Notre-Dame : où en est le chantier scientifique ?

Sandrine Chesnel
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Notre-Dame : où en est le chantier scientifique ?
Le chantier scientifique de la reconstruction de Notre-Dame de Paris porté par le CNRS implique plus de 200 chercheurs. // ©  Laurent Grandguillot/REA
Depuis l’incendie de Notre-Dame de Paris, plus de 200 chercheurs sont impliqués de près ou de loin dans le chantier scientifique porté par le CNRS.

Au petit matin du 16 avril 2019, les habitants du centre de Paris se réveillaient dans un parfum de cendres – celles de la toiture de Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie dans la soirée du 15 avril. Si la catastrophe a touché le grand public et généré une levée de fonds sans précédent, elle a aussi immédiatement mobilisé nombre de chercheurs, toutes disciplines confondues.

Une approche collaborative

“Dès le surlendemain de l’incendie, nous avons fait le constat que beaucoup d’entre nous travaillent sur les monuments historiques avec des approches très diverses, se souvient Maxime L’Héritier, maître de conférences en histoire à Paris 8. Mais nous n’avions aucun réseau d’échange pour mettre en commun notre travail à venir sur la cathédrale, et c’est ainsi qu’est née l’idée, avec Arnaud Ybert, maître de conférences de l’art médiéval à l’université de Bretagne occidentale, de créer une association pour nous rassembler”.

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L’association des scientifiques au service de la restauration de Notre-Dame a vu le jour aussitôt. Dans la foulée, fin mai 2019, le chantier scientifique Notre-Dame CNRS était mis en place, piloté par deux chargés de mission : Martine Regert, directrice adjointe scientifique à l’Institut écologie et environnement du CNRS, et Philippe Dillmann, directeur de recherche CNRS à l’Institut de recherche sur les archéomatériaux.

8 groupes d'études interdisciplinaires

Et depuis un an, les découvertes sur Notre-Dame de Paris ont fleuri. Huit groupes d’études interdisciplinaires ont été constitués, impliquant 175 chercheurs et une cinquantaine de laboratoires : quatre groupes sur les matériaux (le verre, le métal, les pierres, le bois), et quatre autres sur l’acoustique, le génie civil, l’ingénierie numérique et l’émotion patrimoniale.

Tous les mois ou tous les deux mois, les groupes se “retrouvent”, à distance, pour faire le point. Tous les participants à ce chantier scientifique devaient aussi se réunir fin mai pour partager les premiers résultats de leurs recherches – mais les retrouvailles ont été annulées à cause de l’épidémie de Covid-19. De nombreux travaux de recherche et des thèses autour de Notre-Dame devraient cependant débuter à la rentrée de septembre, et s’étaler sur les cinq prochaines années.

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Favoriser la médiation au grand public

Du côté de l’association des scientifiques portée par Maxime L’Héritier et Arnaud Ybert, l’activité a été tout aussi intense depuis une année. Aujourd’hui l’association compte plus de 250 adhérents, chercheurs et doctorants d’universités françaises et étrangères, et plus de 60 fiches thématiques ont été mises en ligne, sur l’architecture, les charpentes, les incendies dans l’histoire, la polychromie, les vitraux…

Toutes sont accessibles sur le site internet de l’association. “A l’avenir nous souhaitons notamment faire un travail de médiation à l’attention du grand public, mais aussi des journalistes, explique Maxime L’Héritier. Par exemple il y a eu pas mal d’idées fausses qui ont été diffusées sur la contamination en plomb à la suite de l’incendie, on a parlé de 450 tonnes de plomb rejetées dans l’atmosphère, c’est n’importe quoi. Sur ce sujet-là comme sur beaucoup d’autres, il est important de faire entendre la voix des scientifiques, appuyée sur des faits”.


Sandrine Chesnel | Publié le

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