Catherine Bats-Lapeyre (responsable SUIO) : “Il faudrait aller plus loin dans la lisibilité de l'offre de formation”

Propos recueillis par Camille Stromboni
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Pour Catherine Bats-Lapeyre, responsable du SUIO de l'université Bordeaux Segalen (Bordeaux 2), il n’y a pas de révolution sur les questions d’orientation et d’insertion professionnelle dans la loi ESR.

Catherine Bats Lapeyre - université Bordeaux Segalen (Bordeaux 2)“Sur les questions d’orientation et d’insertion professionnelle, je ne vois pas trop de changements importants, plutôt des évolutions, qui vont souvent dans le bon sens. La loi essaie de bien replacer les choses dans un continuum -3/+3. Elle prévoit des améliorations sur le fléchage des bacheliers dans les formations adaptées, avec la mesure sur les bacs professionnels et technologiques prioritaires en BTS et DUT.

Le rapprochement des universités avec les prépas me semble aussi une bonne chose. Il faut que les étudiants de prépa soient initiés le plus tôt possible à la dimension ‘recherche’. Enfin, l’ouverture des expérimentations en santé, avec la diversification possible des voies d’accès, est positive.

Par contre, il faudrait aller plus loin dans la lisibilité de l’offre de formation. C’est ce que je ressens par rapport aux étudiants et futurs étudiants : un vrai besoin de simplification. Pour le moment, il n’y a rien de clair dans la loi.

Il faut donner aux étudiants la possibilité de changer de voie en cours de route

Il faudrait aussi faciliter la diversification des parcours, en développant les passerelles avec plus de souplesse. Il faut donner aux étudiants la possibilité de changer de voie en cours de route, en utilisant la validation des crédits de façon optimale. L’offre de formation reste souvent conçue du point de vue de l’institution et pas assez du point de vue de l’étudiant.

Tout cela nécessite un accompagnement personnalisé accru auprès des étudiants, donc des ressources humaines (chargés d’orientation et d’insertion professionnelle, conseillers d’orientation...). L’orientation ne peut se réduire à une gestion de flux (de bacheliers, d'étudiants), elle compte une dimension humaine et personnelle importante, avec l’histoire et le parcours unique de chaque individu.

Enfin, sur l’insertion professionnelle des diplômés, il y a eu des avancées avec la loi LRU en 2007, et la mise en place des BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle), mais il faut toujours plus favoriser la transparence et la publication d’informations. On sent l’inquiétude des parents, il faut disposer des informations les plus fiables et transparentes possibles.”


Propos recueillis par Camille Stromboni | Publié le