Hugo Touzet (vice-président étudiant) : “Avec le cadrage national des diplômes, leur valeur sera la même entre toutes les facs”

Propos recueillis par Camille Stromboni
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Hugo Touzet, étudiant en licence 3 de philosophie-sociologie, vice-président étudiant de l’université Paris 4 (élu Unef), attend davantage d’éléments concrets pour trancher, notamment sur la nouvelle licence.

Hugo Touzet - université Paris Sorbonne Paris 4“Le problème, avec cette loi, c'est qu’il est difficile de se positionner, car nous avons peu d’éléments concrets. Par exemple sur la nouvelle licence. Je trouve que l’idée est bonne sur le principe. Après, tout dépend de la mise en pratique.

Il est urgent d’assurer une vraie lisibilité entre le nombre incalculable d’intitulés de diplôme qui existe. L’idée de rendre la licence plus généraliste et pluridisciplinaire, c’est bien, parce que, en sortant du lycée, il faut tout de suite choisir une discipline et renoncer à toutes les autres. Une spécialisation progressive permettra de limiter les erreurs d’orientation. Mais il ne faut pas faire non plus un lycée ‘bis’, avec un peu de tout.

Il y a d’autres points positifs, comme le cadrage national des diplômes. S’il est réel, cela changera les choses car la valeur des diplômes sera désormais la même entre toutes les facs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, puisque les universités peuvent mettre ce qu’elles souhaitent dans un diplôme, avec les moyens qu’elles veulent.

Après, la loi ne va pas au bout, car je pense qu’il faudrait flécher aussi les moyens nécessaires à chaque type de diplôme. Quant à l’autonomie financière des universités, il faut revenir dessus, il suffit de regarder la situation d’asphyxie des établissements.

La loi ne va pas au bout. Il faudrait flécher les moyens nécessaires à chaque type de diplôme


Sur la gouvernance des universités, je suis opposé à un conseil académique réunissant conseil scientifique et CEVU parce que ça me paraît ingérable. Le renforcement du rôle donné aux personnalités extérieures ne me convient pas non plus, car cela va à rebours de la place plus importante qui devrait être assurée aux étudiants et personnels dans les conseils. Je suis en revanche favorable au fait que le CEVU devienne décisionnel sur les questions des modalités de contrôle des connaissances.

Enfin, la création des communautés d’universités me paraît une bonne alternative. Jusqu’ici, avec les PRES, si on voulait approfondir les coopérations, on tendait forcément à la fusion, avec souvent le statut de grand établissement, comme en Lorraine. La communauté constitue une autre solution. Il faut tout de même faire attention à ce que cela ne se fasse pas au détriment des universités de proximité.”


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