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Les learning centers, ces BU nouvelle génération

Sophie Blitman
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Hall central du projet Lilliad. Le nouveau learning center de l'université Lille 1 doit ouvrir à la rentrée 2016.
Hall central du projet Lilliad. Le nouveau learning center de l'université Lille 1 doit ouvrir à la rentrée 2016. // ©  Auer Weber Vise

S'adapter aux nouveaux modes de travail des étudiants : telle est la mission confiée aux learning centers, appelés à remplacer peu à peu les bibliothèques universitaires. Un concept aux contours un peu flous, qui s'articule autour de quelques éléments clés liés à la dimension collaborative de ces lieux où la convivialité est de mise.

Sommaire du dossier

  • Les learning centers, ces BU nouvelle génération
  • Plus de postes informatiques… mais aussi des canapés et des poufs

    Alors que nombre de bibliothèques universitaires sont prises d'assaut par les étudiants, surtout au moment des partiels, la plupart des projets de learning center prévoient d'augmenter leurs capacités d'accueil. À l'heure du numérique, cela signifie d'abord accroître le nombre de postes informatiques, mais aussi élargir les horaires d'ouverture, poursuivant ainsi le mouvement entamé en 2010 avec l'attribution du label NoctamBU.

    À côté des espaces de travail classiques, des lieux plus informels sont également aménagés – tous bénéficiant bien sûr d'une connexion wifi. D'où l'installation de canapés, poufs et autres chauffeuses, agrémentés de tables basses qui permettent aux étudiants de "travailler dans des postures différentes", comme l'explique Sarah Hurter, directrice du Learning Centre Sophia Tech, qui a ouvert à Nice en 2014. Une manière aussi, souligne-t-elle, de "désacraliser la bibliothèque".

    Outre ces aménagements intérieurs, l'achat de mobilier et d'équipements multimédias, l'investissement dépend surtout de l'importance des travaux de construction ou de rénovation des bâtiments. Ces projets à géométrie variable affichent ainsi des budgets très divers : 300.000 euros à Nice, 13 millions à Versailles, 35 à Lille 1. À Strasbourg, le learning center, dont l'ouverture est prévue à la rentrée 2019, devrait également coûter un peu de plus de 30 millions d'euros.

    Incontournable cafèt

    Les learning centers sont conçus comme des lieux de vie étudiante. D'où la présence indispensable d'une cafétéria, ou au minimum d'une machine à café, mais aussi d'espaces de détente où sont mis à disposition journaux, romans et bandes dessinées, voire des ouvrages pratiques tels que des méthodes d'apprentissage des langues ou du permis de conduire, ainsi que des liseuses, comme c'est le cas à Grenoble où la bibliothèque des sciences de l'université Joseph-Fourier a entamé sa mutation en learning center.

    Désormais, on entre dans le learning center de l'université Joseph Fourier par l'espace cafétéria.

    LE Travail en groupe bienvenu

    Voilà plusieurs années que la pédagogie par projet se développe dans l'enseignement supérieur. Mais encore faut-il que les lieux s'adaptent à ces pratiques. Bien sûr, les salles dédiées au travail en groupe n'ont pas attendu les learning centers pour faire leur apparition. Mais elles sont désormais considérées comme un élément phare des BU nouvelle génération.

    "Des enquêtes ont fait ressortir que nos étudiants devaient rendre en moyenne trois travaux de groupe par an, justifie Julien Roche, directeur du SCD (service commun de documentation) de l'université Lille 1. Or, ils ont très peu d'espaces où se réunir. Les salles traditionnelles sont rarement ouvertes en dehors des heures de cours et de toute façon pas adaptées." Le projet Lilliad prévoit 50 salles de travail fermées, essentiellement destinées à des groupes de quatre à six personnes. Fermées et équipées d'écrans d'ordinateur et de paperboards, elles pourront être, au moins pour une partie d'entre elles, réservées à l'avance.

    Bibliothécaires et enseignants côte à côte

    Si chaque établissement décline à sa manière le concept de learning center, "la notion de carrefour, de transversalité est essentielle, insiste Dominique Wolf, directrice du SCD de l'université de Strasbourg. Au-delà de la bibliothèque, l'objectif est que les services travaillent davantage ensemble".

    En particulier, l'idée est de mieux intégrer les services documentaires dans la pédagogie. Une préoccupation jusqu'ici assez éloignée de la culture universitaire française mais qui commence, peu à peu, à émerger. "Le lien entre pédagogie et documentation fait partie de l'offre classique des BU mais elle est accentuée dans les learning centers", rappelle Marie-Estelle Créhalet. La responsable des bibliothèques de Versailles s'attache à promouvoir la notion de "bibliothécaire embarqué" qui s'intègre véritablement au sein d'une équipe pédagogique, de même que des enseignants sont incités à déporter leur cours dans le learning center.

    Signe de l'importance accordée au travail collaboratif, le learning center de l'UVSQ comporte huit salles de travail en groupe où peuvent se réunir les étudiants.

    Au-delà des études, la vie étudiante

    Poursuivant l'idée d'un plus grand décloisonnement, le learning center s'intéresse à la vie étudiante dans sa globalité, en s'appuyant sur la collaboration interservice. Outre une conseillère d'orientation, présente une fois par semaine, qui anime des ateliers sur la réorientation et sur l'insertion professionnelle, le learning center de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines accueille des professionnels qui interviennent sur des thématiques variées : un bibliothécaire sur les outils bibliographiques, mais aussi une infirmière sur la gestion du stress, un technicien informatique pour des question relatives à la consultation sur Internet…

    De son côté, le futur learning center de l'université de Strasbourg s'inscrit dans "une logique de guichet unique, explique la directrice du SCD, Dominique Wolf : les étudiants y trouveront une vingtaine de stands, parmi lesquels ceux des services de la vie universitaire mais aussi ceux de la CTS (Compagnie des transports strasbourgeois) et de la SNCF." Autant d'éléments qui visent à faciliter le quotidien des étudiants, pour in fine améliorer leur réussite.


    Sophie Blitman | Publié le

    Vos commentaires (9)

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    Voivenel.

    Et le Green Learning Centre (GLC), vous connaissez ? Une ou plusieurs personnes installées dans les postures qui leurs conviennent, des ordinateurs rechargés avec des batteries autonomes (il y en aura de plus en plus), un bouquin (ou plusieurs) dans l'herbe, du papier, des crayons pour ceux qui en veulent encore, des oiseaux, des fleurs pour ceux qui en voudront toujours... En projection numérique, bien sûr, par temps de pluie et pour ceux qui vivent dans les quartiers de béton. Idem version plage ou montagne. Pas besoin de gros budget et peu polluant ! Regardez la photographie de Mistral et Daudet confortablement assis dans les champs (du savoir !) : précurseurs du Green Learning Centre !

    LayLay.

    Tout est beau, graçieux et pétillant dans ces espaces ouverts. Le rêve d'une humanité réconciliée, assagie et confortablement installée, sans trop forcer. De plus ces learning center, permettront (enfin !) de supprimer des postes de personnel de bibliothèque et d'enseignants qui grèvent tant les budgets des universités. Tout étant intégré sur les serveurs, l'autonomie sera totale pour l'étudiant/usager, : documentation numérique, mooc - pardon cours en ligne, tableaux numériques, tutoriels etc.), plus besoin de se déplacer à l'université. Bon d'accord le vivre ensemble en prendra un coup et la montée de l'individualisme sera juste avérée et acceptée. Mais ceci n'est pas du ressort des learning centers.

    miro.

    Ca fait quelques années qu'on est plus obligé de se rendre à l'université mais c'est sur que si on supprime les personnels de bibliothèques, les enseignants et les chercheurs des universités, il faudra être autonome pour faire ses cours en ligne, ses tutoriels et ses articles. Je suis bien content qu'il y ait des gens qui le font à ma place pour m'éviter de perdre du temps à m'égarer dans le flot de ressources dont la plupart sont inutiles

    NauValis.

    Un lieu où les personnes peuvent travailler différemment, allongées sur des canapés, well !! Oh j'en ai rêvé... Ils l'ont fait ! On va pouvoir y manger et prendre son billet de train, de cinéma. Super. Résumons : une fois que je me serai défoulé dans cette jolie galerie marchande, (discuté avec les potes, mangé mon kebab et joué au foot dans ces immenses espaces... bénéficié d'un massage pourquoi pas !), je reviendrai travailler dans ma bibliothèque préf. vu que tous les gens qui y mettent le souk aujourd'hui (qui mangent, téléphonent et discutent à haute voix de leur w.e.) iront surement dans ces leurres ning sans teur qui leur correspond ! Je vais donc enfin pouvoir travailler dans le calme et la sérénité, dans une BU ou une médiathèque où auparavant, aucun réglement intérieur ne s'appliquait : merci Mr Learning !

    Soret.

    Une très belle conception pour inciter à se cultiver, s'enrichir, approfondir la recherche. Une équipe très ouverte, qui donne envie d'aller voir et qui confirme le dynamisme intelligent des gens du Nord.

    Christian.

    C'est une évolution qui va dans la bonne direction. J'avais déjà lu un article sur potiondevie (il travaille dans une bibli) qui commençait à en parler http://www.potiondevie.fr/bibliotheques-lieux-davenir-pourquoi/

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