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Palmarès. Les écoles de commerce postbac montent en gamme

Cécile Peltier, Baptiste Legout
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Dernier né des programmes postbac des écoles de commerce, le BBA de l'Em Lyon a ouvert ses portes en septembre 2014 à Saint-Etienne.
Dernier né des programmes postbac des écoles de commerce, le BBA de l'Em Lyon a ouvert ses portes en septembre 2014 à Saint-Etienne. // ©  P. Schuller

Après une phase de croissance, le marché des écoles de management postbac se stabilise. Et gagne en lisibilité. Une partie de ces écoles s'alignent désormais sur les standards des ESC. Tour d'horizon à l'occasion de la publication du palmarès de l'Etudiant, mardi 13 octobre 2015.

Le postbac est un marché porteur. Nombre d'écoles de commerce, en quête de nouveaux étudiants, ont lancé leur filière en quatre ou cinq ans... Et ce, avec succès : au fur et à mesure que le nombre de places augmentait, le nombre d'étudiants suivait. Les effectifs de l'Ieseg sont ainsi passés de 2.400 étudiants en 2010 à 4.300 en 2015.

"L'ensemble des formations postbac ont connu une croissance de candidatures importantes ces dernières années", assure Olivier Oger, directeur général du groupe Edhec.

Le BBA, le nouveau nom en vogue

Depuis cinq ans, le nombre de candidats s'est stabilisé. Dans le même temps, le marché s'est structuré. Au cours de la dernière décennie, un mouvement de concentration a eu lieu. Le nombre d'écoles a ainsi diminué, passant de 55 en 2005 à 43 en 2015, et la durée de la scolarité s'est allongée.

On compte aujourd'hui 25 écoles postbac en 5 ans, contre 8 seulement il y a dix ans. Et la majorité d'entre elles disposent au moins d'une implantation francilienne, gage d'attractivité.

18 formations ont choisi de rester en quatre ans. Enfin, pour une plus grande visibilité, un grand nombre d'entre elles a récemment été rebaptisé "BBA" pour s'aligner sur la nomenclature anglo-saxonne.

La caféteria de l'ESC Troyes

Des concours communs généralisés

En parallèle, pour gagner en visibilité, les formations postbac ont fait le choix de se regrouper au sein de concours communs : Accès, Link, Pass, Team ou encore Sesame, pour les formations à consonance internationale. Seules quelques formations, comme l'EMLV (École de management Léonard-de-Vinci) ou le BBA Cefam, continuent de recruter via des concours indépendants.

Le BBA ESC Troyes vient de rejoindre Sesame. À la clef : "L'accès à des profils différents, une plus grande sélectivité, mais aussi une audience plus large sur le plan national et international, et une plus grande visibilité face à la pléthore d'offres qui s'affichent comme internationales", énumère sa directrice, Catherine Léon-Suberbielle.

"Cette année, on a multiplié par 2,5 le nombre de candidats grâce à Sesame, en métropole et hors métropole", se félicite Caroline Hermet, directrice du BBA de l'ESC La Rochelle, également nouvelle venue sur le concours commun. Sur 125 étudiants recrutés en 2015, une trentaine sont étrangers.

Des écoles plus reconnues

Sur le modèle des écoles après prépa, les formations postbac ont massivement sollicité la reconnaissance du ministère de l'Enseignement supérieur à travers les octrois du visa et du grade de master. Aujourd'hui, 24 écoles postbac sont visées et 13 masterisées. L'Idrac Lyon, l'ICD (groupe IGS) et l'Istec sont les dernières à avoir obtenu ce précieux sésame.

Face à cette homogénéisation du marché, les écoles tentent de se démarquer. Premier élément de différenciation : les accréditations internationales. L'Iéseg a fait partie des précurseurs en 2012, en étant la première école de sa catégorie couronnée par Equis, label qui vient de lui être renouvelé pour trois ans. Une quinzaine d'écoles possèdent aujourd'hui au moins un label : Equis, AACSB Amba ou Epas.

"Aux États-Unis et au Canada où nous sommes bien implantés, le label AACSB nous a ouvert des portes auprès des universités accréditées", précise Jean-Guy Bernard, le directeur de l'EM Normandie. "Ils permettent d'assurer à nos étudiants des partenariats avec les meilleures universités étrangères", affirme Catherine Leblanc, la directrice générale de l'Essca, depuis peu détentrice du label américain AACSB.

Cap sur l'international

L'ouverture à l'international permet aussi de sortir du lot. Un étudiant du Cesem (Neoma) passe au minimum vingt mois à l'étranger. De même, un élève de l'EBP International (Kedge Business School) doit séjourner, pendant les cinq ans et demi du cursus, au moins deux ans hors de France (université ou entreprise), dans trois pays différents. Il pourra, à la fin de sa formation, faire valoir un triple diplôme : un bachelor et un master de deux universités partenaires en plus du diplôme de l'EBP.

De plus en plus de formations postbac profitent de campus à l'étranger. À Singapour, le nouveau campus Asie-Pacifique de l'Essec accueille pour la première fois cette année une quarantaine d'étudiants du Global BBA – dont une moitié d'étrangers – dans une filière toute en anglais.

Depuis 2014, l'EM Normandie dispose d'un pied-à-terre à Oxford. Il a reçu, pour la première fois en 2014-2015, une quarantaine d'étudiants de M1 dans le cadre de l'International Management Programme 100% en anglais, et autant d'étudiants à la place du semestre d'échange académique. Dès janvier 2016, il sera accessible aux M2, l'objectif étant, à terme, d'y implanter une spécialisation en finance.

Nous avons calqué l'accompagnement sur celui proposé aux étudiants du programme grande école.
(O. Oger)

Au plus proche de l'entreprise

D'autres formations en écoles postbac jouent la carte de la professionnalisation. Cette démarche se traduit par l'organisation de rencontres et de forums – plus de 450 entreprises présentes au forum entreprises 2014-2015 du BBA Inseec –, ou par l'accompagnement des étudiants dans l'élaboration de leur projet professionnel par un service carrière, comme au sein du BBA Edhec.

"Nous avons calqué l'accompagnement sur celui proposé aux étudiants du programme grande école", explique Olivier Oger, directeur général du groupe Edhec. Au menu : "des présentations de métiers et d'entreprises, des ateliers pour découvrir ses points forts, des entretiens de recrutement avec des anciens diplômés ou des directeurs de ressources humaines d'entreprises partenaires..."

En matière d'insertion professionnelle, les écoles postbac n'ont pas à rougir. 80% des diplômés 2013 de l'Essec Global BBA, ayant décidé de chercher un emploi, avaient décroché un poste moins de quatre mois après la sortie de l'école. Selon les formations le salaire d'entrée oscille entre 30.000 et 35.000 euros bruts annuels.

Le palmarès L'Etudiant des écoles de commerce postbac
Pour la troisième année, l'Etudiant propose une nouvelle version personnalisable de son banc d'essai des écoles de commerce postbac en 4 ou 5 ans. Il est basé sur une cinquantaine d'indicateurs de même valeur – dont l'avis des diplômés.

Consulter tous les résultats sur letudiant.fr

Cécile Peltier, Baptiste Legout | Publié le

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