC n’ayant pas le prestige de HEC.

Cliquez pour découvrir le classement des Ecoles de commerce masterisées sur leurs relations avec les entreprises.


Géraldine Dauvergne | Publié le