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Mécénat : l’exemple de la Cisco Networking Academy

Cécile Peltier
Publié le
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Le géant des technologies de l’information a lancé, en 1997, un vaste programme de certification gratuit. Objectif : répondre à un besoin en compétences. Déployé en France depuis 2001, le CNA vient d’enregistrer son 100.000e participant.

Christophe Dolinsek, responsable programme Cisco Networking Academy France // DRQuatre millions de personnes à travers le monde ont suivi son enseignement, dont 100.000 rien qu'en France. Depuis sa création aux États-Unis en 1997, à la demande d'une université locale, la Cisco Network­ing Academy a ­atteint son objectif : former lycéens, étudiants, mais aussi demandeurs d'emploi ou actifs en reconversion aux métiers des réseaux et de l'Internet, le tout sanctionné par une certification métier "valorisable sur un CV au niveau national et international".

Une opération de mécénat imaginée par le géant des technologies de l'information pour répondre à une pénurie de compétences (1) et "améliorer l'employabilité des jeunes" et des moins jeunes. Et au passage, faire rayonner sa marque, même s'"il s'agit bien d'une formation métier, et non d'une formation produit", se défend Christophe Dolinsek, directeur France du programme.

Le CNA, pensé comme un complément à une formation diplômante ou certifiante traditionnelle, est "offert" par Cisco à des établissements d'enseignement publics ou privés, chargés de la mettre en œuvre. Son cœur de cible : "des spécialistes des réseaux, mais aussi des développeurs qui auront besoin de savoir dialoguer avec ceux qui mettront en place physiquement les réseaux dans l'entreprise".

Proposé en anglais, sa langue d'origine, le programme s'est d'abord adressé, en France, aux étudiants, qui constituent encore près des trois quarts des bénéficiaires. "Nous avons noué des partenariats avec de nombreux BTS SIO (services informatiques aux organisations), 100 % des IUT Réseaux et Télécoms mais aussi des licences pro, des masters et des écoles d'ingénieurs", détaille le respon­sable.

Après un patient travail de démarchage, le coordonnateur peut maintenant s'appuyer sur le bouche-à-oreille pour ­développer le programme, qui table sur 100.000 nouveaux certifiés d'ici à 2018 : "Maintenant, ce sont les étudiants qui demandent à leurs enseignants de ­dispenser la formation." Traduite en français, elle est depuis peu accessible aux lycéens de première et de terminale professionnelles (18 % des bénéficiaires) dans le cadre des nouveaux bac pro SEN (systèmes électroniques ­numériques). "Nous avons un accord avec l'Éducation nationale", indique-t-il. La certification ­est aussi proposée à des adultes en formation continue ou en reconversion (militaires par exemple) via, entre autres, une cinquantaine d'Afpa.

Pas besoin d'être un geek...

Les contenus de formation sont coproduits par Cisco et les établissements partenaires. Pas besoin d'être un geek pour s'inscrire, des connaissances minimales en mathématiques et une bonne dose de motivation suffisent. La certification classique comprend quatre modules de ­70 heures au minimum chacun. De quoi acquérir les connaissances nécessaires pour conce­voir, ­mettre en œuvre et maintenir un réseau informatique.

Ceux qui souhaitent se spécialiser peuvent ensuite opter pour des certifications plus pointues. "L'École polytechnique de Singapour prépare par exemple une certification sur le cloud, une université canadienne quelque chose sur la voix, explique le responsable. Et d'autres sont en cours d'élaboration."

Le choix de la pédagogie comme des instructeurs relève des partenaires. La plupart des cours et des examens sont accessibles via une classe virtuelle. Mais Cisco plaide aussi pour une part de cours en présentiel. "Dans la mesure où c'est une certification métier, c'est bien qu'il y ait des TD ou des examens sur des équipements physiques."

Le CNA représente à ce jour un investissement de 500 millions de dollars (367 millions d'euros) – moyens ­humains, outils pédagogiques, simulateurs... –, dont 40 millions d'euros en France. Une somme qui couvre la traduction des cours, le montage des partenariats, la formation des formateurs de ­formateurs... Un investissement "rentable", ­reconnaît Christophe Dolinsek même si les retombées sont difficiles à quantifier : "Il est vrai que nous formons des gens susceptibles de déployer nos solutions dans des entreprises ou autres."

(1) Selon le Plan numérique 2012, près de 450.000 emplois devraient être créés au cours des deux prochaines années dans le secteur du numérique en France. La Commission européenne évalue à 900.000 les postes à pourvoir dans le domaine des TIC en Europe d'ici à 2015.


L'Academy en chiffres
La CNA se présente comme la "plus grande classe virtuelle du monde", avec 1 million d'étudiants en 2014, dont 25.000 en France. On compte 10.000 académies dans 165 pays, dont 340 en France. L'Hexagone compte également 535 instructeurs et professeurs dispensant les formations.


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Cécile Peltier | Publié le

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