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Emmanuel Roux : "L'université de Nîmes n'a pas de problème de taille"

De notre correspondant dans le Sud, Guillaume Mollaret
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Emmanuel Roux, président de l'université de Nîmes
Emmanuel Roux, président de l'université de Nîmes // ©  Alain Verpillot

En développant son offre de formation, en structurant sa recherche et en s’impliquant fortement dans la Comue Languedoc-Roussillon, le président de l’université de Nîmes installe son établissement dans un paysage de l’enseignement supérieur en pleine recomposition.

À l'heure des fusions, quelle est la place d'un "petit" établissement comme le vôtre ?

J'ai coutume de dire que l'université de Nîmes n'a pas de problème de taille ! Dès lors que l'on a des résultats et une valeur ajoutée sur un territoire, je ne vois pas pourquoi il faudrait considérer que la fusion est la panacée universelle et la réponse à tout. On a un outil qui s'appelle la Comue. Il permet de maintenir au sein de son ensemble l'identité de chaque établissement qui la compose et de mutualiser, comme au sein d'une communauté d'agglomération, les compétences et les volontés de travail des uns et des autres. Quand on a créé les intercommunalités par la loi Chevènement, il n'a pas été question de faire disparaître les communes qui les composaient. C'est un peu la même logique ici. C'est un travail fédératif.

Votre université se trouve à trente minutes en train de l'université de Montpellier, à une heure et quart de celle de Marseille. Comment tentez-vous de rendre votre établissement attractif ?

Nous nous sommes d'abord attachés à répondre à un besoin de proximité. Et puis, petit à petit, nous avons greffé des points d'entrée plus originaux, comme le design social, les agents de recherche privés ou la gestion du risque industriel lié au nucléaire.


En fait, nous avons deux entrées au niveau de la formation. Nous avons les formations de proximité : les licences classiques, qui vont attirer un public spécialement nîmois et gardois. Ensuite, toutes les formations professionnalisantes, qui attirent des étudiants de toute la France. Nous voulons ainsi nous afficher en complémentarité avec les offres de formation de Montpellier, Avignon ou Marseille.


L'université de Nîmes peut aussi incarner une forme de dynamique sur le plan régional.


Vous structurez également votre recherche. L'université a vu naître cette année sa première équipe labellisée...

Tournée vers le "risque", elle a effectivement été labellisée cette année, après avoir franchi tous les obstacles administratifs et Dieu sait s'ils étaient nombreux pour en arriver là. L'équipe s'est constituée avec tous les espoirs qu'elle porte notamment au niveau de la pluridisciplinarité autour de la géologie, de la biologie, du droit, de la gestion ou de la psychologie.

Vous avez été désigné comme administrateur provisoire de la Comue Languedoc-Roussillon Universités. La région compte une université à Nîmes, une autre à Perpignan, et évidemment celles de Montpellier. Est-il important que cet administrateur ne soit pas montpelliérain ?

Je ne suis pas certain que la "nationalité" de l'administrateur provisoire ait une importance. Je pense plutôt qu'il s'agissait de trouver quelqu'un qui maîtrise les textes [Emmanuel Roux est docteur en droit public, ndlr], et qui comprenne comment fonctionne l'outil puisqu'il en a rédigé les statuts... Ce qui est mon cas. Ce n'est pas le fait d'être montpelliérain ou non qui a été déterminant. Maintenant, que l'on ait appelé un Nîmois, cela veut dire que l'université de Nîmes peut aussi incarner une forme de dynamique sur le plan régional.

Quels doivent être vos liens avec l'École des mines d'Alès, qui se trouve dans le même département ?

Les liens sont anciens. Nous avons des diplômes cohabilités. La thématique du risque nous rassemble puisque l'EMA travaille sur le risque naturel. C'est donc de façon évidente qu'elle a rencontré notre équipe qui s'intéresse aux risques technologiques et environnementaux. L'EMA est coaccréditée sur le master Risque nucléaire et sur le master Design. Elle porte avec nous le projet de création d'une école doctorale. Nous l'avons demandée au ministère pour une ouverture à la rentrée 2015.


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