Le RNCP, un label devenu incontournable

Dossier réalisé par Sophie de Tarlé
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Créé en 2002, le RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) connaît un succès grandissant. En 2013, 427 demandes d’enregistrement ont été traitées dans l’année (contre 331 en 2010).

Le site du RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) est devenu, en quelques années, le site de référence pour les titres et les diplômes. La progression a continué en 2013 avec des pics de plus de 9.000 visites quotidiennes. Les questions affluent sur le site avec en moyenne 40,6 questions par semaine (en augmentation de 14 % par rapport à l’année 2012). Voici quelques clefs pour comprendre les enjeux autour de ce répertoire.

Qu’est-ce que le RNCP ?

Sous tutelle du ministère en charge de la formation professionnelle, le Répertoire national des certifications professionnelles contient les fiches descriptives de chaque certification ayant valeur nationale accessible par la voie de la formation initiale ou continue ou par la VAE (validation des acquis de l’expérience). Il a été créé dans la continuité de la commission technique d’homologation.

Chaque fiche précise les éléments de compétences acquises après la formation, l’emploi occupé, le secteur d’activité et les modalités d’accès à la formation. Le RNCP ne comporte que des certifications à visée directement professionnelles, et ne prend donc pas en compte des diplômes généraux (bac général, brevet).

Les diplômes et titres sont classés par domaine d’activité et par niveau. Le niveau III correspond au bac+2, le niveau II au bac+3/4, le niveau I au bac+5. La durée des études peut être courte, mais jamais inférieure à trois mois. Quant à l’enregistrement, il n’est pas éternel, mais peut être décidé pour cinq ans (la majorité des cas en 2013), parfois quatre ou trois ans, mais aussi deux et même un an. 

Qui est concerné ?

Fin 2013, le répertoire comptait 9.041 fiches, dont 5.794 certifications de droit et 3.247 certifications enregistrées sur demande. Quelle est la différence ? Les établissements dont les diplômes sont délivrés par l’État ou au nom de l'État ainsi que les titres d’ingénieur sont inscrits de droit au RNCP et peuvent bénéficier d’une démarche simplifiée.

Parmi les titres certifiés de droit, l’origine est très variée : on compte 235 diplômes issus de formations sous tutelle du ministère de l’Agriculture, 12 de la DGAS (Direction générale de l’action sociale), 3.793 de l’enseignement supérieur, 746  de l’Éducation nationale, 409 de l’emploi, 150 de la jeunesse et des sports, 8 dans la santé et 441 titres d’ingénieur.

Quel est l’intérêt de l’inscription au répertoire ?

Pour un établissement, l’inscription au RNCP comporte plusieurs avantages. Intérêt numéro un : proposer un diplôme dont la valeur est reconnue par l’État. Et pour une formation qui n’a rien d’autre à faire valoir, comme les écoles d’art notamment, c’est un atout concurrentiel non négligeable.

"Cela nous a permis de remplacer le BTS par un titre certifié, explique Dominique Savard, directrice de l’atelier Chardon Savard, une école de mode. Le titre certifié nous permet de garder notre liberté pédagogique, car le nouveau BTS accordait peu de place à l’enseignement technique et au modélisme en particulier, ce qui pour nous semblait indispensable", ajoute-t-elle. Et les titres RNCP commencent à intéresser les familles. "Quoi qu’on en dise, dès qu’une école affiche un niveau de certification, c’est un avantage concurrentiel par rapport à une autre qui n’en possède pas", note Marie-Luce Raigneau, du cabinet MLR Consultants. 

"En plus de rassurer les familles, cette reconnaissance par l’Etat a une grande importance à l’international, pour les étudiants asiatiques en particulier qui, du coup, restent plus longtemps dans l’école. Cela facilite aussi les partenariats avec les établissements étrangers", estime pour sa part Laurent Baley, directeur du développement de Creapole qui a obtenu le niveau 1 en designer industriel fin 2013.

Un titre RNCP est un avantage concurrentiel pour une école (M.-L.Raigneau)

Autre atout : l’enregistrement au répertoire offre la possibilité d’ouvrir ses diplômes à la formation professionnelle via le Fongecif par exemple, ainsi qu’à l’apprentissage et aux contrats de professionnalisation. "Les régions privilégient la plupart du temps les formations certifiées lors des appels d’offre", indique George Asseraf, président de la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle). L’enregistrement au RNCP est un préalable indispensable pour proposer son diplôme à la VAE (validation des acquis d’expérience). Ce qui signifie des sources de revenus potentielles pour les établissements. Et de plus en plus d'organismes acceptent de financer une formation, uniquement si celle-ci est certifiée.

Enfin, "à l’heure des faux diplômes, cette certification permet d’offrir une vitrine officielle de l’offre de formation française", précise le président de la CNCP. Les fiches commencent d'ailleurs à être traduites en anglais.

Pour les universités dont les diplômes nationaux sont inscrits, cette tâche jugée fastidieuse n’est pourtant pas dénuée d’intérêt. L'enjeu est de rendre intelligible la description des diplômes pour le public et les partenaires socio-économiques des universités.
"Cela permet de mettre en valeur nos diplômes universitaires, notamment auprès des employeurs potentiels et d’aider ainsi à l'insertion professionnelle de nos diplômés. La fiche RNCP constitue un outil de communication pour nos partenaires socio-économiques", relève Jean-Marc Meunier, chargé de mission Formations et numérique à l'université Paris 8-Saint-Denis (93).

Un titre certifié permet-il une équivalence de droit vers un titre supérieur ?

Cependant, et c’est le gros problème des titres RNCP, il n’existe pas d’équivalence de droit entre deux titres certifiés. Ainsi, un étudiant titulaire d’un titre certifié niveau III ne peut pas intégrer directement un diplôme certifié de niveau II, même dans le même domaine d’activité.

Il n’existe pas non plus d’équivalence de droit pour intégrer une formation universitaire, contrairement à ce qu'avancent beaucoup de directeurs d'écoles privées.  Dès lors, comme l'explique Georges Asseraf, "les demandes se font au cas par cas".


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Vos commentaires (42)

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Mi.

Toute cette multiplication à l'infini de simples titres certifiés qui rend illisible le système de formation (illisibilité savamment entretenue par des patrons globalement médiocres qui valorisent ce genre de "sous diplomes" monnayés et monayables et leur multiplication, mais aussi par l'Etat) et dévalorise par la même l'excellence non liée à l'origine mais à l'effort et à l'assimilation de réels savoirs...est assez commode dans une société du tous diplômés où le moindre crétin sans fondement ni intellectuel ni culturel de base, en ayant suivi une formation "flash" d'une poignée d'heures dans un petit centre de formation au nom à coucher dehors va pouvoir s'octroyer le droit d'usurper sur son cv un grade universitaire parce qu'ayant confondu prétendu niveau de sortie et grade de référence de l'enseignement sup'. Exit l'ambition initiale de l'enseignement Supérieur de former des individus faisant preuve de réflexion et ayant des savoirs parallèles à des savoirs faire operationnels... il faut former des individus médiocres qui posséderont le strict nécessaire opérationnel répondant à un simple "métier", nécessaire operationnel attendu normalement d'un grade universitaire sans toutefois le contenu ni intellectuel ni pédagogique... En somme une simple certification rncp c'est un peu comme si on formait des pseudo infirmières (infirmières qui ont depuis 2009 un diplôme d'État grade licence) à n'enchaîner que des piquouzes sans esprit clinique et dépourvues de tout savoir hérité des sciences et sciences humaines leur permettant d'avoir des compétences cliniques et des savoirs intellectuels leur permettant d'analyser leur pratique et la relation soignant/soigné. En somme heureusement cette dernière profession est encore réglementé et donc protégé... bien que avec l'évolution de la médiocrité ambiante et la baisse du niveau d'exigence, je ne suis pas certain qu'un jour il n'existe pas un ou plusieurs simples titres certifiés rncp genre "agent responsable technique en milieu de santé", "gestionnaire de soins et d'équipe d'auxiliaires de soins"... tout est possible l'État a d'ailleurs essayé de nous pondre il y a déjà qq temps un "exercice partiel" de la profession d'infirmière pour des personnes qui détiendraient le strict minimum.

Mi.

Sans compter que ces simples titres ou certifications rncp parfois aux intitulés aguicheurs mais toujours au contenu pauvre sont de la poudre au yeux et des sortes d'erzats envoyés à ceux qui s'y intéressent leur laissant penser que moyennant un moindre effort il peuvent parvenir à l'excellence. Erzats d'excellence de surcroît limité dans le temps et dans l'espace!

DROIT.

Bonjour, Les titres RNCP n' ont aucune valeur par rapport à un diplôme CAP-BAC-UNIVERSITAIRE. Bien souvent, ils sont très médiocre et ne correspondent pas à la réalité du niveau présenté mais seulement à un intérêt économique ( une formation titre RNCP avec un coût de 3000 E niveau II ne vaut pas dans son fond et sa forme une Licence) C'est juste un moyen détourné pour se présenter à des postes de direction pour un concours dans la fonction publique. A choisir, je préfère aller dans une université et galérer pour obtenir un vrai diplôme. N'oublions pas que les diplômes universitaires sont le BAC ou DAEU, la CAPACITE en DROIT, la LICENCE et le DOCTORAT. Le MASTER est un diplôme crée pour répondre aux dispositifs LMD. En effet, dans les autres pays de l' UE, les diplômes universitaires sont le BAC-LICENCE-DOCTORAT.

EducPros.

Bonjour Mare Nicea, nous vous conseillons de vous rapprocher de la CNCP : http://www.cncp.gouv.fr/ Bonne journée :)

Mare Nicea.

Bonjour, centre de formation sur le port de Nice, je souhaiterais dispenser une formation inscrite au RNCP, et délivrer le titre. Pourriez-vous m'indiquer la démarche svp? Cordialement

TESCHER.

Bonjour, je suis un centre de formation, je souhaite enseigner les formations inscrit au RNCP et délivrer les titres, qu'elle est la démarche à entreprendre. Merci cordialement

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