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Le palmarès interactif 2016 des villes où il fait bon étudier

Pierre Falga, Philippe Mandry
Publié le
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Le campus de l'université Joseph Fourier à Grenoble @service com UJF-Grenoble
Grenoble arrive en tête du palmarès des villes étudiantes version 2016. © Université Grenoble Alpes
TABLEAU INTERACTIF. Evolution du nombre d'étudiants sur dix ans, densité de l'offre de formation mais aussi dynamisme de l'emploi local, offre en matière de vie culturelle, de transports et de logements... Découvrez en un clin d'œil les forces et faiblesses des 43 villes étudiantes classées dans le palmarès 2016 de l'Etudiant-EducPros.

Pour sa dixième édition, le palmarès des villes l'Etudiant-EducPros a fait peau neuve, en se concentrant sur 15 indicateurs et en supprimant les coefficients de pondération de la version précédente.

Malgré ces changements, les choses bougent peu au sommet du palmarès : Grenoble l'emporte devant Rennes et Toulouse, deuxième ex æquo. Lyon et Nantes se partagent la quatrième place, juste devant Montpellier, Bordeaux, Paris et Strasbourg. Poitiers pointe en dixième position, première "grande ville" derrière neuf métropoles.

Ces dernières figurent d'ailleurs toutes dans la première moitié de notre classemen
t, signe de leur poids en termes de rayonnement universitaire, mais aussi des efforts qu'elles entreprennent pour améliorer la vie quotidienne des étudiants.

Deux nouvelles agglomérations intègrent notre enquête : Troyes et Mulhouse, qui ont dépassé le cap des 8.000 étudiants et viennent occuper respectivement la vingt et unième place ex æquo et la trente-cinquième place ex æquo sur 43 villes.

faire rester les jeunes diplômés

"Beaucoup de villes étudiantes font preuve d'une attractivité paradoxale, remarque François Cusin, sociologue à l'université Paris-Dauphine, dans un article paru dans "Mobilités résidentielles, territoires et politiques publiques", aux Presses universitaires du Septentrion, en 2014. Lorsque leur bassin d'emploi ne correspond pas aux formations qu'elles proposent, les jeunes diplômés partent sitôt leurs études finies. Dans ces villes, les diplômes délivrés sont de véritables passeports pour la mobilité. [...] C'est particulièrement le cas d'Angers, Amiens, Brest, Caen, Dijon, Nancy ou Reims, qui possèdent des soldes migratoires négatifs. Des métropoles comme Grenoble, Montpellier ou Rennes affichent également un nombre élevé d'étudiants qui deviennent cadres ailleurs. À la différence des villes spécialisées dans l'accueil des retraités, qui capitalisent leur attractivité au plan démographique, les villes étudiantes ne représentent pour beaucoup qu'une étape dans le parcours résidentiel."

Les villes étudiantes ne représentent pour beaucoup qu'une étape dans le parcours résidentiel.
(F. Cusin)

Pour les collectivités locales, toute la difficulté est là. Comment éviter que les étudiants s'en aillent une fois qu'ils sont diplômés ? Catherine Vautrin, l'ancienne ministre et présidente de l'Avuf (Association des villes universitaires de France), en est consciente. À Reims, ville dont elle est députée (Les Républicains) et présidente de la communauté d'agglomération Reims Métropole, elle entend "renforcer les liens entre l'université et le tissu économique qui l'entoure". Son but n'est autre que de retenir tous ces étudiants brillants qui passent à Reims quelques années avant de partir en région parisienne ou à l'étranger trouver un premier job.

Connaître ses étudiants

Quelles sont les véritables attentes des étudiants ? Consultant dans un bureau d'études spécialisé dans le développement territorial, Nova7, Geoffroy Bing a dirigé, pour le compte de Lyon Métropole, une étude éclairante sur la vie étudiante. "L'enjeu était double, explique-t-il. Les élus souhaitaient à la fois améliorer la qualité de vie des étudiants et renforcer l'attractivité de Lyon. L'étude nous a permis d'identifier des problèmes de transport vers certains campus et un gros point noir : les difficultés des étudiants à se loger."

Dans son étude, l'équipe de Nova7 a également sondé un panel de 25 étudiants lyonnais pendant six mois, les interrogeant sur leurs attentes et le ressenti de leur vie quotidienne dans la capitale des Gaules. "Les réponses à notre première question : "Qu'est-ce qui vous a motivé pour venir faire vos études à Lyon ?" furent assez claires, confie Geoffroy Bing. En tête, revenaient toujours "la qualité des formations et leur diversité".

Puis d'autres thèmes sont ressortis des réponses : "le coût de la vie (logement, transports, consommation courante)", "l'offre culturelle et sportive", "la vie nocturne", "la qualité de la desserte en transports en commun", "les aménagements en pistes cyclables", "l'accessibilité de la ville (liaisons aériennes et ferroviaires)" et "la proportion d'étudiants dans la ville", garantie d'une vie étudiante riche. Cette enquête nous a beaucoup aidés à mieux cerner leurs attentes", conclut Geoffroy Bing.

Allier innovation et qualité de vie

"Si les villes gagnantes de votre palmarès se distinguent, c'est parce qu'elles sont en train de se structurer autour d'une ambiance créative, faite de nouvelles pratiques (Blablacar, Airbnb, Uber, les réseaux sociaux...). Elles se construisent autour de l'art de vivre comme moteur de développement, et les étudiants y sont naturellement à l'aise", analyse le sociologue Jean Viard.

"Prenez deux exemples : à Nantes, sur les bords de Loire, il y a un employé municipal dont l'activité consiste à maintenir les braises chaudes sur des barbecues géants. Les jeunes et les familles viennent avec leurs saucisses ou leurs cuisses de poulet pour les faire griller. Et à Aix-en-Provence, la ville veut avancer la fermeture des bars à minuit et demi au lieu de 2 heures du matin pour préserver la tranquillité des riverains. Voilà deux symboles parlants d'approches très différentes..." Des approches avec lesquelles écoles et universités doivent composer pour attirer les étudiants.


Pierre Falga, Philippe Mandry | Publié le

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