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Recherche à l'UBO : la mer… mais pas seulement

Emmanuel Vaillant
Publié le
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L’Institut universitaire européen de la mer - université de Bretagne occidentale © Communication UBO
L’Institut universitaire européen de la mer - université de Bretagne occidentale © Communication UBO

Brest, c’est la mer par excellence… À la mesure de ce slogan, les sciences de la mer occupent une place de choix à l’université de Bretagne-Occidentale. Mais celle-ci mise également sur trois autres pôles d’excellence : les technologies de l’information, la santé et les sciences humaines et sociales.

Avec vue dégagée sur la rade – par temps clair ! –, l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM) est la référence incontestée. Ce centre de recherche en sciences de la mer offre à l’UBO une visibilité internationale. Installé à une dizaine de kilomètres du centre-ville, dans le technopôle Brest-Iroise, l’IUEM est en bonne compagnie aux côtés de l’Ifremer, de l’Institut polaire et de plusieurs entreprises.

"C’est un formidable écosystème qui constitue le premier centre européen des sciences et techniques de la mer", annonce Yves-Marie Paulet, directeur de cet institut qui réunit 450 chercheurs, dont quelque 200 thésards, et qui, depuis 2011, coordonne le laboratoire d'excellence en recherche marine "L'océan dans le changement" (LabexMER). Budget obtenu dans le cadre des Investissements d'avenir : 11 millions d’euros sur dix ans.

Nous avons tous intérêt à sortir du monodisciplinaire, dans la formation des étudiants comme dans la recherche (Y.-M.Paulet)

Plongée dans l’interdisciplinaire

Côté formation, le master "sciences de la mer et du littoral" se décline sur sept mentions de spécialité, de la chimie de l’environnement marin au droit des espaces et des activités maritimes. Avec une spécificité : son cycle intégré de masters 1 et 2 impose une sélection après la licence. "Nous privilégions les parcours originaux, des étudiants venus des licences de biologie de l’UBO avec un effet d’aspiration évident pour notre université, mais pas seulement", relève Yves-Marie Paulet, qui cultive l’interdisciplinarité.

"C’est notre spécificité, précise ce chercheur en biologie marine. Nous avons tous intérêt à sortir du monodisciplinaire, dans la formation des étudiants comme dans la recherche. Car les enjeux sont au croisement de multiples domaines : les technologies, de la chimie à la physique, avec le droit, l’économie, l’impact environnemental, la politique…" Conséquence, avec moins de 500 étudiants, l’IUEM est tenté de multiplier les liens avec les autres composantes de l’université qui concentrent la majeure partie des effectifs.

Les TIC sur le front de la recherche et de l’industrie

Retour à terre. "Même si l’UBO mise sur ses quatre pôles d’excellence, les sciences de la mer sont évidemment dans une position un peu… hégémonique", lâche sous couvert d’anonymat un enseignant-chercheur. Mais, pour le domaine des TIC (technologies de l’information et de la communication), cette inquiétude ne semble pas vraiment d’actualité.

Avec les sites de Lannion et de Rennes, Brest représente un pôle de compétitivité "image et réseaux" qui compte pour 40% de la recherche nationale dans le secteur. Ici on parle télécommunications optiques, traitement de l’information et du signal, réalité virtuelle augmentée ou encore ITS pour systèmes de transports intelligents…

"Notre force, explique Cédric Quento, enseignant au Lab-STICC de l’UBO, est de regrouper quelque deux cents chercheurs qui couvrent tout le champ des technologies de l’information, de la conception des capteurs à l’analyse de données. Avec une finalité en recherche et en industrie."

Etudiants de l'UBO travaillant dans le centre de simulation en santé © E.Vaillant - octobre 2013

La santé en mode simulation

Troisième pôle d’excellence reconnu de l’UBO : la santé. La faculté de médecine et des sciences de la santé de Brest doit notamment sa réputation à son pôle de génétique sur les maladies rares et à celui dédié au traitement de l’image et chirurgie assistée par ordinateur.

Mais, pour les étudiants, c’est le centre de simulation en santé qui fait le spectacle. Unique en Bretagne – il en existe six en France, ce centre permet d’apprendre le métier in situ comme dans la vraie vie : un bloc opératoire avec un mannequin qui bouge, respire, peut simuler toutes sortes de pathologies, de la grippe à l’amputation, permet de s'entraîner à la ponction lombaire ou de simuler un accouchement, des machines pour apprendre à faire une échographie ou une opération… jusqu’au vrai faux cabinet de médecine générale…

Le réalisme est étonnant. "Parce que la formation d’un médecin ne se construit plus seulement par des cours académiques avec des stages, mais aussi par une mise en situation semi-authentique", note le doyen de la faculté, Christian Berthou.

Les SHS sur des niches de spécialités

Enfin, dans cet univers brestois très "sciences dures", si les sciences humaines et sociales font évidemment exception, elles ne se limitent pas à de la figuration en revendiquant, avec les lettres, pas moins de 4.000 étudiants.

"Les SHS font souvent le lien avec les autres disciplines, à l’exemple du droit lié aux questions maritimes. Mais elles ont aussi leur propre autonomie sur quelques niches de spécialités", mentionne Muriel Rebourg, vice-présidente en charge de la recherche SHS.

Parmi ces niches, le Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) fait ici figure de vaisseau amiral. Une soixantaine de chercheurs en littérature, langues, ethnologie... y interrogent les sociétés bretonnes et celtiques. Et, avec près de 60.000 volumes accessibles au public, la bibliothèque du CRBC est la plus riche de France en la matière.

"Et, contrairement aux idées reçues, ce domaine des SHS offre des débouchés au-delà de l’enseignement", assure un étudiant en master d'histoire médiévale et diplômé d'un DU en généalogie et qui vise un emploi de généalogiste auprès des études notariales de la région. Comme pour rappeler qu’à Brest on y reste.

La faculté de lettres et sciences humaines de l'UBO © E.Vaillant - octobre 2013


Emmanuel Vaillant | Publié le

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