Emploi : à quoi rêvent les étudiants européens

Céline Authemayou
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Dans quelques mois, ils seront salariés d'un grand groupe, d'une start-up, ou peut-être d'une PME. En attendant de rejoindre le marché du travail et ses pragmatiques réalités, les étudiants européens rêvent de leur entreprise idéale.

Pour l’édition 2013 de son baromètre Top employeurs, l’institut Trendence a interrogé 317.000 futurs ingénieurs et managers issus de vingt-quatre pays d’Europe. Si la tête de classement est cette année encore détenue par le géant Google, le choix des jeunes évolue, en prise directe avec les événements économiques.

Aucun secteur ne se détache

Rien d’étonnant donc si en 2013 aucune banque n’apparaît dans le top 20 des étudiants managers, alors que, l’an passé, elles étaient quatre. La Société générale passe ainsi de la 13e à la 21e place. "Cette tendance est observée depuis 2009, constate Caroline Dépierre, Research Director chez Trendence. La banque vit une énorme crise d’image et de défiance auprès des jeunes qu’elle peine à attirer. De manière plus globale, on constate que le choix des étudiants managers est assez diffus : aucun secteur d’activité ne se détache vraiment. C’est l’un des effets de la crise économique : le paysage change et il faudra attendre quelques années avant de voir apparaître de nouvelles tendances."

Du côté des futurs ingénieurs, les nouvelles technologies, avec Apple, Microsoft, IBM, continuent de séduire, tout comme l’industrie allemande, à l’image de Porsche, Volkswagen, Siemens ou encore Bosch. Une industrie qui peine à recruter de la main-d’œuvre qualifiée et qui multiplie les opérations de séduction en direction des étudiants.

À la recherche d’emplois stables

Mais le contexte morose ne fait pas que des malheureux : certaines entreprises profitent même de la situation. En France, la SNCF avec sa réputation d’entreprise aux emplois stables attire les ingénieurs. En Europe, le secteur public, et plus particulièrement la Commission européenne, fait cette année un saut fulgurant dans le cœur des futurs managers, progressant de la 32e à la 14e place.

"Évidemment, la sécurité de l’emploi est un argument intéressant pour les jeunes, admet David Bearfield, directeur général de l’Office européen de sélection du personnel (EPSO) pour l’Union européenne. Mais nous offrons aussi des possibilités de mobilité et d’évolution de carrière quasi illimitées, qui séduisent les candidats." Dans les dix prochaines années, les institutions européennes devront recruter en masse de nouveaux fonctionnaires. D’ici à 2020, 50% du personnel du Parlement européen va partir à la retraite. Soit environ 3.000 postes à pourvoir.

Un tiers prêt à s’expatrier

La sécurité de l’emploi. Serait-ce là le nouveau Graal ? C’est en tout cas un critère de plus en plus important pour les étudiants. Une façon de compenser leur appréhension grandissante du futur. 52% des étudiants ingénieurs et 61% des futurs managers interrogés par Trendence se disent inquiets quant à leur avenir. "Les jeunes savent qu’il leur sera désormais plus difficile de décrocher un emploi malgré leur formation élitiste", note Caroline Dépierre.

D’ailleurs les indices ne trompent pas : 30% d’entre eux sont prêts à partir à l’étranger ; la recherche d’emploi est dorénavant estimée à plus de cinq mois en moyenne, contre quatre en 2012, le salaire souhaité est revu à la baisse (33.700 € brut annuels pour les futurs managers français, contre 39.300 € en 2012)… Une dégradation qui est encore plus marquée dans les pays dits en crise, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne. De tous les étudiants interrogés, les Grecs sont ceux qui redoutent le plus de ne pas atteindre le niveau de vie de leurs parents (30%, contre 12% pour la moyenne européenne).

L’épanouissement personnel, première préoccupation

Mais s’ils sont inquiets, les jeunes Européens ne sont pas pour autant prêts à tout pour décrocher un emploi. "Certes, les étudiants veulent s’investir, s’impliquer dans l’entreprise, mais ils aspirent fortement à apprendre et à développer rapidement leurs compétences", analyse Isabelle Mathieu, directrice des ressources humaines de PwC France.

C’est pourquoi l’intérêt de la mission, la possibilité d’évolution de carrière et le développement personnel arrivent en tête des préoccupations des jeunes sondés. Parallèlement, le temps de travail souhaité diminue, pour s’établir en moyenne à quarante-trois heures et demie par semaine. Travailler moins, mais travailler mieux. Et si c’était cela, l’idéal des 18-25 ans ?

 

Rang 2013 étudiants européens
Rang 2013 étudiants français
Classement Trendence 2013 des employeurs préférés des étudiants européens en commerce et management
Rang 2012
1 4 Google 1
2 10 Apple 2
3 7 Ernst & Young 4
4 18 PwC 6
5 72 Volkswagen Group 8
6 17 Coca-Cola 3
7 6 KPMG 7
8 2 L'Oréal 5
9 32 BMW 11
10 15 Deloitte 9
11 27 Microsoft 10
12 1 LVMH 12
13 20 Procter & Gamble 14
14 8 Commission européenne 32
15 19 Unilever 17
16 9 Nestlé 15
17 Banque centrale européenne 19
18 33 Ikea 24
19 22 BCG (The Boston Consulting Group) 30
20 29 McKinsey & Company 26

Consultez la totalité du classement (PDF).

 

Rang 2013 étudiants européens Rang 2013 étudiants français
Classement Trendence 2013 des employeurs préférés des étudiants européens en ingénierie et informatique
Rang 2012
1 6 Google 1
2 61 Volkswagen Group 4
3 24 Microsoft 3
4 20 Apple 2
5 32 BMW 5
6 1 EADS 8
7 42 Siemens 7
8 30 IBM 6
9 61 Bosch 12
10 35 Porsche 11
11 80 Bayer 13
12 Intel 9
13 100 GlaxoSmithKline 10
14 86 Daimler/Mercedes-Benz 14
15 26 Nestlé 16
16 53 Agence spatiale européenne 19
17 107 ABB 17
18 32 Rolls-Royce (Groupe BMW) 23
19 13 L’Oréal 15
20 53 Sony 20

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Céline Authemayou | Publié le