Vincent Jolys (DGS) : “Nous aurions besoin d'un minimum de perspectives financières”

Propos recueillis par Camille Stromboni
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Vincent Jolys, DGS (directeur général des services) de l’université de Limoges, met en avant les besoins en termes de moyens et de simplification dans la gestion des personnels.

Vincent Jolys - DGS université de Limoges“Sur ce texte, j’ai des interrogations plus qu’une opinion bien arrêtée. Concernant la nouvelle gouvernance de l’université tout d’abord, je ne vois pas trop ce que ça peut apporter. La mise en place d’un conseil académique, avec la notion de contre-pouvoir... L’université me semble pourtant refléter l’expression de l’ensemble de ses membres.

Remettre sur le tapis le fonctionnement interne de l’université, sans gains évidents, alors que nous en sommes encore à faire les derniers ajustements des nombreuses évolutions récentes, cela risque de consommer du temps et des moyens. Les priorités ne sont pas là.

Est-ce le moment de lancer ces chantiers institutionnels alors que notre préoccupation est de tenter de calibrer notre activité en fonction des moyens que nous avons ? Le projet ne dit rien sur les moyens. Nous aurions plutôt besoin de stabilité, et d’un minimum de perspectives financières, même si elles ne sont pas réjouissantes.

Remettre sur le tapis le fonctionnement interne de l’université alors que nous en sommes encore à faire des ajustements risque de consommer du temps et des moyens. Les priorités ne sont pas là

Le texte institutionnalise également des pratiques qui existent déjà... Pourquoi pas ? Nos doyens et directeurs de composantes sont déjà associés via un ‘bureau élargi’, même chose sur les réunions mixtes conseil scientifique et CEVU, pour le profilage de poste ou la gestion de carrière.

Nous aurions en revanche besoin de simplifications sur la gestion des personnels, ce qui doit être trop trivial pour la loi, mais me semble urgent. Sur les personnels BIATSS par exemple, il faut diminuer les rigidités de gestion des corps. Nous avons de plus en plus besoin d’experts dans nos universités autonomes, et penser avec ces corps qu’un personnel est interchangeable d’un service à l’autre, juste sur la base d’un concours administratif, ce n’est plus possible.

Concernant l’accréditation et l’évaluation des formations à venir, cela me semble intéressant, les procédures actuelles n’étant pas forcément efficaces. Il reste néanmoins une grande inconnue : comment vont s’articuler ces procédures d’accréditation, de cadrage national des diplômes, d’évaluation des formations ? Il ne faudrait pas brider totalement la créativité et la souplesse des universités.

Enfin, sur les communautés d’universités, la loi ne va pas assez loin. Nous sommes à Limoges dans une double logique, avec un PRES interrégional (avec Poitiers et La Rochelle) et une collaboration des établissements de notre région, le Limousin (écoles d’ingénieurs publiques, école d’informatique privée, BTS, prépas). Comment va-t-on articuler ces deux politiques ? Qu’apporte de plus la communauté par rapport au PRES, qui s’occupe, pour l’instant, principalement du doctorat ? Ce n’est pas évident...

Nous aurions plutôt besoin de solutions pour rapprocher notre école d’ingénieurs interne d’autres écoles, et pour l’intégrer aux réseaux des INSA ou des INP, par exemple. Ou encore pour développer une classe prépa intégrée. Là-dessus, aucune solution nouvelle.”


Propos recueillis par Camille Stromboni | Publié le