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Les écoles de commerce s'attaquent au "syndrome postprépa"

Cécile Peltier
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Dès la rentrée de première année, les étudiants d'Audencia sont invités à se projeter dans le monde du travail en explorant des sujets soumis par de grands groupes.
Dès la rentrée de première année, les étudiants d'Audencia sont invités à se projeter dans le monde du travail en explorant des sujets soumis par de grands groupes. // ©  Audencia BS
Après deux ans de labeur intense et de jus de crâne, une partie des élèves de classe préparatoire sont déstabilisés en arrivant en école de commerce. Un "blues" bien connu des business schools, qui, depuis quelques années, multiplient les efforts pour amortir le choc.

Dès la rentrée, la directrice du programme grande école de TBS (Toulouse Business School), Isabelle Assassi, prévient les sortants de prépa. Ils risquent de ressentir un "blues" lorsqu'ils vont commencer leur formation, en première année d'école de commerce. 

Ce mal bien connu a été théorisé depuis des années. Dans aucune école les préparationnaires n'y échappent, et même dans les meilleures. Le profil des étudiants déboussolés ? "De bons élèves qui ont adoré la prépa, ont eu le sentiment de s'y épanouir et sont surpris par ce qu'ils apprennent à l'école", détaille Isabelle Assassi.

Un changement d'univers déstabilisant

Il faut dire que, avec ses promos de plusieurs centaines d'élèves, ses cours techniques consacrés aux fondamentaux de la gestion et ses longues plages horaires réservées aux travaux de groupes ou aux projets associatifs, l'école de management représente un changement brutal d'univers. "En école, il n'y a pas de khôles le samedi matin, moins de devoirs sur table, un peu moins de lectures. Certains disent : 'On avait besoin de se rassurer par la quantité de contenus'", confie Anne-Sophie Courtier, professeur de droit à Neoma.

"Pour ces élèves qui ont été chouchoutés en prépa, l'arrivée dans un système où il y a beaucoup de liberté et l'obligation de faire des choix est un peu déstabilisante", complète Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de GEM (Grenoble école de management). Conscientes du phénomène, les grandes écoles tentent depuis une dizaine d'années d'amortir le choc.

Entre doubles cursus et histoire du rock

Premier antidote : proposer à ceux qui le souhaitent des lectures ou des exercices supplémentaires. "Tous les professeurs ont été sensibilisés à la question", assure Anne-Sophie Courtier.

Deuxième antidote : mettre en place des doubles cursus. Droit, histoire de l'art, philosophie, science politique, langues étrangères, maths... : la plupart des écoles offrent aux élèves en quête de "nourriture intellectuelle" la possibilité de suivre, en parallèle du cursus, des enseignements ou des programmes d'autres établissements, dans le cadre de parcours aménagés. Cette formule exigeante rencontre son petit succès auprès d'une partie des étudiants, même si certains ont la tentation d'arrêter quand l'activité bat son plein plus tard dans l'année. "Nous offrons 18 places et, chaque année, elles sont pourvues. La majorité des étudiants vont jusqu'au bout", assure Isabelle Assassi.

Pour ces élèves qui ont été chouchoutés en prépa, l'arrivée dans un système où il y a beaucoup de liberté et l'obligation de faire des choix est un peu déstabilisante.
(J.-F. Fiorina)

Audencia, qui a fait du sujet l'une de ses spécialités dans le cadre de l'alliance Centrale Audencia Ensa, offre à ses élèves pas moins de cinq parcours de ce type – sciences de l'ingénieur, droit, lettres, beaux-arts et architecture – à raison d'une journée par semaine chez l'institution sœur. "La première année est un test et, si les conditions sont remplies des deux côtés, les élèves peuvent poursuivre le dispositif, quitte à mettre leur cursus chez nous entre parenthèses pendant deux ou trois ans s'ils souhaitent décrocher un autre diplôme", signale Nicolas Arnaud, directeur adjoint du programme grande école de l'établissement nantais. Autant d'occasions de capitaliser sur son expérience passée ou d'ajouter une corde à son arc, à l'heure où la double compétence est très prisée des entreprises.

Autre solution : miser sur les cours électifs. Pour faire passer la pilule de la comptabilité et préparer les étudiants à la "complexité du monde", de nombreuses écoles ont introduit des enseignements optionnels transversaux de culture générale. À Audencia, les élèves de première année ont le choix entre les doubles cursus, les parcours géographiques (Asie management, Afrique...) ou ces fameux électifs, à raison de deux par semestre : histoire du rock, connaissance du marché de l'art, philosophie des religions ou encore transhumanisme… le catalogue comprend une petite vingtaine de thématiques.

Initiation à la pédagogie par projet

Mais, au-delà des matières enseignées, les nouveaux étudiants vivent aussi un choc d'ordre pédagogique. Pour les aider à l'encaisser, l'EM Lyon a imaginé, il y a un peu plus de cinq ans, le programme "RECAPSS" ("Recherches appliquées en sciences sociales"). À peine arrivés, les petits nouveaux doivent réaliser par groupes un travail de recherche sur un thème imposé : la sociologie de l'argent, les rapports des religions au marché, etc.

Encadré par un enseignant-chercheur, cet exercice débouche sur un mémoire, sanctionné par une évaluation et un prix. Objectif de ce programme ? "Faire passer les jeunes du statut d'élève à celui d'étudiant, mais aussi les inciter à développer un regard critique, décrypte Dominique Le Meur, directrice du programme grande école, Avant, le savoir leur était donné. Désormais, ils doivent aller le chercher, l'analyser, quitte à mener des études de terrain pour au final se forger leur propre vision." C'est aussi l'occasion de s'initier au travail de groupe, au cœur de la pédagogie des business schools.

En l'absence d'expérience professionnelle, ils ont parfois tendance à ne pas voir l'utilité de certains enseignements.
(E. Peyrache)

Par ailleurs, les établissements ont parsemé la première année de séminaires de créativité, start-up week-ends ou autres missions en entreprise. Un moyen d'aider les étudiants à faire le lien entre les concepts abordés en cours et la réalité de l'entreprise : "En l'absence d'expérience professionnelle, ils ont parfois tendance à ne pas voir l'utilité de certains enseignements", reconnaît Eloïc Peyrache, directeur associé d'HEC. En réponse, l'école a décidé de les confronter, dès le début de la scolarité, à des "expériences de terrain fortes" : voyages à l'étranger, travail avec des entrepreneurs sociaux, etc.

Mieux informer les profs de prépa

D'avis d'enseignants et de directeurs, ce cocktail vient progressivement atténuer le "syndrome postprépa" : "En général, au début du second semestre, les élèves qui avaient des inquiétudes commencent à prendre leurs marques et à s'épanouir", assure Nicolas Arnaud, d'Audencia. "Et en deuxième année, à quelques exceptions près [d'orientation notamment], même les plus rétifs à la culture dominante de l'école de commerce ont trouvé l'association ou l'ami(e) refuge", poursuit Isabelle Assassi.

Reste que pour certains étudiants le choc continue d'être difficile à encaisser. Une persistance qui serait liée "à la méconnaissance de certains professeurs de prépa sur le contenu de la première année", déplore la directrice du programme grande école de TBS. "Il y aurait un gros travail d'information à faire auprès d'eux, mais malheureusement nous manquons de temps...", regrette-t-elle. À Neoma, Anne-Sophie Courtier a amorcé un dialogue en ce sens. À suivre.


Cécile Peltier | Publié le

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Bergès Michel.

Quelle honte d'humilier ainsi de façon superfétatoire l'Université dans son ensemble ! MB

gibertie.

CLASSEMENT DES ECOLES DE COMMERCE : QUEL EST LE PLUS IDIOT ? Les classements des écoles de commerce se suivent et se ressemblent, d’une année sur l’autre ils poursuivent leur œuvre de désinformation. Ils n’osent critiquer les parisiennes par peur du ridicule mais en dessous ils font n’importe quoi. Le plus grave, ils passent sous silence la situation de l’emploi au terme d’études particulièrement coûteuses ; Les critères sont le plus souvent fantaisistes et les données fausses La bonne école selon la presse spécialisée Les classements des écoles de commerce sont apparus en 1988 avec John Byrne de Business Week. L’inventeur avoue avoir engendré des monstres : LeClair: : It sounds like it was pretty innovative and influential back in the early days. Why do you call it a monster now? Byrne: It’s a monster because everyone has decided to rank schools. There is no perfect way to really rank business schools or any schools. What you have is a lot of imperfect and flawed methodologies. Some of them are frankly journalistically mindless, where people are measuring things that have nothing to do with quality and may even have to do with political correctness.Yeah, I think I created the monster back in 1988 when I put together the first Business Week ranking of business schools. It’s a monster because most of the methodologies are flawed. They’re imperfect. They’re even intellectually dishonest. Byrne l’a avoué, la plupart des écoles mentent et les classements sont des monstres qu’il faudrait supprimer. Les recruteurs le savent, pas les étudiants qui sont délibérément trompés. Le brouillard épais des critères utilisés par la presse pour classer les écoles Dans le monde économique les rankings sont une bonne chose, à la condition de reposer sur une méthodologie claire, des critères vérifiables PAR TOUS. La presse spécialisée opte pour des critères non vérifiables, pas de banque ressource pour accéder aux données, parfois la méthodologie n’est pas explicitée. Le lecteur doit donc faire confiance et la presse, elle-même faute de disposer des moyens du Financial Times, ne peut vérifier les informations données par le service com des écoles. Il y a quelque chose d’effrayant à constater les erreurs dans la lecture d’informations simples comme les accréditations. Les critères de sélection ci-dessous sont tous utilisés, nous nous interrogerons sur leurs limites. Moyenne au bac des intégrés Note sur 20 calculée à partir de la répartition des mentions obtenues au bac par les admis en 1re année des écoles à bac ou en 1re année du cycle grande école pour les autres en 2015. Mesure le niveau moyen des élèves admis ayant choisi d’intégrer l’école. Intérêt douteux de prendre compte les notes du bac pour des étudiants qui ont fait au moins deux ans de prépa avant d’intégrer l’école. Il n’y a pas grand-chose de commun entre le niveau d’entrée et le niveau de sortie de la CPGE. Encore faudrait-il que l’octroi des points pour ce critère soit cohérent… Grenoble, Toulouse, Skema et Neoma recrutent des étudiants qui ont entre 15 et 16 de moyenne. Les deux premières obtiennent 3 points comme HEC (17,6 de moyenne), les deux autres en ont seulement deux comme des écoles recrutant à 13 de moyenne. Quelle est la cohérence ? Pourquoi ne pas partir du nombre de points correspondant à une mention et mettre ensemble les écoles recrutant de 14 à 16 Implication dans la recherche d’excellence Nombre d’articles publiés par les professeurs de l’école sur 3 ans dans les publications CNRS et FNEGE (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises) de catégories 1*, 1e, 1g, 1eg et 1. Cet indicateur mesure l’implication des écoles dans la recherche d’excellence. Un enseignant chercheur sera-t-il pour autant un bon pédagogue ? Ce critère traduit le tropisme de la fac de luxe … Une école qui préfère se tourner vers des professionnels compétents mais publiant peu sera mal notée Problème, les informations des écoles sont-elles vérifiées ? Les classements n’ont rien à voir avec ce que les écoles déclarent à la commission des titres. Nous le constaterons plus loin. Durée du grade de master En années, durée d’attribution du grade de master (au maximum 6 ans. Depuis 2015, la durée maximale est portée à 5 ans). Plus la durée est longue, plus l’école présente des garanties aux yeux du ministère. On ne peut comparer que ce qui est comparable, les écoles notées en 2015 seront pénalisées par rapport à celles qui ont eu auparavant une durée de 6 ans. Pénalisées également les écoles ayant connu une fusion récente et à ce titre limitées à une durée plus courte. Participants aux forums-entreprise Nombre d’entreprises de plus de 1.000 salariés présents sur les forums recrutement de l’école en 2014-2015. Montre l’aptitude de l’école à mobiliser les grandes entreprises lors de ces manifestations où elles viennent se présenter aux futurs diplômés. Nous ne prenons en compte qu’une seule fois une entreprise présente sur plusieurs forums de l’école, tous campus confondus. Etrange… Une école réussissant à établir des relations étroites avec une entreprise et amenant cette dernière à être présente plusieurs fois dans ses locaux, ne sera pas valorisée. On aurait aimé que la participation des entreprises à l’enseignement, l’existence de chaires, de parrainages soient pris en compte Participants aux forums-entreprises (PME) Nombre d’entreprises de moins de 1.000 salariés présentes sur les forums recrutement de l’école en 2014-2015. Montre l’aptitude des écoles à mobiliser leur réseau de PME lors de ces manifestations où elles viennent se présenter aux futurs diplômés. Nous ne prenons en compte qu’une seule fois une entreprise présente sur plusieurs forums de l’école, tous campus confondus. L’Etudiant note les écoles sur le pourcentage des jeunes diplômés qui créent une entreprise à la sortie de l’école. Le pourcentage est faible quelle que soit l’école. Qu’importe, une école à 6% aura 3 points (Montpellier) et une école à 4%, un seul point (Lyon, Neoma). L’Etudiant note les écoles sur le nombre de grandes entreprises participant aux forums. Bon critère, mais pourquoi un tel décalage entre les renseignements du magazine et ce que nous apprenons sur les sites des écoles ? Les écoles indiquent sur leurs plaquettes les entreprises visiteuses et nous retrouvons partout les mêmes, sans doute pas de quoi établir un classement. La liste des partenaires est publiée plus loin. Il y a cohérence entre ces informations pour plusieurs écoles : Audencia, Neoma, les trois parisiennes. D’autres laissent dubitatifs, l’ESC Montpellier ou Strasbourg reçoivent selon l’Etudiant 50% d’entreprises de plus de 1000 salariés que Hec… Impossible de confirmer avec les informations des sites. C’est sans doute vrai puisque c’est imprimé mais je suis surpris. Mieux, HEC, l’ESSEC ou l’Escp reçoivent à peu près le même nombre d’entreprises que Audencia ou Neoma, à savoir 80/90 mais une barre astucieusement placée permet d’accorder aux parisiennes les fameux trois points (comme à Montpellier pour plus de 140 entreprises), contre seulement deux aux autres. Ouf le classement est sauvé du ridicule ….. Sauf que le nombre d’entreprises présentes ne correspond pas à celui annoncé sur les sites des écoles. sup_de_cons_texte_au_15032017_page_42.jpg_-_visionneuse_de_photos_windows Part des étrangers sur le campus Pourcentage d’étudiants étrangers présents sur le(s) campus de l’école en 2014-2015, tous programmes confondus. Montre l’internationalisation sur le(s) campus français de l’école. Le critère est-il suffisant ? Plusieurs scandales ont prouvé combien il était facile d’importer des étudiants chinois pour se faire de l’argent et bien progresser dans les classements Proportion de double-diplômés Pourcentage de diplômés 2014 ayant reçu le diplôme d’un partenaire académique. Le critère le plus contestable si le double diplôme ne traduit pas une double compétence. Une école incapable d’assurer la formation au DSCG la sous-traite à une université partenaire, l’étudiant sera un double diplômé. De l’enfumage. Moyenne des notes de satisfaction des promos 2011 et 2014. Les diplômés pouvaient noter le critère sur une échelle de 1 (« Pas du tout satisfait ») à 5 (« Entièrement satisfait »). Sondage effectué durant l’été 2015 par l’ENSAI junior Consultant (la Junior-Entreprise de l’École nationale de la statistique et de l’analyse de l’information). Les données suivies d’une astérisque (*) proviennent de l’enquête 2013. J’ai besoin de comprendre pourquoi la barre nécessaire pour obtenir 3 points en satisfaction générale est de 4,2 et non de 4 ? Neoma avec 4,1 n’obtient que 2 points. Pourquoi la même barre est-elle de 4 pour la satisfaction des professeurs et pas 4,2 ? Pour sauver Hec des deux points infamants et ne pas décrédibiliser le classement Les classements privilégient l’étudiant consommateur roi. Pourquoi pas mais plusieurs remarques Dans quelles conditions l’enquête s’effectue-t-elle ? Qui fournit les coordonnées des étudiants ? L’école les contacte-t-elle ? Pourquoi ne pas avoir posé les mêmes questions aux recruteurs ? Etudiants par professeur de gestion: effectif du PGE divisé par le nombre d’enseignants de gestion permanents selon la définition de la CEFDG, soit travaillant au minimum 4 jours par semaine en CDI et dont l’établissement est l’employeur exclusif. Le modèle c’est l’université, pourquoi uniquement les permanents ? Une école qui fait appel à des professionnels de haut niveau venus de l’entreprise est pénalisée… Anciens élèves figurant dans le Who’s Who constaté dans l’édition 2014. Pourquoi pas ceux qui ont une particule… Proportion des diplômés de la promotion 2014 possédant un double diplôme avec une autre institution française. Qu’apporte un diplôme de gestion s’ajoutant à un diplôme de gestion ? Rien. Ce critère valorise les écoles qui sous traitent une partie de la formation à l’université voisine et pénalise les écoles qui prennent en charge la formation. La prime aux plus mauvais. Pour avoir un sens ce critère devrait être réservé aux doubles diplômes traduisant une double compétence ; droit plus gestion Salaire annuel brut moyen des débutants en France, hors primes, dans la dernière promotion (source écoles). Salaire annuel brut moyen des débutants à l’étranger : il n’inclut pas les primes (source écoles). Bon critère, le seul problème : la source, certaines écoles valorisent…Seule une étude de terrain serait crédible Professeurs de gestion étrangers : proportion d’enseignants de gestion non français au sein du corps professoral permanent, selon la définition de la CEFDG. Les écoles faisant appel à des professeurs français de qualité ou à des professionnels venus de l’entreprise sont pénalisées Etudiants admis sur titre : pourcentage d’élèves admis sur titre dans la promotion sortante. Ils viennent d’un premier cycle universitaire ou de tout parcours qui n’est pas une classe prépa Une école qui recrute sur CPGE serait donc une mauvaise école…. La durée du visa, celle de l’habilitation grade master Voir plus haut, on ne compare pas ce qui n’est pas comparable : la durée maximale a été réduite et pour les écoles fusionnées elle est mécaniquement courte dans un premier temps. On y retrouve le nombre de professeurs permanents par élève (7), le pourcentage de professeurs diplômés d’une école labélisée EQUIS, AACSB ou figurant dans le classement de Shanghai (5), le nombre d’inscrits aux MOOCS mis en ligne par l’école (2) ainsi que le nombre moyen d’étoiles CNRS obtenues par professeur (3). Le syndrome de la fac de luxe : plus une école ressemblera à une université, meilleure elle sera, plus elle fera appel à des professionnels venus de l’entreprise plus elle sera mauvaise. Le bon prof est le chercheur pas le pédagogue. Un gadget en plus les MOOCS ou le rêve de l’école sans prof 8178_1493819314_sup-de-cons-image2 Le nombre d’associations par élève Intérêt ? Peu d’associations mais efficaces c’est peut-être mieux… Taille du campus par étudiant, Evolution de la taille des campus, Campus à l’étranger Le campus à l’étranger, c’est bien mais pour en faire quoi ? Des vacances tous ensemble ? La dispersion des étudiants c’est aussi bien. Pour le reste à quand le classement sur le nombre de wc par étudiant Innovation pédagogique : le dernier critère a été noté selon l’avis de la rédaction du « Parisien Etudiant » sur la qualité du travail des écoles dans le domaine des projets pédagogiques et des projets de développement Sur quels critères ? La qualité de l’accueil des journalistes ? Le budget pub ? Mystère… Peut-être la nécessité de mettre une bonne note aux parisiennes pour faire crédible Le taux de diplômés issus des voies littéraires et technologiques, la part d’admis sur titre dans l’école Le taux d’étudiants de première année venus des cinq lycées fournissant le plus d’élèves au programme a été compté négativement. Prendre des ES, des S, des prépas et recruter dans de grands lycées, voilà ce qui fait une mauvaise école Le pourcentage d’étudiants étrangers Le modèle : l’université de Toulon et sa filière chinoise ? Un traitement particulier pour le Point. Les critères sont incompréhensibles, ils n’en deviennent pas pour autant plus justes, je vous laisse juges. La note Entrepreneuriat comptabilise le nombre de projets présentés par les diplômés à l’incubateur et la sélectivité de cet incubateur par rapport aux diplômés sortants, le nombre d’entreprises créées par les diplômés du programme et incubées, dans l’absolu et par rapport aux effectifs, la viabilité d’une partie des entreprises sur trois ans, le pourcentage d’élèves en majeure entrepreneuriat. Le montant du fonds d’investissement, en tant que tel puis rapporté au nombre d’élèves, est pondéré. Challenges fait également du nombre d’entreprises incubées un critère discriminant. Pourquoi pas mais les résultats de l’enquête interpellent … Aujourd’hui, l’incubateur de l’EDHEC a accompagné la création de 12 nouvelles entreprises qui ont conduit à la création de 30 emplois. On compte actuellement 50 projets en cours de développement. L’enquête de Challenges découvre …. 148 entreprises incubées, trois fois plus que la réalité. https://www.edhec-executive.fr/qui-sommes-nous-/eye-business-incubateur/eye-l-incubateur-du-groupe-edhec-166412.kjsp Il y aurait 20 places par an à Roubaix En 2014 il y aurait 4 entreprises incubées à Nice http://www.mon-incubateur.com/site_incubateur/incubateur/eye-edhec-young-entrepreneur-roubaix Challenges trouve 104 entreprises incubées à l’EM , L’Etudiant fait mieux et en trouve.. 134 .Sur son site l’école en avoue… 24. Que penser du chiffre donné pour Skema par la presse, 55 entreprises actuellement incubées ? Combien sont-elles par bureau ? L’incubateur Tonic dans le Nord est modeste avec seulement dix bureaux, les entreprises n’y demeurent que jusqu’à la création de leur identité juridique, ainsi 40 entreprises ont été aidées depuis la création en 1999. Celui de Sophia Antipolis a incubé depuis 2001 146 entreprises et le site donne les noms de 7 entreprises actuellement incubées. Comment Challenges arrive-t-il à 55 ? L’explication serait-elle dans l’addition des actuelles incubées et des projets ? On pourrait comprendre ? Dans ces conditions, Neoma qui avoue 30 entreprises actuellement incubées et 79 pré- projets, devrait obtenir le chiffre de 109. Challenges lui en octroie 46 … Les critères sont tellement complexes qu’ils conduisent à des résultats risibles. VOUS LIREZ PLUS LOIN QUELQUES INDICATEURS SIMPLES comme le taux d’emploi des diplômés, les salaires, le réseau d’anciens, le nombre d’apprentis. Vous les comparerez au classement du Point …Sachez que pour le magazine l’école leader pour l’entrepreneuriat, devant HEC, est…l’EDC . Lyon, école des entrepreneurs ne serait que 10éme loin derrière Troyes. Neoma et Grenoble passent à la trappe. La note International comprend le nombre de professeurs diplômés à l’étranger et d’étudiants internationaux, de partenariats actifs avec des universités étrangères, et le pourcentage de doubles-diplômés issus de ces partenariats. Une majoration est affectée pour les universités étrangères accréditées et les doubles-diplômés issus de ces institutions. Le pourcentage de diplômés expatriés est valorisé. L’exposition internationale, par le biais d’un stage ou d’un séjour académique (dans une université partenaire ou sur un campus de l’école), est également pondérée. Dieu que c’est compliqué et tout cela pour faire de l’ISG une des meilleures écoles à l’international loin devant l’ESSEC. Plus sérieusement certains classements comme celui de l’Etudiant valorisent les écoles qui ont peu de participants par accord d’échange, ce qui évite le voyage en groupe. Hélas l’erreur détruit la bonne intention : Neoma qui a 2,5 étudiants par échange et par campus (les étudiants de Reims et de Rouen ne se connaissent pas) obtient un point de moins au classement que Grenoble qui a pourtant 3 étudiants par accord. Skema subit la même injustice. Pour être bien classée une école doit recruter des professeurs étrangers, docteurs et femmes…Est-ce pertinent ? L’ieseg a fait de ce type de recrutement la clef de sa progression dans les classements avec plus de 80% de professeurs étrangers. Malheur aux écoles qui recruteraient encore des hommes… compétents. Le critère de la diversité du recrutement semble plus pertinent mais hélas les classements réservent de mauvaises surprises. Pour le Point recruter des littéraires et des techno favorise mais recruter des ES pénalise. Communiquer sur l’égalité des chances favorise, mais pratiquer des scolarités moins élevées sera peu pris en compte. La PCS des parents n’est jamais intégrée dans ces classements et rarement la part de boursiers d’Etat. De ce critère de la diversité découle celui de la valeur ajoutée. Les classements accordent une place importante à l’apprentissage et à l’alternance. Hélas le résultat à l’arrivée ne correspond pas à la réalité avouée par les écoles. Selon le Figaro, Gem aurait 32% d’alternants dans son programme grande école. Chiffres totalement fantaisistes. Il faudrait que l’école propose plus de 1000 contrats ; impossible. L’école avoue 113 contrats d’apprentissages sur son site et au ministère (3,2%…) on peut y ajouter des contrats de professionnalisation mais le Figaro s’est bien mélangé les pinceaux. Gem indique 17% d’alternants à l’Etudiant, ce n’est toujours pas 32%. . Le Parisien et le Figaro sont friands de nouvelles technologies et le nombre d’inscrits aux MOOCS discrimine. « L’innovation pédagogique » mesure la qualité de la formation « noté selon l’avis de la rédaction du « Parisien Etudiant » sur la qualité du travail des écoles dans le domaine des projets pédagogiques et des projets de développement » Le MOOC ou cours en ligne, a fait son apparition en 2013 et s’est présenté comme une véritable révolution. Quel est le bilan, plus de trois années après son apparition ? Le Mooc est une mode déjà dépassée qui n’a pas pris en France. Pire il a accentué l’absentéisme dans certaines écoles. Il relève de la tentation de l’école low cost, sans prof… Un sondage datant d’il y a plusieurs mois révélait que seuls 5% des étudiants affirment savoir ce que sont les cours en ligne gratuits et massifs. Les écoles jouent avec le feu : Les MOOCs ne sont maintenant plus seulement formateurs, ils sont certifiants. Et d’ici quelques années, les certificats délivrés par les MOOCS pourraient bien faire concurrence aux diplômes. C’est en tout cas l’avis de Dominique Boullier, professeur de sociologie à Sciences Po Paris. Selon lui, « les certificats délivrés par les MOOCs représentent une potentielle machine de guerre contre les diplômes, qui contiennent 80% de choses inutiles pour l’entreprise. https://www.contrepoints.org/2017/03/17/284237-revolution-moocs-na-t-lieu Le livre humoristique de bandes dessinées de Zeil au titre très provocateur de « Sup de cons » veut rétablir la vérité sur certaines écoles de commerces peu efficaces, qui coûtent cher, et débouchent rarement sur un bon emploi. Ce livre dénonce, nous voulons le compléter d’indicateurs précis Des indicateurs objectifs et vérifiables existent-ils ? La presse pourrait-elle partir de ces indicateurs officiels, éviter la manipulation de certains services de com trop zélés ? Oui ils existent et je ne comprends pas pourquoi la presse leur préfère des indicateurs surréalistes. Les vrais chiffres des écoles de commerce sont validés par les directeurs et sont transmis au Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils sont utilisés pour accorder ou non aux écoles le Master. Ils sont centralisés par la commission en charge des accréditations, la CEFDG. https://www.cefdg.fr/ L’approche n’est pas facile pour le grand public mais je me propose de dévoiler les fiches cachées des écoles. Nous y ajouterons d’excellentes enquêtes objectives menées par les statisticiens de l’Ensai . Nous serons alors très loin de la grande cuisine des classements et de l’image de la jeunesse dorée pour laquelle tout serait facile 5122338_3_c273_sup-de-cons-le-livre-noir-des-ecoles-de-co_4c3b20a193e8460d4aade69d5af62ce3 LES ECOLES ET L’EMPLOI/ LES VRAIS CHIFFRES Juger les écoles sur leur capacité à permettre l’emploi de leurs étudiants ? L’idée ne semble pas mauvaise Les indicateurs du ministère sont réalistes mais il faut tenir compte de trois situations différentes : l’emploi, le chômage et la poursuite d’étude. Le total des employés et de ceux qui sont en recherche d’emploi ne fait pas 100%, plusieurs étudiants sont en poursuite d’étude après leur diplôme. Les poursuites d’étude sont moins nombreuses que l’on pouvait le penser. Elles sont incontournables si un étudiant veut compléter son diplôme par une véritable double compétence en droit ou dans une école d’ingénieur. Tel est le cas dans les parisiennes ou à l’EDHEC mais les chiffres demeurent modestes, tout comme les doubles compétences… Dans certaines écoles la poursuite d’étude traduit une réalité différente, le besoin de compléter un diplôme jugé insuffisant. On évoque souvent des masters spécialisés dans des écoles plus prestigieuses. Dans les faits cette pratique est peu répandue et la poursuite d’étude se fera après quelques années d’expérience professionnelle. Le diplôme de la Grande Ecole se suffit donc à lui-même dans l’immense majorité des cas . Les écoles n’assurent pas une protection complète contre le chômage L’enquête de la CGE nous donne 15%de jeunes diplômés en recherche d’emploi, 80% d’employés et 5% en poursuite d’étude pour l’ensemble des grandes écoles de commerce. A ma connaissance aucun classement de la presse spécialisée ne prend en compte le taux d’emploi et le taux de recherche d’activité….Je ne comprends pas. Les écarts sont pourtant conséquents entre des écoles qui comptent moins de 5% de chômeurs après le diplôme et celles qui sont à près de 20%. Qui fait mieux que la moyenne? Les parisiennes, on s’y attendait mais il y a des surprises. Lyon obtient des résultats remarquables, Audencia, l’Edhec ,Neoma , Kedge tiennent la route. Grenoble (deux fois plus de chômeurs qu’à Audencia)et les chouchoutes des classements déçoivent. Quelles explications peut-on fournir ? La notoriété n’explique pas tout, la proximité de Paris, la force du réseau d’anciens font la différence entre Néoma, Telecom et des écoles plus éloignées comme Grenoble ou Montpellier. La situation du marché local de l’emploi… un indicateur qui n’est jamais pris en compte. Je ne comprends pas pourquoi. Pour le ministère l’alternance et particulièrement ‘apprentissage doivent jouer un rôle important, les classements retiennent tous ce critère mais s’emmêlent les pinceaux dans des chiffres fantaisistes. Comparez avec les vrais chiffres…. La pratique de contrats de professionnalisation complète les contrats d’apprentissage mais le questionnaire du ministère ne porte pas sur ce type d’alternance. Pour en savoir plus il faut se tourner vers les sites des écoles. Nous l’avons fait et nous avons pu constater que certaines écoles peu portées sur l’apprentissage ont signé des accords avec ADDECO. La hiérarchie n’en sera pas modifiée pour autant car l’alternance est complexe à mettre en œuvre, il faut adapter les emplois du temps. Montpellier a fait le choix de donner la priorité à l’alternance. Un groupe d’école mené par l’Essec, Neoma, Skema , l’Edhec ,offre de belles possibilités. Les autres écoles ont fait d’autre choix tout autant respectables mais qui ne justifient pas leurs bons classements dans la presse officielle… La puissance du réseau, la capacité à le mobiliser constituent un élément clef du choix. Toutes ces données conduisent à souligner l’intérêt des écoles qui ont les meilleurs réseaux et il est relativement facile de les identifier.. Le premier groupe d’écoles comprend HEC, ESSEC ,ESCP , mais également EDHEC, EM et NEOMA . Un deuxième groupe comprend Kedge, Audencia Skema TBS étude complète PDF A TELECHARGER GRATUITEMENT IMG_20140811_0001 TOUT CE QUE VOUS AURIEZ VOULU SAVOIR SUR LES ECOLES DE COMMERCE https://pgibertie.files.wordpress.com/2017/04/editions-vignou-2017-edition-pdf.pdf

Henry.

L'article est très intéressant mais, en tant que praticien des grandes écoles (diplômé et enseignant), je pense que la question est mal posée et que les grandes écoles se posent la mauvaise question car l’article et les solutions apportées par les grandes écoles partent de l’hypothèse que la programme prépa correspond aux besoins des grandes écoles et des entreprises, qu'il est donc immuable et que s’est aux grandes écoles d’évoluer. Dans mon travail de recherche je cherche à savoir l'adéquation entre programme de prépa et objectifs et attentes des programmes de grande école et des entreprises. Ce qui est complétement différent dans l’approche et peut apporter, j’espère, un éclairage différent. Voilà donc quelques éléments de réflexion supplémentaires. HC

gibertie.

j'ai une autre approche à télécharger sur mon blog GIBERTIE le gap entre la com et la réalité des écoles