Les grandes écoles au secours du commerce extérieur français ?

Grégory Danel
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Les grandes écoles au secours du commerce extérieur français ?
Les grandes écoles sont enrôlées par Bercy pour lutter contre le trou de la balance commerciale française. Une opportunité pour ces établissements qui vont voir leurs frais de développement international assurés par la Coface, la compagnie d’assurance française pour le commerce extérieur. Cette dernière a garanti pour près de 10 milliards d’euros d’investissement en 2007.

Le 7 février dernier, le secrétaire d’Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur, Hervé Novelli annonçait « un triste record » : celui du déficit commercial français en 2007. Pas moins de 39,171 milliards d'euros ! Un chiffre impressionnant qui enfonce largement le précédent record datant…de 2006 : 28,238 milliards d'euros. Si la hausse de la facture énergétique est l’une des explications au déficit croissant du commerce extérieur, elle ne peut pas tout expliquer. Le prix du baril de brut est le même des deux côtés du Rhin et pourtant l’Allemagne conforte elle, sa place de premier exportateur mondial. C’est donc le manque de compétitivité à l’export des entreprises françaises qui est responsable du trou de notre balance commerciale.  

Anticipant ces mauvais chiffres, Hervé Novelli avait dès le 17 janvier 2008 présenté une batterie de mesures destinées à réformer les soutiens financiers français à l’exportation. Parmi elles, l’éligibilité des grandes écoles de commerce et d’ingénieur au dispositif d’assurance-prospection géré par le Coface. « Leur développement à l’international mérite d’être soutenu pour accueillir des étudiants étrangers de haut niveau en nombre plus important et ainsi contribuer au développement de notre économie », a ainsi déclaré le secrétaire d’Etat.  

Modernisation de l'assurance-prospection de la Coface

En 2007, la Coface a garanti pour près de 10 milliards d’euros de contrats conclus par des entreprises françaises à l’étranger. L’assurance-prospection de la Coface accompagne les entreprises en période de prospection des marchés, en leur offrant à la fois un relais de trésorerie, car elle finance les dépenses au fur et à mesure, et en offrant une assurance contre l’échec, car les sommes versées restent acquises en cas d’insuccès.  

Ce dispositif va être par ailleurs modernisé. Les droits d’ouverture du dossier vont être supprimés. Les entreprises pourront faire appel en cas de rejet de leur candidature. Le soutien de l’Etat dans la durée sera « renforcé » et l’assurance prospection des français à l’étranger sera étendue à de nouveaux pays, notamment en Amérique latine et dans des pays d’Asie-Océanie comme le Japon, Singapour, Hong Kong, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Des marchés qui intéressent tout particulièrement les grandes écoles françaises. L’ensemble des mesures annoncées par Hervé Novelli sont effectives depuis le 1er février 2008.  

L'exemple de l'ESC Lille

« Il est clair que le soutien de la Coface va aider au développement de l’enseignement supérieur français à l’étranger », observe Christophe Bredullet, directeur adjoint de l’ESC Lille. En mai 2005, l’école nordiste avait été la première école à travailler avec la compagnie d’assurance française pour le commerce extérieur. « Nous étions à l’époque des extraterrestres », se souvient celui qui s’occupe du développement international de l’ESC.  

Passé l’effet de surprise, les responsables de la Coface plus habitués à travailler avec des grands groupes ou des PME plutôt qu’avec un association loi 1901 ont validé le dossier de l’ESC Lille. L’école a pu donc aller prospecter ses futurs étudiants en Chine et monter un bureau de représentation commercial. « Tous nos frais de voyage, de séjour, la rémunération de nos salariés, nos frais de fonctionnement, par exemple la publicité ou le conseil juridique, ont été garantis par la Coface. » En tout cela a représenté 150 000 euros sur trois ans. « Pour nous, c’était important car nous n’étions pas sûr du résultat », affirme Christophe Bredullet.  

L'aide aux établissements anglo-saxons

Une dizaine d’écoles, notamment plusieurs ESC du concours Ecricome auraient déjà fait part de leur intérêt auprès de la direction générale des entreprises de Bercy pour l’assurance-prospection. L’ESC-Lille, elle, devrait déposer un nouveau dossier pour un projet furtur à Abu Dhabi.   

En élargissant les dispositifs de la Coface aux grandes écoles, la France imite ainsi les exemples britanniques et américains dont les gouvernements n’hésitent pas depuis longtemps à faire bénéficier leurs établissements d’enseignement supérieur de leurs aides à l’exportation. Avec les résultats flatteurs que l’on connaît.


Grégory Danel | Publié le

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