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Pascal Olivard (UBO) : "Notre axe de développement est l’interdisciplinarité"

Emmanuel Vaillant
Publié le
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Pascal Olivard président de l'UBO © E.Vaillant - octobre 2013
Pascal Olivard président de l'UBO © E.Vaillant - octobre 2013

De la place de Brest au sein de l’Université européenne de Bretagne à la réussite en licence, Pascal Olivard, président de l’université de Bretagne-Occidentale et à la tête de la communauté UEB, fait le point sur les enjeux pour le territoire et le développement de cette université bretonne.

Président de l’UBO et de la communauté UEB, vous avez été confronté depuis la rentrée 2013 à l'annonce de la fusion entre Rennes 1 et Rennes 2 et à l'amorce d'un rapprochement entre Rennes et Nantes. Ce contexte ne vous fait-il pas craindre un isolement de l’université de Bretagne-Occidentale ?

En tant que président de l’UEB [Université européenne de Bretagne], je suis porteur depuis un an et demi d’un projet de structuration forte à l’échelle du territoire breton avec la création de l’UEB sur un modèle fédéral. La fusion Rennes 1 - Rennes 2 n’est pas un sujet. C’est dans l’ordre des choses et ça répare une erreur de l’Histoire.

Ce qui m’importe, c’est comment cette université rennaise de taille importante va contribuer à la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche en Bretagne. Je ne sais pas quelles sont leurs intentions.

L’axe Rennes-Nantes n’est pas explicite. Il est évoqué une communauté d’établissements Bretagne - Pays de la Loire. J’ai du mal à donner du sens à cet ensemble. Il a fallu soixante ans à l’université de Brest pour se construire et exister avec des centres de recherche de plein exercice. Il a fallu de la volonté politique et de la ténacité. Il ne s’agit pas de se retrouver sous le joug d’une université parce qu’elle serait plus grande…

La fusion Rennes 1 - Rennes 2 répare une erreur de l’Histoire

Dans ces conditions, envisagez-vous un rapprochement de l’UBO avec l’université de Bretagne-Sud ?

Non. Dans la configuration actuelle, mon ambition pour l’Université européenne de Bretagne est de construire une structure fédérale dans laquelle chaque entité garde sa personnalité morale et juridique. L’enjeu est de continuer à permettre à la population bretonne d’accéder à un enseignement supérieur de qualité, appuyé par une recherche reconnue et d’être un acteur du territoire et de son développement économique, surtout quand on constate les difficultés économiques que traverse la Bretagne.

Chacun doit fournir sa part du travail pour que la Bretagne s’en sorte. L’ESR est un investissement à long terme et les enjeux de rapports de force pour tenter de nouveaux équilibres n’ont pas de sens.

Mais quelle est aujourd’hui la place de l’UBO au sein de l’UEB ?

L’UBO a toute sa place au sein de l’UEB, qui est née en 2007. Nous avons fait nos preuves dans de très nombreux domaines. Nous avons fait des choix en nous structurant autour de quatre axes : les sciences de la mer, la santé, les technologies de l’information et les sciences humaines et sociales.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans une concurrence au sein de l’UEB. Nous avons tout intérêt à nous rassembler. Par exemple, au lancement annoncé en juillet dernier par le Premier ministre d’un nouveau programme d’Investissements d’avenir, nous avons tous été d’accord pour dire qu’il est impensable que le Grand Ouest ne soit pas lauréat d’un projet Idex.

La faculté de médecine de l'UBO © E.Vaillant - octobre 2013

L’UBO revendique quatre pôles d’excellence. Mais, alors que les sciences de la mer occupent une place prépondérante, comment faire exister les trois autres ?

Ces quatre pôles d’excellence sont notre fierté. Depuis trente ans, les sciences de la mer portent les couleurs de l‘UBO en nous faisant rayonner à l’international. Mais je m’emploie à faire comprendre aux responsables du pôle "mer", qui concerne quelque 400 étudiants, qu’ils n’existeraient pas sans les autres pôles. Le message est bien compris par tous. C’est pourquoi notre axe de développement est l’interdisciplinarité.

Je m’emploie à faire comprendre aux responsables du pôle "mer" qu’ils n’existeraient pas sans les autres pôles

Le premier cycle est un axe stratégique de développement de l’UBO. Est-ce parce que vous peinez à attirer de nouveaux étudiants sur un bassin de recrutement limité ?

Notre territoire de recrutement est très ouest breton. Vu la démographie, nous ne capterons pas des milliers d’étudiants supplémentaires. Mais nous avons dans la région les meilleurs taux de réussite aux bacs. Sauf que le taux de poursuite d’études est relativement faible car ici les études longues ne tombent pas sous le sens, les familles et les étudiants privilégiant les filières courtes.

Cela dit, les efforts engagés depuis 2008 portent leurs fruits : nous sommes en train de casser le plafond de verre social et culturel. Grâce aux dispositifs mis en place, nous captons de plus en plus d’étudiants en premier cycle. L’université n’est plus le dernier choix. C’est un choix parmi d’autres.

Par ailleurs, nous attirons dans les masters des domaines qui font notre spécificité. En sciences de la mer, plus de 80% des étudiants viennent de plus loin que la Bretagne, et plus des deux tiers dans les filières de sciences de l’information et de la communication, une bonne place étant faite aux étudiants étrangers.

La bibliothèque de l'UBO © E.Vaillant - octobre 2013.jpg

L’UBO a la particularité d’être en grande partie implantée dans le centre de Brest mais ses facultés sont peu ouvertes sur la ville. Comment envisagez-vous de mieux intégrer l’université à la ville ?

C’est une évolution importante déjà engagée et qui se poursuit. La collectivité Brest métropolitaine a pleinement conscience de l’importance de l’université pour le territoire. C’est un positionnement stratégique. Et l’université veut s’ouvrir sur la ville.

Premier symbole fort de ce changement : en 2014, les grilles qui délimitent les facultés vont tomber pour faciliter la circulation de tous, étudiants et non-étudiants. Avec la municipalité de Brest, en particulier, nous avons mis en place un schéma directeur immobilier de sorte que l’insertion du campus de l’université devienne une réalité. Le campus va s’ouvrir grâce à des liaisons de transport supplémentaires. Et le projet "cœur de campus", qui unira les facultés de sciences, de sport et de sciences humaines, a été validé avec la création d’une "place centrale", un lieu de vie étudiante au cœur de la ville.

 


Emmanuel Vaillant | Publié le

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ClémentM.

@Pascal. Oui, la position de l'UBO est ambiguë, il suffit de voir le nom du site internet de l'université : www.univ-brest.fr. Quimper (capitale de la Cornouaille, un territoire qui compte plus de 300 000 habitants) n'y est franchement pas mise en valeur ...

Pascal.

Bonjour, Habitué à la qualité des dossiers d'Educpros, je suis quand même surpris qu'on puisse faire un dossier sur l'UBO sans évoquer le pôle de Quimper (certes l'IUT est mentionné dans la carte d'identité) mais le Pôle Jakez Hélias ne se résume pas à cela. Choix éditorial du journaliste ou "oubli" du Président de l'UBO. Dans les deux cas cela mériterait que le tir soit corrigé ...