Le label EQUIS

Géraldine Dauvergne
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L’EFMD, association européenne basée à Bruxelles, décerne le label EQUIS (European Quality Improvement System) aux écoles de management internationales. Une vingtaine d’écoles l’ont obtenu en France.

La procédure d’attribution

La candidature d’une école de management pour demander l’accréditation EQUIS doit comporter une présentation en une quinzaine de pages de l’institution, de ses composantes, de sa gouvernance, de ses équipes, de ses activités de recherche, de ses ressources, de sa réputation au niveau national et international...
Un expert d’EQUIS visite l’école pendant une demi-journée et rédige ensuite un premier avis concernant l’éligibilité de l’institution. Sur cette base, le comité d’EQUIS décide si l’école est autorisée à entrer dans le processus d’accréditation. Si oui, l’école établit une autoévaluation approfondie sur une série de critères (voir infra). L’école se fait auditée in situ pendant deux jours et demi par quatre pairs internationaux, originaires de différents pays (trois du monde académique et un du monde de l’entreprise). L’équipe est chargée de rendre un rapport fixant ses conclusions, évaluations et recommandations. Si l’accréditation est décernée, elle est accordée pour trois ou cinq ans. Les écoles accréditées pour cinq ans doivent soumettre un rapport de progression à mi-parcours, celles labellisées pour trois ans doivent remettre des rapports de progression chaque année.

Les normes EQUIS

Le référentiel des normes EQUIS comprend des éléments sur la gouvernance et la stratégie de l’école, ses programmes, la sélection et le placement de ses étudiants, le nombre de ses professeurs permanents, leur recherche et développement, sa formation continue, sa contribution sociétale, ses ressources, son internationalisation, ses relations avec les entreprises.

Les limites du label

Le principal inconvénient d’EQUIS est son coût. Les frais s’élèvent à 37.700 € pour une accréditation de cinq ans, à 31.900 € pour trois ans, ou à 23.200 € en cas de refus. Ce label permet de s’entourer d’un réseau de partenaires internationaux au plus haut niveau.

Géraldine Dauvergne, avril 2010

Olivier Oger, directeur général du groupe EDHEC : « Le label nous a apporté une meilleure visibilité auprès de nos partenaires internationaux »
« En 1999, à l’initiative du président de notre CA, Bernard Fournier, dirigeant de Xerox, l’EDHEC a été l’une des vingt premières institutions labellisées au monde. Nous avons fait venir des spécialistes de la qualité et des auditeurs de chez Xerox, rompus aux techniques de l’évaluation. Sans complaisance, ils nous ont donné un cahier des charges précis, avec nos points forts et nos faiblesses. Nous avons organisé un séminaire à Hardelot, resté dans les mémoires : c’était la première fois que nous travaillions tous exclusivement en anglais ! Nous avons rendu le rapport d’auto­évaluation fin avril. En mai, les auditeurs d’Equis sont venus à l’EDHEC. Il y avait les doyens de l’INSEAD et de l’IESE Barcelone, un professeur de la Stockholm School of Economics et le DRH de la Lufthansa. Devoir convaincre ces auditeurs a créé un formidable esprit d’équipe. Le deuxième jour d’audit était particulièrement tendu, car ils avaient pu repérer nos points les plus faibles. Leur compte rendu à chaud, à la fin de la visite, a été vécu comme une délivrance, même s’ils n’ont rien laissé entendre du résultat. L’instance d’accréditation, qui s’est réunie fin juin à Édimbourg, nous a accordé la full accreditation, pour cinq ans.
L’obtention d’EQUIS nous a surtout apporté une meilleure visibilité auprès de nos partenaires internationaux, y compris auprès des entreprises, notamment en Angleterre et en Allemagne, et davantage d’étudiants étrangers. En France, l’impact a été moindre auprès des élèves des classes préparatoires, qui nous identifiaient déjà comme l’une des meilleures écoles de management. Nous avons obtenu le renouvellement d’EQUIS en 2004, un autre est en cours pour 2010. C’est un levier formidable pour faire bouger une école, mais elle doit bien mesurer ses chances de réussite et les risques liés à un éventuel échec. EQUIS propose des ­évaluations avant même de s’engager dans la procédure d’éligibilité. Obtenir EPAS pour son programme phare peut aussi être un moyen de s’assurer que l’on est sur la bonne voie. »


Géraldine Dauvergne | Publié le