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Université de Strasbourg : ses points forts et ses faiblesses

Un dossier réalisé par Sophie Blitman
Publié le
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Riche désormais d’une très large offre de formations et de laboratoires de recherche performants, l’université de Strasbourg jouit sans aucun doute d’une visibilité importante, en France comme à l’étranger.
Au cœur de l’Europe, elle offre un cadre de vie agréable à ses étudiants et ses personnels, qui souffrent cependant d’un éloignement de l’administration centrale. Car, si elle constitue un atout majeur, la taille de l’UdS est en même temps l’une de ses faiblesses, et l’université a encore du chemin à parcourir pour parvenir à un réel équilibre.

Ses points forts

Une visibilité renforcée
Avec ses 42.300 étudiants et ses 6.700 personnels permanents, l’UdS est devenue en 2009 la plus grande université de France. Une taille critique reliée à des performances qui lui valent de se situer parmi les 150 premières universités mondiales et les cinq premières françaises du classement de Shanghai .

Une recherche d’excellence : chimie, sciences de la vie, nanotechnologies
Regroupant 77 unités de recherche, l’université de Strasbourg dispose de quelques disciplines phares, à commencer par la chimie et les sciences de la vie. Un effort significatif a également été mené en direction des sciences humaines et sociales, hébergées au sein de la Maison interuniversitaire des sciences de l’homme Alsace (Misha) .
Néanmoins, c’est dans le domaine des sciences dures qu’ont été remportés les premiers appels d’offres des Investissements d’avenir : l’UdS fait partie de cinq projets lauréats des Équipements d’excellence (Equipex), parmi les 52 projets déposés . Parmi eux, le projet Union, spécifiquement alsacien, dans le domaine des nanotechnologies, a reçu une dotation de 11 millions d’euros.

Une offre de formation vaste et pluridisciplinaire
Avec ses 35 mentions de licences (et 46 spécialités ou parcours de formation), ses 20 licences professionnelles (33 spécialités), ses 61 mentions de masters (165 spécialités ou parcours de formation) et ses 59 doctorats, l’université de Strasbourg couvre un très vaste champ disciplinaire. S’y ajoutent en outre 5 diplômes d’ingénieur (13 spécialités), le diplôme grande école en management de l’EM Strasbourg et celui de l’Institut d’études politiques .

Ses faiblesses

Un trop grand nombre de composantes
Dans son rapport de janvier 2009, qui concernait celle qui était encore Strasbourg 2-Marc-Bloch, l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) pointait « le déficit important de gouvernance, lié au trop grand nombre des composantes et à leur volonté d’autonomie, frein à la mise en place d’une politique d’établissement ». De même, Strasbourg 3-Robert-Schuman souffrait, selon l’Agence, d’une « atomisation très forte des composantes, qui restent attachées à leur autonomie ».
Si la fusion devra fédérer davantage les composantes, elle a aussi eu pour conséquence d’accroître mécaniquement leur nombre au sein de l’université unique : elles sont en effet aujourd’hui 38. Un nombre trop important, de l’avis général. L’UdS devrait être amenée à progressivement réduire ce nombre, peut-être en regroupant les composantes au sein des 9 collegiums créés à la rentrée 2009. Afin de trouver une réelle cohérence et un équilibre global.

Un pouvoir lointain
Conséquence de la fusion, l’éloignement de l’administration centrale pèse sur les relations au sein de l’université. Nombre de personnels regrettent un manque de communication interne ; de fait, la politique dans ce domaine reste largement à construire.

Un manque d’interaction entre les disciplines
Alors que la fusion a été dominée par l’ancienne université scientifique Louis-Pasteur, l’UdS doit encore trouver un équilibre entre sciences « dures » et sciences humaines et sociales, condition nécessaire à la mise en valeur de la pluridisciplinarité.
En octobre 2008, l’AERES s’était penchée sur l’offre de formation « licence » de la future université de Strasbourg, mettant en avant les « grandes disproportions dans la qualité des dossiers résultant sans doute du poids de l’histoire », ainsi que l’absence de « souhaits clairement affichés d’interactions fortes entre les différents domaines disciplinaires ».
L’Agence note que si les collegiums pouvaient aider à la mise en œuvre concrète de ces interactions, « il sera toutefois important de veiller à ce qu’ils ne se referment pas sur eux-mêmes et ne reconstituent pas des “bastions disciplinaires”, mais qu’ils soient un instrument réel de la mise en œuvre de collaborations ».

Des ressources propres encore insuffisantes
En 2009, l’AERES constatait à Strasbourg 1 « une politique de relation avec le monde économique encore beaucoup trop timide et un manque d’ambition dans la recherche de ressources propres, qui permettraient la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse ». Même critique à l’égard de Strasbourg 3-Robert-Schuman, qui témoignait d’après l’Agence d’une « faible capacité à engendrer et à maîtriser ses ressources propres ».
Dans cette perspective, la fondation de l’université de Strasbourg créée en 2008 devra faire ses preuves. D’ores et déjà, une campagne de levée de fonds a été lancée en 2010. Avec l’objectif de recueillir 20 millions d’euros sur cinq ans.

Un dossier réalisé par Sophie Blitman
Mars 2011


Un dossier réalisé par Sophie Blitman | Publié le

Vos commentaires (2)

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imed.

tes la kevine ?

imed.

c nul !!!!!!!!!!!!!!!!!