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L’INPG se mue en Grenoble Institute of Technology

Sylvie Lecherbonnier
Publié le
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Paul Jacquet
Paul Jacquet

Comment être visible en Europe, en Chine ou au Brésil ? Avec la mondialisation, tous les établissements d’enseignement supérieur français se posent la question. Pour les écoles d’ingénieurs, dont la moitié compte moins de 300 élèves, atteindre une taille critique devient crucial. Dans ce contexte, l’INP Grenoble, qui regroupe pourtant 5 000 étudiants, a décidé de frapper fort. Ses dix écoles actuelles (1) disparaîtront officiellement en juillet 2008 pour donner naissance à six nouvelles. Pour parachever la réforme, l’INP Grenoble prendra le nom de groupe Grenoble INP, Grenoble Institute of Technology à l’international.

« Les écoles se sont construites par strates successives. Cela a abouti à une offre de formations morcelées et parfois redondantes. Il était temps de tout remettre à plat », explique Nadine Guillemot, vice-présidente en charge de la réforme. Outre l’enjeu de la visibilité, deux ambitions ont guidé cette rénovation : adapter les formations au LMD et renforcer la cohérence d’un établissement conçu sur un modèle fédéral. L’Institut veut ainsi franchir un palier de notoriété pour être reconnu hors des frontières françaises.

Des écoles à large spectre

Fini les formations tubulaires. Place à des écoles ouvertes sur de grands enjeux sociétaux. Seule l’ESISAR, à Valence, reste sur son format actuel. L’École française de papeterie prend le nom de Pagora. Pour les autres, l’INP s’est livré à un grand jeu de mécano, qui doit encore recevoir le feu vert de la Commission des titres d’ingénieur (CTI). L’ENSIMAG absorbe le département Télécom de l’INP pour devenir une école du traitement de l’information. L’école Phelma (Physique, électronique et matériaux) regroupe l’ENSPG, l’ENSERG et l’ENSEEG. Son ambition : devenir l’école de Minatec, le complexe scientifique en nanotechnologies où elle devrait être entièrement située à terme. L’école Génie industriel prend la suite de l’ENSGI et de la partie génie mécanique et systèmes de production de l’ENSHMG. Enfin, l’ENSE3, issue du regroupement de l’ENSIEG et de l’autre partie de l’ENSHMG, se veut l’école de l’énergie, de l’eau et de l’environnement.

Des filières métiers

Tous les cursus sont construits sur le même modèle. Une première année généraliste, qui délivre un bachelor en sciences de l’ingénieur, est complétée de deux années dans l’une des vingt-deux filières de métiers. Chaîne logistique, hydraulique et environnement, systèmes et microsystèmes, ingénierie financière... un tiers de ces filières sont communes à plusieurs écoles. Les étudiants pourront suivre un semestre dans un autre établissement de l’INP. «Avec ce semestre à choix et ces filières inter-écoles, nous construisons une culture INP », soutient Nadine Guillemot.

Une réforme centralisatrice

Tous les scénarios ont été envisagés. « La suppression des écoles et leur transformation en départements ont même été évoquées. Étudiants, anciens professeurs et industriels sont attachés à cette notion d’écoles. Elles permettent de maintenir une gouvernance de proximité », affirme Paul Jacquet, président de l’INP. La réforme a, malgré tout, un effet centralisateur. La décision d’ouvrir ou de fermer une filière se prendra désormais au niveau de l’INP.

Refondation effective à la rentrée 2008

Cette recomposition entre dans le cadre d’une rénovation plus large entreprise par l’INP depuis 2004. Onze chantiers ont été lancés en parallèle. La recherche a suivi le même chemin que la formation initiale. Le nombre de laboratoires est passé, début 2007, de 38 à 26 et une direction de la recherche doit être créée en janvier 2008 au niveau de l'institut. L’INP a également changé de statut pour devenir un grand établissement avec un conseil d’administration resserré. À la rentrée 2008, l’ouverture des six nouvelles écoles achèvera la réforme. D’ici là, les préparationnaires passeront au printemps 2008 les concours de ces dernières. Reste donc à convaincre ces étudiants, leurs familles et leurs enseignants du bien-fondé de ce redécoupage.

« Si la réforme est mal comprise, cela peut porter atteinte à notre attractivité », admet Nadine Guillemot. Et d’ajouter immédiatement : « Mais nous sommes confiants ! » Nicolas Attia, vice-président étudiant, se veut, le premier ambassadeur de cette rénovation : « L’INP a une centaine d’années. Il est bon de changer de rythme de croisière. Cette restructuration donnera plus de visibilité à notre établissement et augmentera donc notre employabilité. » La bataille de la communication a commencé !

(1) L’ENSPG (École nationale supérieure de physique de Grenoble), l’ENSERG (École nationale supérieure d’électronique et de radioélectricité de Grenoble), l’ENSEEG (École nationale supérieure d’électrochimie et d’élec trométallurgie de Grenoble), l’ENSHMG (École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble), l’ENSIMAG (École nationale supérieure d’informatique et de mathématiques appliquées de Grenoble), l’ENSIEG (École nationale supérieure d’ingénieurs électriciens de Grenoble), l’ENSGI (École nationale supérieure de génie industriel), l’ESISAR (École supérieure d’ingénieurs en système industriels avancés de Rhône-Alpes), l’EFPG (École française de papeterie et des industries graphiques), un département Télécom


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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