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Alexandra Collin (doctorante) : “Le projet de loi manque d’ambition en ce qui concerne les jeunes chercheurs”

Propos recueillis par Camille Stromboni
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Alexandra Collin, doctorante en biologie à l’université Paris-Descartes (Institut Cochin), membre de la CJC (Confédération des jeunes chercheurs), aurait aimé une représentation plus forte des jeunes chercheurs dans les universités.

Alexandra Collin - doctorant Paris Descartes - Confédération des jeunes chercheurs“Dans l’état actuel du texte, il y a un certain nombre d’oublis importants, mais j’ai bon espoir avec les discussions en cours avec le ministère, qui semble conscient de nos problématiques.

Tout d’abord, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose dans le texte sur le doctorat et les jeunes chercheurs. Il manque clairement d’ambition à ce sujet, c’est plutôt décevant.

Sur la question de la représentation dans les universités des doctorants et postdoctorants, il n’y a aucune avancée dans le projet. Nous souhaitons la création d’un collège des jeunes chercheurs dans les instances universitaires, ou en tout cas une représentation plus forte, car nous faisons nous aussi vivre l’université, avec des problématiques différentes de celles des étudiants, et pourtant, nous manquons d’espaces de parole.

Ensuite, la lutte contre la précarité constitue l’une de nos priorités. Le sujet est oublié par la loi, alors qu’il est fortement remonté des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans le domaine de la recherche, nous avons un gros problème, surtout pour les postdocs, qui enchaînent les CDD pendant des années. C’est une dérive du système.

La lutte contre la précarité constitue l’une de nos priorités

Côté doctorants, une partie d’entre nous n’a pas de contrat de travail pour financer ses recherches, alors que le doctorat est une activité professionnelle. Nous participons à la production de la recherche. Bien que cette situation ne puisse être améliorée d’un seul coup, nous aurions souhaité que des évolutions soient initiées pour que le doctorat soit conditionné à un contrat de travail.

La reconnaissance du doctorat dans la haute fonction publique constitue, elle, un point positif, mais il faut insister plus fortement sur le caractère professionnel du doctorat, afin d’en changer l’approche, également dans les entreprises.

Enfin, en tant qu’ancienne étudiante de licence, je trouve que l’ouverture de la licence de manière plus généraliste et pluridisciplinaire serait une très bonne chose. Au cours d’une année d’échange, j’ai vu comment fonctionne l’‘Undergraduate’ aux États-Unis, avec des majeures et des mineures, et la possibilité de faire – en théorie – par exemple biologie-histoire. Je pense qu’à 18 ans, on n’a pas souvent une idée très claire de ce qu’on veut faire, la licence pourrait être une étape pour faire son choix. Ce serait une approche réaliste. Je pense que c’est le master qui forme vraiment à la discipline choisie, donc ce ne serait pas gênant.”


Propos recueillis par Camille Stromboni | Publié le

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