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Les universités bordelaises au bord de la saturation

Julia Zimmerlich
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Lundi 28 septembre, l'aula magna de l'université de Bordeaux, d'une capacité de 1000 places, était pleine. Les premiers élèves décrocheurs permettent de réduire la pression dans les amphis.
Lundi 28 septembre, l'aula magna de l'université de Bordeaux, d'une capacité de 1.000 places, était pleine. Les premiers élèves décrocheurs permettent de réduire la pression dans les amphis. // ©  Julia Zimmerlich

Les trois universités de Bordeaux et Pau comptent 1.800 étudiants supplémentaires en cette rentrée 2015. Les filières langues et économie sont particulièrement touchées. Même les limites des capacités d’accueil ont été revues à la hausse.

Des étudiants qui restent debout pour suivre un TD, d'autres qui tendent l'oreille depuis le couloir pour prendre des notes. Dans les universités bordelaises, on pousse les murs pour faire rentrer tout le monde.

Pour cette rentrée 2015, les projections annoncent une hausse de 1.800 étudiants supplémentaires, répartis entre l'université de Pau et des Pays de l'Adour (+300 pour 12.500 étudiants), l'université de Bordeaux (+600 pour 48.000 étudiants) et Bordeaux Montaigne (+850 pour 16.800 étudiants).

"L'année dernière, nous avions déjà accueilli 800 étudiants de plus, comptabilise Jean-Paul Jourdan, président de l'université Bordeaux Montaigne. En deux ans, cela représente une hausse de 10%. Nous faisons face à un afflux massif, sans moyens supplémentaires, et aujourd'hui, nous atteignons clairement les limites de l'exercice."

Des horaires de cours élargis

Dans les filières LEA, qui sont les plus saturées, les effectifs des TD sont gonflés au maximum, avec 45, voire 50 étudiants, alors que les salles ont été conçues pour en accueillir une trentaine.

Les horaires de cours sont élargis pour augmenter le taux d'occupation des salles et des contractuels sont recrutés au fur et à mesure que les inscriptions augmentent. "Tout ceci se fait évidemment au détriment des étudiants, en particulier des néobacheliers, qui ne sont pas accueillis dans de bonnes conditions et qui risquent de décrocher plus facilement", déplore le président.

Le président se refuse, pour l'instant, à l'instauration de filières à capacité d'accueil limitée. "On envisage de réduire la période d'inscription pour la rentrée prochaine, détaille Jean-Paul Jourdan. Les étudiants qui s'inscrivent en juillet, avant la fermeture estivale, ont des taux de réussite bien supérieurs à ceux qui se présentent en septembre. C'est une manière de ne garder que les plus motivés."

Des capacités d'accueil pour contenir la hausse

Mettre en place des capacités d'accueil. C'est ce que l'université de Bordeaux, issue de la fusion de Bordeaux 1, Bordeaux Segalen et Montesquieu Bordeaux 4, a fini par faire pour maîtriser ses effectifs. Ces capacités d'accueil limitées ont été tout de même respectivement augmentées de 120 et 80 places dans les filières STAPS et sociologie pour faire face à la demande.

En licence d'économie, les demandes d'inscription sont passées de 850 en 2014, à 1.100 cette année. 150 étudiants environ ont pu être été réorientés vers d'autres filières, en BTS ou IUT, mais "l'administration n'a pas eu d'autre choix que de créer une deuxième série, l'amphi n'ayant 'que' 600 places assises ", détaille Benjamin Roudet, vice-président des étudiants de l'université de Bordeaux.

Là encore, il faut solliciter les titulaires pour qu'ils effectuent des heures supplémentaires et recruter des chargés de TD en urgence. Sur le terrain, même si la hausse est relativement faible, la pression se fait sentir depuis plusieurs années. 

Les profs nous disent de venir plus tôt pour avoir une place assise.


"Pour certains cours, tout le monde ne rentre pas dans la salle, confie Nicolas, étudiant en L3 Miage (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). Les profs nous disent de venir plus tôt pour avoir une place assise."

"On voit aussi des amphis qui débordent pour certains cours en master, où les promos sont réunies, avec parfois une cinquantaine d'étudiants qui restent dehors", raconte Benjamin Roudet.

Administration et étudiants discutent pour trouver des solutions. Les échanges tournent autour de la réduction du nombre d'heures de cours en présentiel et du développement des cours sur Internet. La mort annoncée du cours en amphi ?


Julia Zimmerlich | Publié le

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